Dans les Rocheuses, l’offre d’emploi est plus forte que la demande

Écrit par : Vienna Doell

19 mai 2022

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L’équipe de Fiddle River à Jasper. Crédit : Patrice Fortin
Depuis la fermeture des frontières canadiennes et leur récente réouverture, le tourisme dans les Rocheuses dépend énormément du déplacement interprovincial et international. Que cela soit pour l’achalandage de la clientèle ou la main-d’œuvre, les entreprises font des pieds et des mains pour reconquérir leur marché.

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Michel Dufresne, directeur du Centre de ressources en emploi (Job Resource Centre) à Banff et Canmore, décrit que la situation est à la fois typique, mais accentuée par la pandémie. «Le réservoir de main-d’œuvre est bien limité maintenant… c’est une sécheresse.»

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Il précise que les entreprises n’ont pas le nombre d’employés «du Québec, de l’Ontario, des Maritimes» qu’elles ont l’habitude d’avoir. «On n’a pas le trafic international non plus; ce sont les Australiens, les Néo-Zélandais, les Japonais et les Européens.» Il ajoute que ces travailleurs potentiels travaillent normalement dans des positions de premier rang avec le public. Des positions souvent difficiles.

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Des réalités différentes en fonction du lieu

Les pénuries sont également attribuées à l’incapacité des personnes de s’installer dans la région après une ou deux saisons d’emploi. «C’est une étape [de vie] difficile dans les montagnes Rocheuses, alors on est porté à perdre de la main-d’œuvre», ajoute le directeur.

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Michel Dufresne commente, «la pandémie a causé un exode d’employés partout». Si les personnes n’avaient pas d’emplois permanents dans la région de Canmore et Banff, ils sont partis et «ne sont pas revenus». Dans ces villes touristiques, les entreprises essaient encore de contrer l’exode qui s’est produit au début de 2020.

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Néanmoins, le problème dans le sud des Rocheuses ne vient pas que du manque d’hébergement. Même si les loyers sont très chers dans la région, de nombreux emplois «viennent avec l’hébergement», démystifie Michel.

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Le Centre de ressources en emploi à Banff. Crédit : Michel Dufresne

Le Centre de ressources en emploi à Banff. Crédit : Michel Dufresne

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Par contre, le problème d’hébergement dans le nord de la région paralyse la possibilité d’y vivre et d’y travailler. À Jasper. Jean-François Bussières, propriétaire de Pure Outdoors, «est personnellement touché» par ce problème. Tous les employés à Pure Outdoors doivent déjà avoir leur propre hébergement, explique l’entrepreneur. «Le manque est marqué et criant.»

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Pour lui, d’autres enjeux que la pandémie ont causé la pénurie de main-d’œuvre. «Pour obtenir des travailleurs étrangers, c’est beaucoup moins fluide que ça l’était», relate-t-il.

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D’ailleurs, selon Statistique Canada, environ 1/4 des travailleurs au Canada sont des immigrés. Dans ces conditions, les petites villes de montagne comme Jasper se battent pour maintenir un taux de travailleurs étrangers qui ont, pour la plupart, des visas temporaires.

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Des solutions qui passent par les gouvernements

Le propriétaire du restaurant Fiddle River à Jasper, Patrice Fortin, offre quatre chambres à louer pour ses employés. Alors que le loyer est payé en partie par l’employé, Patrice dit que «c’est moins cher que si l’employé reste ailleurs». Cependant, le propriétaire dit que «les gouvernements doivent rectifier le problème du logement au futur pour Jasper».

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Utilisateur expérimenté des programmes d’aide à l’embauche, Patrice reçoit de l’aide du gouvernement fédéral et du Programme des travailleurs étrangers temporaires. Ainsi, à partir de mai, il devrait avoir un nouveau chef indien pour un an et demi. Néanmoins, le restaurateur signale que de nombreuses personnes postulent à ce programme, mais que le gouvernement est lent à traiter les demandes.

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Enfin, fidèle à l’idée d’embaucher d’abord localement, l’entrepreneur s’est également inscrit au programme Alberta Jobs Now qui vise à remettre les Albertains à l’emploi. «C’est pour encourager les gens à retourner au travail.»

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Malgré les nombreux enjeux, l’espoir demeure. En effet, les jeunes du secondaire et du postsecondaire terminent sous peu leur dernier semestre d’école, ce qui augmentera le bassin de candidats pour cette saison estivale. Jean-François, Patrice et Michel espèrent que ces derniers auront de l’intérêt à trouver un emploi dans leurs charmantes villes de montagne.

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