Des monnaies anciennes, des bijoux contemporains

Écrit par : Publireportage

28 mai 2022

Publireportage – CDÉA – Lucie Brouillard

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Originaire des Cantons-de-l’Est, au sud du Québec, Lucie Brouillard a sillonné les routes d’Europe à vélo avant de rentrer au Canada. Artiste maquilleuse jusqu’au début de la pandémie, il a fallu qu’elle trouve une alternative professionnelle à cet art qui l’a amenée aux quatre coins de la planète. Dans ses valises, une collection de pièces de monnaie qui, aujourd’hui, fait son fonds de commerce.

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Après son périple européen, l’artiste rejoint l’Alberta en 1998. «C’était un marché vierge.» Mais la pandémie a mis un point d’arrêt à son activité malgré de nombreuses années florissantes. «Le maquillage, c’est intime, nous sommes physiquement proches des gens, alors tous les contrats se sont arrêtés», du jour au lendemain.

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Elle a dû se réinventer et c’est un peu grâce à sa fille Charlotte que la petite histoire est née. «J’ai toujours eu une collection de sous provenant de mes voyages. Quand elle avait 6 ou 7 ans, elle les a trouvés», puis elles ont continué, ensemble, à l’alimenter.

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Aujourd’hui, l’artiste s’amuse «à peinturer» ses pièces de monnaie, à «les graver, les couvrir d’un dôme de verre» pour l’aspect visuel et, finalement, les monter en pendentif. Toujours attirée par cet objet rond, il est à ses yeux «une pièce d’histoire».

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Un pays, un patrimoine, la flore, la faune, la mythologie, la pièce de monnaie est un trésor qui pourrait «très vite disparaître», prévient-elle en évoquant l’argent virtuel. Et pourtant, «lorsque l’on trouve un sou noir canadien, cela apporte la chance».

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Mère-fille, la petite entreprise s’étoffe

«C’est une petite histoire de famille, cette entreprise, entre elle et moi», explique Lucie Brouilard en citant sa fille Charlotte. Les hommes ne sont «pas vraiment intéressés». Des fois, ils viennent, mais ils sont un peu gênés. Elle aussi avoue ne pas avoir forcément «le syndrome de la vente», mais souligne sa belle complicité avec Charlotte qui a un très bon contact avec la clientèle. «Ensemble, nous faisons une belle équipe!»
Lucie a aménagé un espace dans son sous-sol, «une belle boutique», mais la pandémie a fait reculer la clientèle. Alors elle espère beaucoup des marchés d’été, de juin à septembre, et notamment celui d’Airdrie ou le Bearpaw Lions Farmer Market, à la sortie de Calgary, en direction de Cochrane.

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Elle y retrouve une belle atmosphère. «Se mettre les pieds nus sur l’herbe quand on travaille au soleil, c’est tellement agréable» et rafraîchissant. Cette francophone a bien hâte que la saison recommence et de vendre aussi dans sa langue maternelle, «c’est très plaisant». D’ailleurs, lorsque la discussion s’amorce, elle dure souvent plus longtemps que prévu, indique-t-elle.

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Avec sa fille, elle aime aussi diversifier ses produits. Depuis quelque temps, elles confectionnent des bijoux avec des pierres semi-précieuses comme le quartz rose, la pierre de lune, le lapis ou l’améthyste. Des pierres qui peuvent avoir des pouvoirs bénéfiques pour la santé. «Les gens adorent. Personnellement, je trouve cela un peu étrange et mystérieux», mais elle investigue.

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Elle vend aussi des bagues populaires auprès des adolescentes. «On s’en fait piquer!» Attentive à cette problématique, elle apprécie tout de même de voir les jeunes autour de son espace de vente, car les sous sont de beaux témoins du passé, «de notre identité».

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Des pièces dont on ne se lasse pas

Aujourd’hui, la plus grande partie de ses produits sont fabriqués avec des pièces de monnaie, mais elle ne s’autorise pas toutes les fantaisies. «Un sou de collection qui a une grande valeur monétaire, on ne le transforme jamais, sinon il la perd.»

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Elle travaille donc des sous «sans le sou», parfois très ancien, car un grand nombre ne valent pas grand-chose. Son sou favori, un penny provenant de l’île de Man (Royaume-Uni). Elle n’en a vu qu’un seul «dans toute ma vie». Une pièce en bronze qui représente un chat avec des lignes art nouveau tout autour. Celui-ci, elle ne le travaillera pas, mais le portera en pendentif.

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Parmi les sous qu’elle aime le plus, un grand nombre viennent d’Irlande pour leurs illustrations de la faune. Elle désavoue les euros, mais apprécie la monnaie italienne d’avant, notamment la pièce de 50 lires représentant Vulcain «nu en train de travailler le métal».

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Elle aime aussi la semeuse sur les anciens francs et beaucoup d’autres, de Slovaquie notamment. Elle remarque aussi l’intérêt soudain pour les pièces ukrainiennes. Elle aime aussi les sous noirs canadiens d’avant 1920. «Ils sont très, très, beaux», ils sont patinés et très difficile à travailler. Elle souligne aussi que seules les pièces de monnaie canadiennes retirées de la ciculation peuvent être utilisées ou alors des pièces étrangères.

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Alors qu’elle reconnaît la valeur pédagogique de chaque pièce, évoquant parfois un souverain, des valeurs humaines, la flore, la faune, la mythologie, elle regrette cette globalisation qui tend à l’uniformisation de la monnaie et à l’abandon de notre identité. «Un sou d’un lieu et d’une année précise nous connecte avec notre histoire.»

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Des instants inoubliables

Elle aime faire des commandes spéciales pour célébrer un anniversaire, un mariage, une arrivée au Canada. Des évènements heureux en général, mais aussi parfois plus sollennel. Elle se remémore, entre autres, cette femme qui l’a contactée après le décès de son jeune garçon. «Elle m’avait commandé des porte-clés pour donner à toute la famille pour l’anniversaire de sa mort. Les sous à transformer venaient du jeune homme. À la remise de ces pièces, nous avons pleuré les deux.»

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