Un bilan positif pour le rapprochement des francophonies

Écrit par : Gabrielle Beaupré

23 juin 2021

Après deux panels, six ateliers thématiques, 146 fiches de prises de notes pour aider le Québec dans sa nouvelle politique en matière de francophonie, l’heure est maintenant au bilan pour le Sommet du rapprochement des francophonies canadiennes. 

«Historique», «à répéter» et «dialogue» sont les mots qu’emploie Jean Johnson, le président de la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) lorsqu’il décrit le sommet. 

De façon virtuelle, le sommet a rassemblé près de 1000 francophones partout à travers le pays. Ce taux de participation satisfait le président de la FCFA. Bien que les rencontres informelles n’aient pas eu lieu entre les participants, la technologie a rendu possible l’événement à l’ère de la Covid-19. 

Jean Johnson, Président de la Fédération des communautés francophones et acadienne. «Les ateliers du Sommet ont été l’élément de richesse pour permettre à tout le monde de partager leur réalité.» Crédit : Courtoisie.

M. Johnson espère que les francophonies canadiennes vont continuer à se rencontrer virtuellement dans la prochaine année et qu’un deuxième rendez-vous aura lieu dans deux ans, mais de façon présentielle. Cependant, comme le Québec a exprimé son désir de connaître et de découvrir les autres francophonies, il souhaite que ce futur sommet soit dans une autre province ou dans l’un des territoires canadiens. 

Pour faire un rappel, près de 50 ans se sont écoulés depuis la dernière rencontre des francophonies canadiennes. «Le sommet est un renouveau; un point de départ de la reconstitution des francophonies canadiennes», souligne-t-il.

L’ouverture d’esprit 

La directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), Isabelle Laurin, relate être témoin de l’ouverture des Québécois. «Ils avaient la sensibilité de vouloir comprendre notamment notre architecture communautaire, notre organisation, et le fait que nous ne sommes pas en mode survie.» 

Isabelle Laurin, directrice générale de l’Association canadienne-française de l’Alberta. «Je retiens du Sommet la volonté de part et d’autre de travailler ensemble.» Crédit : Courtoisie.

Elle a également constaté l’engagement des participants et leur volonté de continuer les collaborations dans le futur. Elle nuance cependant, la suite paraît floue. Elle souhaite que tous continuent la discussion amorcée lors du sommet et que le contact soit maintenu. «On a des attentes. Je pense qu’on a tous rêver ensemble et maintenant, c’est de voir comment le tout se concrétise.» 

Quant à Valérie Lapointe Gagnon, professeure agrégée d’histoire au Campus Saint-Jean, elle affirme avoir vu la solidarité et le dynamisme des échanges entre les membres des francophonies. Elle dit que le sommet a été un point de départ pour discuter de nombreux projets. «Maintenant, il faut les voir émerger pour permettre de dynamiser les relations entre le Québec et les francophonies canadiennes. Il y a beaucoup de travail à faire pour voir naître des collaborations.»   

Peu médiatisé au Québec

Valérie Lapointe Gagnon évoque sa déception de la part des médias québécois puisque l’événement d’envergure canadienne a été peu abordé dans la province francophone. «Ce fut extrêmement discret comme réaction. Le manque de visibilité des voix des communautés francophones renforce notamment l’éloignement et le manque de connaissance.»

Le président de la FCFA explique que la non-médiatisation de l’événement «est la réalité historique des médias du Québec». Il explique que les médias québécois ont l’habitude de parler des francophonies canadiennes sans les inclure à leur discussion. 

Valérie Lapointe Gagnon, professeure agrégée d’histoire au Campus Saint-Jean. «Le Sommet a été très rassembleur.» Crédit : Courtoisie.

«Alors, c’est tout à fait naturel que les médias ne soient pas assez au fait qu’il y a une  francophonie canadienne qui peut contribuer davantage à la vitalité de la francophonie au Québec comme partout au Canada», commente-t-il. 

Afin d’améliorer les relations entre le Québec et les francophonies canadiennes, la professeure agrégée d’histoire du Campus Saint-Jean note que le sommet n’est que le début du travail. «Il faut notamment sensibiliser le Québec à la présence des francophonies canadiennes plurielles et ces dernières doivent arrêter de voir le Québec comme une menace.»

Partager