Des immigrants dans l’Ouest : les politiques d’immigration au tournant du siècle dernier

10 février 2022

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  • 1915, regroupement Société Saint-Jean-Baptiste.
1915, regroupement Société Saint-Jean-Baptiste. Crédit : Centre de ressources historiques - images

Rubrique historique
En collaboration avec la Société historique francophone de l’Alberta


À la suite de la victoire de l’Angleterre au 18
e siècle, le futur du Canada français restait incertain. Qu’arriverait-il des personnes déjà établies, des communautés construites, de la langue parlée en Nouvelle-France après sa conquête?

Pendant qu’une société majoritaire francophone évolue au sein du Québec, les francophones des Prairies gardent aussi leur majorité parmi les colons pendant un certain temps. Éventuellement, le gouvernement canadien se met à produire sa propre propagande.

Ce contenu invitant à venir défricher les terres de l’Ouest canadien se répand en partie grâce aux cartes du pays envoyées dans les bureaux de poste d’Angleterre et dans les salles de classe des écoles. Éventuellement, les Plaines sont devenues un bassin multiculturel, quoique principalement composé de blancs et de chrétiens.

Le travail de Clifford Sifton, ministre de l’Immigration dans le cabinet de Laurier, est l’une des pièces maitresses de cet engouement envers le Canada. De 1896 à 1905, une campagne agressive prend place pour intéresser de futurs habitants. À partir de ce moment-là, et jusqu’au début de la Première Guerre mondiale, plus d’un million d’immigrants viennent s’installer sur nos terres.

Ces nouveaux arrivants venaient en grande partie de l’Angleterre, de l’Europe de l’Est et des États-Unis, mais ce sont les Écossais qui détiennent tout de même le titre de «meilleurs immigrants au monde» selon Sifton. Le ministre suivant, l’Edmontonien Frank Oliver, priorise, quant à lui, les résidents de l’Angleterre et des États-Unis, sous prétexte qu’ils parlent la langue et pratiquent la religion tous deux privilégiées.

À cette même période, le gouvernement du Canada offre un financement à l’Église catholique pour mousser ses efforts de recrutement francophone. Chaque diocèse a droit à un prêtre-colonisateur qui exerce le mandat de recruter des colons franco-catholiques avec le soutien et l’aide du leadeurship local des communautés francophones. Ces missions ont lieu au Québec, au nord-est des États-Unis et en Europe francophone.

Plusieurs décennies plus tard, les politiques et les priorités de la société et du gouvernement canadiens changent en faveur d’une immigration francophone plus mondiale. L’immigration francophone vers l’Alberta se diversifie avec l’arrivée de vagues d’immigrants et de réfugiés issues d’Asie, des Antilles et de l’Afrique, des années 1950 jusqu’à aujourd’hui.

Aujourd’hui, l’Alberta est peuplée d’immigrants venant d’un peu partout dans le monde. Célébrons avec fierté la richesse de notre tissu social.

Adaptation du contenu de Capsules d’histoire de l’Alberta de Guy Lacombe (1993)

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