Rassembler les communautés noires autour de la francophonie, pas si simple!

Écrit par : Gabrielle Beaupré

21 février 2022

Mots-clés :
Mouna Gasmi. «L’axe principal de notre stratégie est d’attirer plusieurs communautés francophones et ramener plus de diversité au Centre d’appui familial.»; Giscard Kodiane. «C’est important que les communautés africaines puissent participer à des activités d’organismes de leur communauté d’accueil.»; Pour Robert Suraki Watum, il faut que toutes les communautés agissent ensemble pour se connaître mieux. Crédits : Courtoisie

Alors que certains organismes rejoignent toutes les populations francophones, d’autres ont encore des difficultés à se faire connaître. C’est notamment le cas du Centre d’appui familial de Calgary et sa directrice générale, Mouna Gasmi, qui aimerait rejoindre plus facilement la communauté noire de Calgary et ses environs. 

Gabrielle Beaupré
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

À ce jour, 30 familles de la communauté noire fréquentent l’organisme sans but lucratif, la majorité de ses clients étant d’autres francophones. «Des Canadiens d’origine blanche, des Français et des francophones de l’Afrique du Nord», indique Mouna Gasmi, qui est tunisienne de naissance.

Elle insiste d’ailleurs sur la vocation inclusive du Centre d’appui familial et espère y attirer plus de diversité. L’axe principal du plan stratégique 2021-2024 de l’organisme est d’attirer «plusieurs communautés francophones et ramener plus de diversité au Centre d’appui familial».

«On veut aider [notamment les membres de la communauté noire] à travers nos ateliers, les soutenir dans leur bien-être, entendre leurs expériences de vie et les partager avec les autres», souligne-t-elle.

Le Centre d’appui familial offre d’ailleurs une programmation diversifiée afin de répondre aux besoins de toutes les familles qui ont en commun la langue française, et ce, peu importe leur culture. «Nos services sont inclusifs, ils sont adaptés à tout le monde et ils sont variés.»

Mouna Gasmi est néanmoins consciente que la pandémie n’a pas aidé à créer des liens. Depuis près de deux ans, la plupart de leurs activités sont offertes en mode virtuel. La population est peut-être moins réceptive. Cependant, la directrice générale du Centre continue à mettre les efforts pour réussir à rejoindre la communauté noire.

Le choix d’un organisme passe par l’identité 

Mouna Gasmi profite de l’occasion pour «inviter toutes les familles francophones dans toutes leurs diversités» à participer à la Fête de la famille le vendredi 25 février prochain. Pour une dernière fois, elle l’espère, cet évènement aura lieu en ligne. Il est d’ailleurs organisé en partenariat avec le Portail de l’Immigrant Association (PIA) et 120 personnes y sont attendues.

«Inviter toutes les familles francophones dans toutes leurs diversités.» Mouna Gasmi

Evelyne Kemajou, la directrice générale du PIA et originaire du Cameroun, est heureuse de pouvoir participer à cet évènement. Consciente des difficultés de certains organismes à rejoindre la communauté noire, elle le dit elle-même, «ce n’est pas notre cas.»

En effet, si le PIA est une des portes d’accueil de la francophonie pour les nouveaux arrivants à Calgary, sa clientèle se compose d’immigrants issus d’un grand nombre de communautés africaines. Elle remarque aussi que «presque tous les employés sont membres de la communauté noire, alors c’est beaucoup plus facile [pour cette même communauté] de s’identifier à nous». Une présence de la communauté noire qui manque au Centre d’appui familial malgré une grande diversité de ses membres.

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Giscard Kodiane, le directeur de l’ACFA régionale d’Edmonton, explique que c’est beaucoup plus facile pour une personne d’une même culture de s’identifier à un pair. Cet Ivoirien d’origine en est persuadé. «Il connaît sa réalité, a un parcours similaire, a vécu les mêmes difficultés, alors il sera plus apte à aller vers cette personne et à communiquer avec elle.» Il ajoute «qu’il est important que les communautés africaines puissent participer à des activités d’organismes dans leur communauté d’accueil.»

Natif de la République démocratique du Congo, Robert Suraki Watum, coordonnateur des relations publiques de l’Alliance Jeunesse-Famille de l’Alberta Society (AJFAS), enchérit : «Les Noirs ont tendance à aller vers les Noirs et les Blancs vers les Blancs» en raison de leur façon de communiquer. «Ce n’est pas la même mentalité ici qu’en Afrique!»

«Les Noirs ont tendance à aller vers les Noirs et les Blancs vers les Blancs.» Robert Sukari Watum

Cogner aux portes des communautés noires francophones

Bien que plusieurs organismes s’ouvrent à la diversité, leurs démarches peuvent être inconnues pour les membres de la communauté noire. «Il y a beaucoup de familles qui ne connaissent même pas leur existence», souligne Robert Suraki Watum.

Alors, pour les rejoindre, l’une des pistes explorées pourrait être le rapprochement de ces organismes francophones avec certaines communautés ciblées. Il souligne la nécessité de communiquer avec les différents responsables des communautés africaines telles que l’Association camerounaise canadienne de Calgary ou la communauté congolaise de Calgary. Une piste qui peut être appliquée à toute la province, pas uniquement dans les grandes villes, mais aussi en région.

Robert Suraki Watum croit qu’en créant des ponts avec ces associations, les organismes auront plus de chance de se faire connaître et ainsi rejoindre des nouveaux membres qui voudront participer à leurs activités.

Des ateliers pour tous au Centre d’appui familial du sud de l’Alberta

Le Centre d’appui familial offre des ateliers de soutien à la parentalité, des cours prénataux pour les futurs parents, un club d’improvisation pour les 12 à 18 ans et des ateliers pour épauler les adolescents dans leurs croissances personnelles.

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