Le travail de Françoise Sigur-Cloutier fait écho dans les Amériques

Écrit par : Gabrielle Beaupré

4 décembre 2021

Pour Françoise Sigur-Cloutier, devenir membre de l’Ordre des francophones d’Amérique est «très émouvant». Crédit : Stéphane Audet - Audet Photo

Le 27 octobre dernier, Françoise Sigur-Cloutier est devenue membre de l’Ordre des francophones d’Amérique. Une belle consécration pour cette femme qui a voué sa vie à la communauté francophone en milieu minoritaire, ici en Alberta, mais aussi en Saskatchewan.

C’est, semble-t-il, à la fois un grand honneur et un peu intimidant pour Françoise Sigur-Cloutier de se retrouver au côté du conteur Fred Pellerin, de la fondatrice et présidente du Conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français, Dyane Adam, et de la professeure émérite de l’Université d’Ottawa, Linda Cardinal.

L’obtention de sa citoyenneté canadienne est l’un des grands moments de Françoise Sigur-Cloutier en lien avec la francophonie. Crédit : Courtoisie

Elle estime que les personnes ayant reçu cette distinction dans le passé, et en même temps qu’elle, sont «des géants» de la francophonie. Humblement, elle mentionne que ses actions dans et pour la communauté «ne lui paraissent pas si importantes». Elle explique que celles-ci avaient pour objectif de répondre d’abord aux besoins personnels de ses enfants et aux siens.

Originaire de France, Françoise Sigur-Cloutier s’est installée à Calgary en 1969. Elle se remémore, «je ne pouvais vivre qu’autrement qu’en français. C’était une condition presque de survie». En effet, le français était, pour cette militante de la francophonie, une partie intégrante de son identité. «Il ne me semblait pas que j’aurais pu vivre les moments intimes de ma vie en anglais», explique-t-elle. 

À l’entendre, il était d’ailleurs hors de question que ses enfants deviennent anglophones. C’est pour cela qu’elle s’est impliquée, afin de leur donner des occasions «d’enrichir leur environnement» dans la langue de Molière. 

C’est avec une grande fierté qu’elle fait part à la rédaction des qualités linguistiques de ses trois enfants. «Ils parlent aujourd’hui très bien français.» En plus de la langue, ils ont aussi pu goûter à l’apprentissage du patrimoine canadien-français en fabriquant notamment des ceintures fléchées en macramé, symbole de la persévérance et de la ténacité de ces francophones qui ont fait l’Amérique.

Une femme de la communauté

Françoise Sigur-Cloutier prend conscience de son amour pour la vie communautaire lors de son court passage à Montréal, juste avant son déménagement en Alberta. Élevée en France, entourée de sa famille, de ses voisins et de ses amis, «il y avait toujours quelqu’un autour de moi qui enrichissait ma vie». Dans la métropole québécoise, elle n’a jamais ressenti ce sentiment d’inclusion. Elle avoue même que c’est l’un des moments les plus tristes de sa vie. 

Derrière Françoise Sigur-Cloutier, son «roc», son conjoint Michel Cloutier et ses deux filles, Isabelle et Claire Brigliadori. Crédit : Courtoisie

Dès qu’elle a mis les pieds dans la métropole albertaine, le vent a toutefois changé de direction. «Les membres de la paroisse Sainte-Famille, la Société franco-canadienne de Calgary et le Cercle français de l’Université de Calgary sont très rapidement devenus ma communauté.» C’est ainsi qu’elle a commencé à s’engager dans la vie communautaire. 

Elle a notamment été à la tête de l’ACFA régionale de Calgary et a même été la première directrice générale de la Fédération provinciale des Fransaskoises (Saskatchewan), en plus de travailler à propulser la francophonie dans la littérature francophone en milieu minoritaire. 

Une femme d’action

Aujourd’hui, à 76 ans, Françoise Cloutier-Sigur est toujours aussi engagée. Elle est membre des conseils d’administration de La Fondation franco-albertaine et du Centre d’accueil pour les nouveaux arrivants francophones (CANAF). Il y a en elle un dynamisme magnifique qui fait d’ailleurs l’admiration de ses pairs. 

Consciente d’être aujourd’hui «une aînée», elle sait qu’elle peut toujours contribuer à la communauté. «Je peux toujours faire quelque chose à moins que la santé m’arrête.» Elle enchérit, «je ne peux pas voir une situation [qui évoque un enjeu de société] sans rien faire. Je ne suis pas le genre de personne qui dit comment ça se fait et qui ne fait rien». 

À l’affût de l’actualité, elle a trouvé qu’aux dernières élections fédérales, provinciales et municipales, les campagnes n’ont pas assez abordé la situation des aînés qui voudraient habiter le plus longtemps possible dans leur maison. Une fois de plus, elle compte apporter sa voix à ce nouveau dossier très important pour elle en espérant qu’il y en aura bien d’autres.

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