En Alberta, l’agriculture biologique prend sa place

Écrit par : IJL

19 juin 2021

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Pierre Fillion admire son champ de pois biologiques. Crédit : Courtoisie

L’achat d’aliments biologiques est une tendance croissante parmi les communautés albertaines. Les consommateurs friands de ces produits en connaissent-ils réellement l’origine ? Le monde de l’agriculture biologique doit lui aussi répondre à des exigences toujours plus élevées. 

Meera Sylvain – Correspondante – IJL-RÉSEAU.PRESSE-LE FRANCO

Comme tous les types de produits alimentaires, les produits biologiques résultent d’un travail important sur les fermes albertaines et leurs terres. Toutefois, il existe de grandes différences entre les composantes d’une entreprise dite «naturelle ou biologique» et celles dites conventionnelles. 

Pierre Fillion, propriétaire d’une ferme biologique située à Donnelly, dans le nord de l’Alberta, s’est lancé dans ce type d’agriculture grâce aux bénéfices qui proviennent de cette profession. Il admet cependant qu’il y a plusieurs étapes à suivre avant qu’une entreprise agricole puisse être considérée comme réellement biologique. 

Camion céréalier chargé de blé organique. Crédit : Courtoisie

En premier lieu, les fermes biologiques doivent recevoir une accréditation validée par le gouvernement provincial. Cette autorisation permet aux entreprises de commercialiser leurs produits comme étant biologiques. Pour assurer la qualité, la pérennité et la légitimité des produits naturels, celle-ci doit être renouvelée annuellement.

Des modalités à respecter 

Plusieurs conditions doivent être appliquées avant d’avoir ce type de permis. Ainsi, lors du déroulement du protocole, les inspecteurs agricoles du gouvernement vérifient les reçus des fertilisants biologiques que les agriculteurs propagent sur leurs terrains pour s’assurer qu’ils ne pratiquent pas de l’agriculture traditionnelle. 

Ils examinent aussi souvent les récoltes pour garantir qu’il y a toujours de la production parallèle. Concernant la machinerie, l’équipement et les outils utilisés, des traces manuscrites sont obligatoires. «On doit aussi garder un enregistrement des nettoyages qu’on est obligé de faire sur notre équipement pour bien séparer les produits naturels des terres organiques, et empêcher le mélange des deux», ajoute le céréalier. 

De nombreuses autres conditions sont à suivre afin que les consommateurs puissent finalement préparer et déguster des produits garantis sans contamination chimique. Par exemple, les engrais naturels utilisés sur les terres doivent également provenir des fermes d’élevage qui soutiennent des politiques semblables. 

De plus, des inspecteurs passent souvent dans les champs pour vérifier l’apparence des récoltes en plus de s’assurer qu’il y a une distance de 8 mètres entre les parcelles biologiques et celles conventionnelles. La distinction entre les deux est cruciale pour le bon fonctionnement de l’agriculture biologique. 

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L’accroissement de la demande

Selon un récent rapport d’Exportation et développement Canada(EDC), «les Canadiens auront acheté pour environ sept millions de dollars d’aliments bios en 2020. Ce chiffre ne représente peut-être que 3,2% des ventes de produits agricoles au pays, mais la demande croît au rythme fulgurant de plus de 8 % par année.» 

Un état de fait en partie expliqué par les inquiétudes causées par les produits chimiques et leurs effets sur la santé. Cela a d’ailleurs beaucoup motivé Pierre Fillion à effectuer la transition. «J’ai eu des problèmes de santé dans le passé, puis j’ai consulté régulièrement un docteur naturopathe.» 

Ce professionnel a mis l’emphase sur le fait que bien manger nourrit et guérit. Convaincu, Pierre y voyait un choix logique et durable qu’il ne regrette pas, «on mange toujours des aliments biologiques chez nous, donc le transfert à ce type d’agriculture avait de l’allure.»

L’équipement prêt pour les semences chez les Fillion. Crédit : Courtoisie

Des répercussions considérables

Il est aujourd’hui prouvé que certains pesticides, herbicides et engrais non naturels ont des effets néfastes sur les consommateurs en s’infiltrant dans les récoltes. Plusieurs maladies et troubles de santé ont été attribués à ces agents chimiques. La population prend de plus en plus en considération la qualité des produits et leur provenance.

D’autres soucis proviennent des engrais chimiques. Ils pénètrent dans les cours d’eau, les nappes phréatiques et peuvent aussi s’évaporer dans l’atmosphère. Ces mêmes toxines sont aujourd’hui totalement interdites dans le monde biologique.

Pierre a néanmoins d’autres moyens de contrôler la qualité de ses récoltes, et d’éviter d’utiliser des agents chimiques qui facilitent la mutation des végétaux. «J’utilise de l’engrais vert qui remplace les mutagènes et je me sers aussi de compostage protéiné et d’autres formes de carbone pour nourrir la microbiologie dans la terre», raconte-t-il avec passion.

La ferme Fillion prend aussi avantage des relations symbiotiques entre les organismes qui se développent dans le sol. Les végétaux fournissent du sucre au fongus profondément enraciné sous la terre. En retour, celui-ci procure des nutriments et des minéraux aux plantes qui sont incapables d’en chercher en raison de leurs racines courtes.

Finalement, l’agriculture biologique est un domaine qui se modernise. Elle est aussi devenue une agriculture au rendement efficace, tout en évitant l’utilisation de produits nuisibles et en garantissant le facteur le plus important, la santé.

Pour plus d’informations :

Pour en savoir plus sur Pierre Fillion et l’association Organic Alberta : https://organicalberta.org

Pour en savoir plus sur l’alimentation biologique au Canada : https://www.edc.ca/fr/blogue/croissance-secteur-biologique-canada.html

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