UNE HISTOIRE DE VOISINS, LES PATINS À LA MAIN

Écrit par : Arnaud Barbet

25 mars 2021

Edmond Laplante, patins aux pieds, pelle à la main, commence l’entretien de la glace. Crédit : courtoisie.

Bon pied, bon œil, Edmond Laplante est bien connu de notre rédaction. Après avoir créé une oasis de lumières colorées dans son jardin l’été dernier, il a décidé, avec ses voisins, d’offrir une patinoire aux allures olympiques pour l’hiver.

Aujourd’hui un vortex polaire s’est installé sur Edmonton et sa région. Température -38°. « Le bon temps pour rester au chaud », explique Edmond Laplante tout en pensant aux fissures qu’il va falloir réparer sur la glace dans les prochains jours.

Car lui et deux autres voisins ont bien décidé que la patinoire serait praticable tout l’hiver. Denis Frawley, l’un d’eux, avait déjà une petite patinoire sur son terrain, mais les gens n’osaient pas y venir de peur de déranger. Plus loin, « nous avions une belle étendue d’eau, quelques pieds de profondeur, et une surface plus grande qu’un terrain de “soccer” », explique-t-il.

À la tombée de la nuit, un petit passage de la « Zamboni » pour la soirée qui s’annonce. Crédit : courtoisie.

Sitôt pensé, sitôt fait ! C’était à la mi-décembre, le froid était là. Ses acolytes Russel et Denis étaient prêts à en découdre avec les 18 pouces (45 cm) de glace déjà formés. « L’un avait le tracteur, l’autre les outils, moi le réservoir pour l’eau. Notre “Zamboni” artisanale était prête, il n’y avait plus qu’à… » Aujourd’hui, la petite communauté de Sherwood Park peut patiner sans risque grâce à l’étendue de glace aménagée par les trois compères.

Une Zamboni pour le bonheur de tous

Cheryld Clark et son époux Russel sont originaires d’Australie. L’une est admirative, l’autre est un bambin qui n’en finit plus de jouer. « Lorsque Cheryld m’a dit que c’était le rêve de Russel de conduire la “Zamboni”, je lui ai répondu de le laisser rêver tout l’hiver », s’amuse Edmond Laplante.

Une « Zamboni » qui, en quelques heures, de temps à autre, remet en état la pellicule de glace régulièrement fréquentée la journée, comme en soirée. « Il y a une patinoire pour ceux qui veulent jouer au hockey, une autre pour ceux qui veulent juste patiner, et aussi un chemin de glace. Nous avons aussi aménagé des aires de repos avec des foyers pour nous réchauffer », explique-t-il.

La « Zamboni » artisanale refait la glace sur le chemin. Au volant, Russel et son épouse. Crédit : courtoisie.

Au passage, il remarque que ces petits moments de bonheur se font en respectant les distances et le port du masque si nécessaire. « Les patineurs sont très respectueux des règles à suivre pendant cette pandémie ». Il semblerait même, et ce, malgré l’immensité de l’installation, que certains rebroussent chemin et reviennent plus tard s’ils y voient trop de monde.

 

Un lieu pour socialiser

Ancien joueur et entraîneur de hockey, Edmond Laplante aime voir les gens profiter des lieux et offre même quelques conseils pour ceux qui en auraient besoin. « Au début de l’hiver, mon ami Many, un jeune philippin, voulait apprendre à patiner. Aujourd’hui, il est tout le temps sur la glace », explique-t-il ravi.

Le tracteur enlève la neige avant de se transformer en « Zamboni ». En bas, un des coins repos pour faire un feu et relaxer. Crédit: courtoisie.

Edmond Laplante aime allumer le foyer et mettre des pains et des saucisses à « chien-chaud » à disposition pour ceux qui auraient une « fringale ». Il s’enthousiasme : « c’est un moment convivial et à la tombée de la nuit, on allume les projecteurs pour que cela dure plus longtemps ». Des projecteurs bien sûr alimentés avec un groupe électrogène qu’il aura préalablement déposé… dans son camion, tout simplement !

À 63 ans, Edmond Laplante, le « Frenchie » comme le surnomment ses voisins avec beaucoup de respect n’a pas fini d’amener le sourire dans sa communauté !

Partager

La francophonie albertaine vous intéresse?

Nous aussi.

Abonnez-vous gratuitement à notre infolettre pour recevoir chaque deux semaines un concentré de nos meilleures histoires!