De nouvelles infrastructures modernes pour l’école francophone de Brooks

25 novembre 2022

Coupe du ruban en compagnie du directeur de l'école, Serge Mesnil. Crédit : Courtoisie
Après des années d’instabilité, de nombreux déménagements et l’occupation d’un bâtiment préfabriqué, les élèves de la communauté francophone de Brooks ont enfin leur propre école. Les nouvelles installations de l’école publique Le Ruisseau ont été officiellement inaugurées le 3 novembre dernier devant plus d’une centaine de personnes. Cette ouverture réjouit les élèves, la direction d’école et les membres de la francophonie de la région.
Gabrielle Audet-Michaud
IJL – Réseau.Presse – Le Franco
«La nouvelle école me rend très fier», explique d’entrée de jeu Sa Eva Katusevanako, qui salue la résilience de la communauté francophone de Brooks lors d’une entrevue téléphonique. Le directeur de l’Association Francophone de Brooks (AFB) avait été un des premiers à plaider en faveur de la création d’une école de langue française dans sa région, il y a près de deux décennies.

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D’autres membres de la communauté se sont impliqués dans cette réalisation, particulièrement Rose Bédard, une mère et citoyenne de Brooks, qui avait encouragé la réalisation d’une étude sur le sujet.

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Mercédes Bouchard et Rose Bédard, membres du personnel en 2004, avec Mélanie Meyer, la présidente du Conseil de parents de l'école. Crédit : Courtoisie

Mercédes Bouchard et Rose Bédard, membres du personnel en 2004, avec Mélanie Meyer, la présidente du Conseil de parents de l’école. Crédit : Courtoisie

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Bien que leur travail parallèle ait éventuellement mené à l’ouverture d’une première école en 2004, les infrastructures, elles, ont toujours été défaillantes. «On a souvent été locataires», note Sa Eva. «Au début, on a été localisés dans un sous-sol, après dans des classes préfabriquées [annexées] à l’école anglophone de Griffin Park», ajoute-t-il.

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Avec sa nouvelle bâtisse, un projet estimé à 12 millions de dollars, l’école Le Ruisseau n’a cependant plus rien à envier aux autres établissements scolaires de la province. «Les infrastructures que l’on a sont modernes et même meilleures que celles des écoles anglophones», appuie le directeur de l’AFB.

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«Les infrastructures que l’on a sont modernes et même meilleures que celles des écoles anglophones.» Sa Eva Katusevanako

Plus d’autonomie

«Le fait qu’on ait notre propre gymnase et notre propre cour de récréation nous permet d’offrir des activités beaucoup plus intéressantes aux jeunes», souligne, de son côté, le directeur de l’école Serge Mesnil. Il éprouve, lui aussi, un sentiment de fierté face aux nouvelles installations. «On va être enfin capables d’offrir toutes les matières et les cours d’option nécessaires à la diplomation», précise-t-il.
En effet, en plus de disposer de son propre gymnase et de sa bibliothèque, la nouvelle école jouit de nombreux espaces communs et de locaux permettant aux élèves du secondaire de suivre leurs cours à option (cuisine, menuiserie, coiffure, etc.). «Ça nous rend beaucoup plus autonomes», note le directeur de l’école.

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Les locaux de l'école Le Ruisseau. Crédit - Capture Écran site internet - leruisseau.francosud.ca

Les locaux de l’école Le Ruisseau. Crédit – Capture Écran site internet – leruisseau.francosud.ca

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Au-delà des services offerts aux élèves actuels de la maternelle à la 12e année, Serge Mesnil a l’espoir que les installations modernes de l’école créent une plus grande adhésion au système d’éducation francophone dans la communauté de Brooks. «On a souvent des familles qui cherchent à s’installer dans la région et qui hésitent entre [l’école] francophone ou anglophone», explique-t-il.
«Avant, lorsque les parents venaient visiter notre école, ça ne leur donnait pas nécessairement envie [d’y inscrire leurs enfants]», confie le directeur. Mais on ne peut pas leur en vouloir, clame-t-il. «Dans un contexte où, déjà, le français est minoritaire, lorsque les infrastructures ne ressemblent pas à grand-chose, on penche plus facilement du côté de l’école anglaise.»

Vers une plus grande capacité d’accueil?

Avec 72 inscrits cette année et une capacité d’accueil évaluée à 225 élèves, nous pourrions croire que l’école de Brooks s’apprête à entrer dans une phase de recrutement. Or, Serge Mesnil le précise, l’objectif des prochaines années ne sera pas forcément d’agrandir toutes les classes.
Le directeur d’école souhaite avant tout «observer une croissance dans la garderie, la prématernelle et la maternelle» afin que les jeunes puissent ensuite évoluer au sein de l’école. «Si les petites classes augmentent, ce sera bon signe pour le futur», évalue-t-il. Précisons que l’école Le Ruisseau accueille, au sein de sa bâtisse, une garderie francophone pour les enfants de 19 mois à 5 ans ainsi qu’une prématernelle pour les 3 à 5 ans.

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«Si les petites classes augmentent, ce sera bon signe pour le futur.» Serge Mesnil
Le directeur d’école remarque déjà une certaine croissance cette année, même s’il souhaite remettre ces statistiques en perspective. «En prématernelle et garderie, on a deux fois plus d’inscriptions que l’année passée», note-t-il. Enfin… «On était à 4 l’année dernière et là on passe à 9», ajoute-t-il, en riant.

Des options intéressantes

Quant à Sa Eva Katusevanako, il estime qu’il faudra attendre une troisième vague d’immigration francophone à Brooks avant que la moyenne d’élèves augmente de manière significative à l’école Le Ruisseau. «Depuis la dernière vague qu’on a eue en 2015, on n’a pas accueilli beaucoup de francophones», déplore-t-il.
Une autre option, suggère Sa Eva, serait d’ajouter un ou des programmes francophones au campus du Medicine Hat College qui est situé à Brooks. «Une fois le secondaire terminé, les élèves sont forcés de quitter la maison s’ils veulent étudier en français. Mais s’il y avait des options en français au campus de Brooks, les élèves pourraient rester ici», soutient-il.
Ce qui demeure le plus gros défi à Brooks, cependant, c’est que l’économie de la ville dépend à 90% de l’industrie bovine. «Souvent, lorsqu’un parent perd son emploi, il quitte Brooks pour trouver du travail ailleurs et on perd les élèves», conclut le directeur de l’AFB.

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