La «rock star» franco-albertaine est de retour en 2021

Écrit par : Mélodie Charest

9 avril 2021

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Après avoir fait une apparition fulgurante sur la scène musicale franco-albertaine du milieu des années 1990, Pierre Sabourin s’est retiré des planches pour rejoindre la forêt. Il ne s’agissait que d’un au revoir. Celui qui est connu pour son succès Suzanne amorce un « deuxième chapitre » de sa carrière prévu pour cette année.

Pierre Sabourin signe son retour sur la scène franco-albertaine suite à 15 ans d’absence. Après son succès de 1995 à 2005, l’auteur-compositeur-interprète avait décidé en 2006 de mettre sa carrière entre parenthèses pour se rapprocher de la nature. Crédit : courtoisie

 

Il n’y a pas de « il était une fois » dans la carrière musicale de Pierre Sabourin, mais plutôt un « tout à coup ». En 1995, ce jeune homme à l’aube de la vingtaine participe au Gala albertain de la chanson, l’ancienne mouture de PolyfonikCette apparition va changer complètement le cours de sa vie.

« De mai à septembre 1995, Pierre est parti du statut de parfait inconnu pour se rendre au festival de Granby », déclare Ronald Tremblay, spécialiste de la musique franco-albertaine. Parfait inconnu, peut-être, mais l’artiste, lui, était habité par l’amour de la musique depuis son enfance. Ce natif d’Edmonton ne manie pas seulement le piano, la batterie, le saxophone, le ukulélé et la guitare, mais aussi l’encre. Dès l’âge de douze ans, il commence à écrire ses premiers textes.

Pierre Sabourin en présence d’un bison ; un animal qu’il a eu la chance de rencontrer lorsqu’il travaillait en foresterie. Cette rencontre l’a profondément bouleversé et il a décidé d’y dédier une chanson. Crédit: Pierre Sabourin

C’est tout de même au Gala albertain de la chanson qu’il expose ses premières chansons. Parmi celles-ci, Suzanne, qu’il avait écrit pour une amie lorsqu’il était en 9e année ! Ronald Tremblay compare cette chanson dans le parcours de Sabourin à Blowin’ In The Wind dans le parcours Bob Dylan.

Si Pierre ne peut pas avoir le statut de première vedette musicale franco-albertaine, il peut, selon les dires de Tremblay, avoir le statut de « première vedette locale ».

« Il était traité comme une rock star quand il arrivait à Maurice Lavallée ! », explique Ronald Tremblay. Attaché à son ancien établissement scolaire, Pierre y faisait des visites pour rencontrer les jeunes et faire de la musique. « J’insiste beaucoup sur cette période, 1995-2000, parce qu’il y avait vraiment une mouvance où les jeunes ont commencé à se reconnaître à travers les performances de la musique. Les jeunes venaient le voir pour des autographes ! »

Le musicien se rappelle cette époque où il faisait la tournée des écoles : « C’était vraiment, vraiment l’fun ! Je ne m’entendais pas à avoir un accueil comme ça. (…) Je me rappelle, dans une école, les jeunes avaient fait une murale pour moi ! »

Du local au national… à l’international ! 

Entre 2000 et 2005, Pierre lance deux albums, Lumière du jour (2000) et Dans un verre de vitre (2005) qui le propulsent sur la scène nationale et française. En 2005, dans le cadre des Rendez-Vous de la Francophonie, Pierre se joint à la tournée d’Ima et Polly-Esther (un duo de la Saskatchewan) et explore le Canada d’est en ouest à bord d’un avion privé.

Crédit: Photo d’archives
Pierre Sabourin est prêt à entamer le « deuxième chapitre » de sa carrière avec de nouvelles sources d’inspirations et une nouvelle philosophie : celle de se mettre moins de « pression inutile ». Crédit: Pierre Sabourin

Puis en 2006, le « beau bonhomme », comme Tremblay l’appelle affectueusement, met un terme à sa carrière. « J’étais brulé. Je n’étais plus capable de trouver l’inspiration pour écrire des chansons que j’aimais », déclare Pierre Sabourin.

Il décide de renouer avec un de ses amours, le grand air, et devient garde forestier à Canmore. Une décision qu’il lui a permis de reconnecter avec cette partie de lui. Il avoue tout de même avoir « ignoré le côté créatif » en lui durant cette deuxième carrière. Aujourd’hui, il se réjouit d’avoir trouvé « la bonne balance » entre son amour pour la musique et son emploi en foresterie.

En 2019, Ronald Tremblay l’approche pour qu’il fasse une participation au trentième anniversaire du Gala albertain de la chanson. Il y interprète son succès Suzanne : la foule chante les paroles avec lui et il a même droit à une ovation.

« Je ne m’entendais pas à faire un retour à la musique », déclare-t-il. Le public ne l’avait pas oublié et son amour pour la musique et son inspiration ne l’avaient pas tout à fait quitté non plus. En effet en 2020, il lance une chanson, Christmas Tennessee, dans le cadre d’Hiver Nation. Il souhaite désormais lancer un EP en 2021.

Pierre Sabourin au cours de la première partie de sa carrière musicale. Crédit: Courtoisie Ronald Tremblay

Honnêteté et amour, les tronçonneuses de sa créativité

Lorsqu’on lui demande le secret de son succès auprès du public, Pierre répond qu’il s’agit de l’honnêteté. « J’écris avec amour, ça vient d’une place honnête. Je n’invente pas des histoires, c’est des prises de ma vie qui sont honnêtes. Je pense que les gens s’accrochent à des chansons honnêtes ». C’est d’ailleurs dans ce sens que son projet s’inscrit.

Visages et fantômes, titre de son prochain EP, se présente comme un album illustrant les personnes et les animaux qui ont changé sa vie. Parmi ses portraits, le mélomane peut s’attendre à découvrir sa rencontre avec un bison, mais aussi avec sa petite fille. Il avait composé cette dernière mélodie avec son ukulélé « dans le fond du bois » en pensant à elle. Les paroles ne sont venues que plus tard ; il s’agit d’« un des textes les plus difficiles que j’ai écrit», avoue-t-il.

En attendant ses prochaines chansons prévues au printemps 2021, le nostalgique ou le curieux peut (ré) écouter les œuvres musicales de Pierre Sabourin sur son nouveau site web et sur les plateformes d’écoute comme iTunes.

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