Leela Aheer : «honnêteté, compétence et transparence»

Écrit par : Vienna Doell

7 septembre 2022

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Leela Aheer, candidate dans la course à la chefferie du Parti conservateur uni. Crédit : Courtoisie
La rédaction du journal Le Franco a communiqué avec tous les candidats à la course à la chefferie du PCU. Leela Aheer a répondu à l’appel pour nous partager sa vision de la politique albertaine. La rédaction tient à souligner que Leela Aheer a répondu à toutes nos questions en français.
L’élue de Chestermere-Strathmore a, elle aussi, décidé de donner de la voix pour devenir la cheffe du Parti conservateur uni (PCU). Prête au combat, elle n’en oublie pas les défis qui lui feront face si elle est élue. Son cheval de bataille : lutter contre la corruption et l’arrogance, des valeurs inadmissibles en démocratie.

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Vienna Doell
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Leela Aheer est l’une des rares femmes de l’aile conservatrice à être élue à l’Assemblée législative de l’Alberta lors de l’élection provinciale de 2015. Membre du Wild Rose puis du Parti conservateur uni, elle a su faire sa marque en politique sans que ses origines ethniques l’en empêchent. Elle insiste sur l’importance de permettre aux jeunes femmes de s’identifier à des parcours comme le sien et de rêver d’obtenir un jour une position influente dans la société.

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Néanmoins, elle ne peut s’empêcher de parler de sa frustration vis-à-vis du concours de dissertation destiné aux jeunes femmes et mis de l’avant par l’Assemblée législative de la province. «Je pensais que c’était une blague!» L’ancienne ministre de la Culture, du Multiculturalisme et de la Condition féminine estime que ce concours littéraire raté a créé «un préjudice envers toutes les femmes dans le monde».

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Elle enfonce le clou, «on doit créer un chemin pour qu’elles aient des possibilités, pas des barrières». Tout en voulant être la cheffe d’un parti «divisé et brisé», elle explique qu’elle ne pourra l’être «sans avoir présenté des excuses» et créer le changement.

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Une approche humble pour les électeurs

Leela Aheer revendique une volonté de changement, en commençant par les membres de l’Assemblée législative. Elle estime que les élus ont besoin de reprendre contact avec leurs citoyens «et d’assumer nos responsabilités envers les Albertains».

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Comme sa concurrente Rebecca Schulz, elle dénonce «l’arrogance et l’égoïsme» dans le PCU. Il est donc temps «d’écouter les Albertains avec empathie et compétence», explique-t-elle.

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Cependant, n’est pas la seule chose qui l’a déçue du leadership de Jason Kenney. L’ancienne ministre dénonce aussi le processus «d’achat de cartes de membre en masse (bulk bind)» et décrit la Loi 81 comme étant «extrêmement néfaste». Une loi qui permet aux tiers d’acheter des adhésions pour leurs proches sans leur consentement.

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Et lorsque Jason Kenney a soutenu le projet de loi 8 afin de remplacer la Loi scolaire par la Loi sur l’éducation, il a clairement mis en danger les élèves qui ne pourraient plus bénéficier de la protection de l’école s’ils faisaient partie d’une alliance allosexuelle-hétérosexuelle (AAH). «Ce n’est pas correct», résonne la candidate. Au risque de voir notamment les parents prendre conscience de la différence de leur enfant, avec les conséquences que cela peut engendrer.

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À l’avenir, «si je dois changer la loi pour la sécurité des élèves, je le ferais aussi».

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Consultations pour une meilleure francophonie

En abordant le sujet de la francophonie albertaine et les questions relatives à l’enseignement postsecondaire, il est clair que la candidate à la chefferie apprécie la compétence des personnes qui s’occupent du dossier.

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Elle préfère ne pas s’exprimer à la place de celles et ceux qui portent la cause du Campus Saint-Jean, «si je faisais des promesses sans faire le travail…» Mais elle est disposée à échanger avec la communauté, «je ne peux pas élaborer de politique sans consultation». Elle indique aussi que c’est une priorité pour «développer» la seule université francophone à l’ouest du Manitoba.

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Elle ajoute l’importance pour les francophones d’avoir «accès aux services en français» autant dans le domaine de la santé que dans le domaine juridique. «C’est une province enthousiasmée par la francophonie», reflète-t-elle. «Il y a beaucoup de fierté, pas juste pour la langue, mais aussi pour la culture».

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L’Alberta doit s’exporter aussi grâce à la francophonie

Mais sa compréhension de la francophonie va au-delà des frontières de l’Alberta. Leela Aheer voudrait «un comité de personnes francophones en Alberta qui peuvent travailler à Québec, avec les gouvernements municipaux et provinciaux».

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Ce projet devrait «créer une amitié» entre ces deux provinces qui connaissent une tension croissante sous le leadership de Kenney. «Je voudrais la même relation avec Ottawa», ajoute-t-elle.

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Et ce n’est pas seulement pour la francophonie albertaine, mais bien pour l’ensemble de la province. Elle cite, entre autres, les ressources naturelles des deux provinces qui offrent beaucoup de «similarités».

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Finalement, elle espère faire briller «le talent et la fierté» de l’Alberta à l’avenir.

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Questions rapides!

Du charbon dans les Rocheuses? «Non.»
La taxe carbone? «Non.»
Votre artiste francophone préféré? «Francis Cabrel.»
Une loi pour des services francophones en Alberta? «Oui.»
Le curriculum pour les écoles francophones doit-il changer ou pas? «Oui.»
Une personne qui vous inspire dans le monde politique? «Jody Wilson-Raybould.»
Votre lieu préféré dans la province? «Il y en a beaucoup […] les places historiques.»
Trois mots qui vous représentent en politique? «Honnêteté, compétence, transparence.»

Si vous êtes membre du Parti conversateur uni (PCU) de l’Alberta avant le 12 août 2022, vous pourrez donc participer au vote préférentiel en personne le 6 octobre ou voter par la poste du 2 septembre au 3 octobre afin d’élire le nouveau chef du parti. Sept candidats s’affrontent dans cette course à la chefferie.

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