Le Réseau santé Alberta s’attaque à la démence

Écrit par : Isaac Lamoureux

31 octobre 2022

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Dix participants avec l’objet sur lequel ils ont raconté une histoire. Crédit : Courtoisie
En collaboration avec la Fédération des aînés franco-albertains (FAFA), le Réseau santé Alberta (RSA) a débuté une série d’ateliers par et pour les aînés afin de les sensibiliser aux troubles cognitifs, incluant la démence. Organisés dans le cadre du projet pancanadien L’Abécédaire d’un cerveau en santé, ces ateliers proposent de réfléchir sur le quotidien, les émotions, la sensibilité, l’acceptation de soi et des autres.

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Isaac Lamoureux
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Le 31 janvier 2022, le ministre de la Santé du Canada, l’honorable Jean-Yves Duclos, a annoncé un investissement de 9,5 millions de dollars dans 15 projets se déroulant dans l’ensemble du pays, soit 13 projets dans le cadre du Fonds stratégique pour la démence (FSD) et 2 dans le cadre d’Investissement en matière de démence dans les communautés (IDC).

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Un financement de 681 162 $ a ainsi été accordé à RésoSanté Colombie-Britannique pour l’initiative L’Abécédaire d’un cerveau en santé. Celle-ci est mise en œuvre conjointement avec les Réseaux santé de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Yukon sur une période de 20 mois.

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Des participants partageant un repas ensemble. Crédit : Courtoisie

Des participants partageant un repas ensemble. Crédit : Courtoisie

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Première phase de cette initiative, le volet recherche visait à documenter la situation de la démence dans les communautés francophones en milieu minoritaire de l’Ouest et du Nord canadiens. Les résultats récemment publiés ont permis d’identifier les besoins de services en français pour les personnes atteintes de démence et leurs proches aidants.

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À la suite de nombreux webinaires de sensibilisation, les réseaux santé partenaires développeront ensemble des pistes de solution pour permettre aux francophones d’acquérir des outils et des connaissances concrètes afin de protéger et améliorer leur santé cognitive et prévenir l’apparition de la démence. Ces outils et ressources seront regroupés sous forme de programmes d’accompagnement.

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Réseau santé Alberta met en place six ateliers pilotes

En Alberta, le programme d’accompagnement comporte six ateliers pilotes qui seront finalement transposés dans chaque province partenaire.

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Le premier atelier-conférence a eu lieu le 7 octobre dernier. Il réunissait 12 participants, principalement membres du Club de l’Amitié de Calgary. Céline Bossé, agente-santé du RSA et coordonnatrice provinciale de l’initiative L’Abécédaire d’un cerveau en santé, a participé à l’atelier pour «s’informer de tous les facteurs de protection et les risques». Elle insiste sur le fait que ce sont les aînés qui ont conceptualisé l’atelier afin de répondre à leurs besoins.

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«On veut travailler l’activité physique, faire bouger son corps, la relaxation, le yoga, la respiration et on va avoir un atelier sur l’alimentation», ajoute Céline Bossé. Pour tous les ateliers, le RSA collabore avec la FAFA, mais Céline Bossé veut aussi impliquer la Fédération du sport francophone de l’Alberta (FSFA) afin d’aider les aînés à travailler notamment sur la respiration.

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La démence, cela se complique en milieu minoritaire

Si cette série d’ateliers a été initialement lancée pour lutter contre la démence, ce n’est pas l’unique combat que les prestataires de services doivent mener.

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En effet, les symptômes liés à la démence et la maladie en elle-même compliquent encore plus l’existence de celles et ceux qui évoluent en français dans un milieu minoritaire. «Actuellement, même si un médecin parle en français, tous les tests diagnostiques sont en anglais», dit tristement Céline Bossé.

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«Actuellement, même si un médecin parle en français, tous les tests diagnostiques sont en anglais.» Céline Bossé

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Optimiste, elle est certaine que la démarche des aînés lors de ces ateliers sera positive et génératrice de connaissances pour tous les autres groupes d’âge. Mieux informés, mieux outillés, ils seront moins stressés pour aller chercher l’information nécessaire et rencontrer leurs professionnels de la santé, tout en parlant le même langage.

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Et si cette initiative a du bon pour les patients, elle espère aussi que les résultats de l’ensemble du projet L’Abécédaire d’un cerveau en santé permettront d’augmenter aussi la présence des médecins francophones en milieu minoritaire.

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Le premier atelier, animé par Jocelyne Wandler, avait pour thématique l’équilibre émotionnel.

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Une participante qui est devenue animatrice

Adepte de la philosophie développée par Warren Redman et son approche de l’équilibre émotionnel, Jocelyne Wandler a su capter l’attention de son public lors d’une retraite à Mount St. Francis Retreat Centre, près de Cochrane.

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Cette approche comporte neuf étapes, mais pour simplifier, elle explique que «tu vas sur le côté négatif pour trouver la raison pour laquelle tu es négatif», pour ensuite trouver le positif.

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La grande différence entre l’équilibre émotionnel et la thérapie traditionnelle, «c’est que le problème m’appartient, puis la solution m’appartient», dit-elle. Elle ajoute que la solution vient de l’écoute que quelqu’un reçoit de quelqu’un d’autre. «Ce n’est pas juste une pratique pour les aînés, mais pour tout le monde», assure-t-elle.

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Jocelyne Wandler, souriant devant la beauté du centre de retraite Mount St. Francis à Cochrane. Crédit : Courtoisie

Jocelyne Wandler, souriant devant la beauté du centre de retraite Mount St. Francis à Cochrane. Crédit : Courtoisie

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Elle ne fait pas de son attachement à l’équilibre émotionnel une profession, mais elle veut redonner ce qu’elle a reçu de Warren Redman. En tant que praticienne, «j’ai toujours essayé d’être à l’écoute des gens, puis essayer de les aider à trouver leur propre solution» en écho à cette écoute qu’elle n’a jamais reçue pendant sa jeunesse. «Je n’ai trouvé personne», dit-elle avec regret jusqu’au jour où, après de nombreuses recherches, elle a fait connaissance avec les neuf étapes de bien-être émotionnel écrit par l’ancien Albertain.

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Jocelyne Wandler a vraiment apprécié cette rencontre en personne et souligne la force de l’émotion ressentie lors de l’évènement. Pendant 90 minutes, les participants ont chacun raconté une histoire à propos d’un objet, ce qui constitue l’une des étapes de l’aptitude émotionnelle. «C’était vraiment enrichissant», dit-elle avec fierté. Elle a déjà eu des retours de plusieurs participants qui l’ont remerciée pour l’importance de l’atelier.

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