Radio Diaspora Inter, un pont entre Haïti et Edmonton

Écrit par : Carol Offi

2 novembre 2021

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Toute l’équipe de la Radio Diaspora Inter est très fière du lancement de ces nouveaux programmes. Crédit : Courtoisie

Depuis septembre 2021, Radio Diaspora Inter (RDI-TV), en collaboration avec Radio Intrépide Inter de Montréal, émet à partir du web à l’attention des Haïtiens d’Edmonton, mais aussi de toute la diaspora de la planète. Elle espère attirer d’abord les jeunes afin qu’ils aient l’occasion de mieux connaître leur pays d’origine.

Ijl – Franco.Presse – Le Franco

«RDI n’a pas de fréquence en FM, mais elle émet sur les réseaux sociaux via Facebook, Twitter et YouTube, ce qui la rend plus accessible», soutient le président-directeur général Azael Aldajuste, journaliste politique à Radio Intrépide Inter de Montréal.

Au lancement officiel, le 5 septembre dernier, les membres de la communauté, accompagnés de représentants d’autres organisations d’immigrants francophones, ont accueilli avec joie ce projet. «RDI peut compter sur le soutien de l’Organisation Haïtienne d’Edmonton (OHE) qui a, entre autres, pour mission de faire la promotion des entreprises et organisations haïtiennes qui œuvrent dans la société canadienne, notamment en Alberta», souligne Alice Prophète, membre fondateur et coordonnatrice de l’OHE. 

DJ Barry a animé la cérémonie de lancement de la webradio. Crédit : Courtoisie

«L’OHE encourage fortement ce genre d’initiatives qui permet de véhiculer plus aisément la culture haïtienne», ajoute-t-elle. Créée en 2010 à Edmonton, l’organisation appuie, entre autres, les nouveaux arrivants haïtiens dans leur processus d’intégration. 

Rodrigue Laurent, un Haïtien vivant à Edmonton depuis 2007, est aussi favorable à la création de cette webradio. Il se questionne tout de même sur la pérennité de celle-ci afin qu’elle demeure un média permanent au service de la communauté.  

Des émissions en créole

Selon le directeur général, Wilbert Platel, «RDI s’est donné pour mission de former, d’informer et de divertir en abordant les problématiques de la société haïtienne, autant au pays qu’à l’extérieur». Selon lui, elle est «une voie pour éclairer, un phare pour éduquer», surtout pour la jeunesse haïtienne par qui le vent du changement pourrait souffler dans le pays.

Ainsi, la webradio propose une riche programmation d’émissions dont les titres sont en créole. Il y a tout d’abord l’émission phare Founijé, un coup d’œil sur notre actualité, et Dis-moi paw (Dis-moi ton mot) qui aborde, quant à elle, les réalités sociales des immigrants haïtiens et parle des meilleures pratiques pour s’intégrer dans sa communauté d’accueil. 

Ensuite, Tikozé sou istwa dayiti (Causerie sur l’histoire d’Haïti) nous fait découvrir l’histoire et les grands personnages de ce pays ayant apporté des révolutions. L’émission Dwa pwopriété (Le droit de propriété) instruit la diaspora sur les étapes pour acquérir une maison sans se faire duper. Finalement, Tourisme et culture présente les sites à découvrir dans ce pays.

Wilbert Platel a également annoncé la mise en ondes prochaine d’une émission vouée à l’économie et à l’entrepreneuriat, Parlons d’affaires

La création d’une radio, une ambition pertinente 

L’idée d’une webradio pour former la jeunesse est une ambition pertinente quand on connaît l’histoire et le contexte politique et socioéconomique complexe de Haïti. Haïti est un pays francophone situé dans les Caraïbes, en Amérique du Nord, où les habitants parlent le créole, une langue dérivée du français et du dialecte local. Avec le Canada, Haïti est le seul pays, dans cette zone, où le français est une langue officielle. C’est pour cette raison qu’Haïti est membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis la création de l’organisme. 

La diaspora haïtienne au Canada est estimée à plus de 165 000 personnes selon le recensement de 2016. Elle est en majorité installée au Québec et en Ontario, mais on la retrouve aussi en Alberta avec plus de 2000 personnes. Depuis plusieurs années, le pays fait face, de manière récurrente, à des pressions politiques, marquées par des coups d’État, et à d’importantes catastrophes naturelles, dont des tremblements de terre, en raison de son emplacement géographique. 

C’est donc un État fragile, aux institutions gouvernementales en crise et aux conditions de vie difficiles. En 2021, l’Organisation des Nations unies (ONU) estime que près d’un tiers de la population haïtienne aurait eu besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Le dernier incident politique en date est l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet dernier, suivi en août d’un tremblement de terre d’une magnitude de 7,2 dont le bilan s’élève à plus de 2207 morts et 12000 blessés.​​

 

 

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