À Stony Plain, une nouvelle école francophone pour toute une communauté

Écrit par : Vienna Doell

18 octobre 2022

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Même si elle n’a pas encore été baptisée, la nouvelle école francophone du Conseil scolaire Centre-Nord a ouvert ses portes à Stony Plain pour la rentrée 2022-2023, le 1er septembre dernier. Elle accueille 69 élèves de la prématernelle à la 6e année. Shanelle Dion, sa directrice, espère que l’école devienne un nouveau lieu de rassemblement pour la communauté francophone, mais plus encore.

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Vienna Doell
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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«Il y a beaucoup de gens qui oublient que ce n’est pas juste Stony Plain», explique Shanelle Dion. Ancienne directrice de l’école Notre-Dame et enseignante depuis quinze ans, elle estime que cette nouvelle école ouvre les portes à «une belle communauté» dans le comté de Parkland, à l’ouest d’Edmonton.

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«Il y a beaucoup de gens qui oublient que ce n’est pas juste Stony Plain.» Shanelle Dion

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Les enfants qui la fréquentent pour la première fois viennent aussi de Spruce Grove et, bien sûr, de Stony Plain. L’ouverture de ces 12 nouvelles unités modulaires est ainsi un signal fort pour la communauté. D’ailleurs, elle assure qu’«au niveau du fonctionnement de l’école, ça va bien», en ajoutant que «les enfants sont contents, les enseignants sont engagés, les parents nous appuient et ils sont présents».

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L'entrée de la nouvelle École francophone de Stony Plain avec les drapeaux du Canada, de l’Alberta, du Traité 6, de la francophonie albertaine et celui des Métis. Crédit : Vienna Doell

L’entrée de la nouvelle École francophone de Stony Plain avec les drapeaux du Canada, de l’Alberta, du Traité 6, de la francophonie albertaine et celui des Métis. Crédit : Vienna Doell

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Des alentours communautaires

C’est l’heure de la récréation et de nombreux enfants s’amusent aux abords des petites maisons qui bordent l’espace vert dédié aux deux établissements scolaires de la ville. Ces élèves ne font d’ailleurs pas tous partie de l’école francophone. «C’est Stony Plain Central School et un groupe d’élèves à domicile qui sont là les jeudis», indique Shanelle. «C’est très communautaire!»

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Shanelle Dion, la directrice de la nouvelle École francophone de Stony Plain. Crédit : Vienna Doell

Shanelle Dion, la directrice de la nouvelle École francophone de Stony Plain. Crédit : Vienna Doell

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Malgré la belle saison, Shanelle est soucieuse, «il y a des choses qui ne sont pas encore terminées». Elle avoue connaître encore «de petits défis avec les fournaises». Il a été aussi essentiel de trouver un lieu couvert pour les activités sportives des élèves durant les longs mois d’hiver. «On loue le gymnase à l’autre édifice», dit-elle en pointant son doigt vers l’est. Un gymnase accessible du lundi au vendredi «sans défi d’utilisation pour les cours d’éducation physique», explique-t-elle.

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D’ailleurs, ce gymnase ne servira pas seulement pour le cours d’éducation physique, ce sera aussi un lieu de vie où l’on se retrouve pour certains évènements. «C’est le fun de réunir la communauté et aussi de répondre à des besoins de familles francophones qui ne sont pas allées dans des écoles francophones auparavant», décrit la directrice.

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Une éducatrice attachée à sa communauté

Marla Mateus est l’éducatrice de la prématernelle. «C’est ma deuxième maison», dit-elle chaleureusement en pensant aux dix petits qui sont dans sa classe cette année.

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Canado-Portugaise, Marla est née à Montréal et a travaillé pendant plusieurs années dans les Territoires du Nord-Ouest. Là-bas, elle a participé à l’ouverture de l’école francophone Boréale située à Hay River, ainsi qu’à l’école d’immersion française Joseph B. Tyrrell à Fort Smith.

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Marla Mateus, éducatrice de la prématernelle. Crédit : Vienna Doell

Marla Mateus, éducatrice de la prématernelle. Crédit : Vienna Doell

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C’est d’ailleurs avec enthousiasme qu’elle aime participer à de telles inaugurations. «Je suis une débutante de projets», s’amuse Marla. «Je me retrouve à la fin de ma carrière au préscolaire», explique-t-elle.

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En prématernelle, les jeunes enfants vivent leur première expérience d’éducation francophone à l’extérieur de la maison. Marla utilise une approche par le jeu afin de rendre le lieu le plus accueillant possible à tous les apprentissages.

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Un projet artistique réalisé par le personnel et les élèves sera bientôt exposé dans l'entrée principale. Crédit : Vienna Doell

Un projet artistique réalisé par le personnel et les élèves sera bientôt exposé dans l’entrée principale. Crédit : Vienna Doell

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Elle insiste sur l’importance d’être proche de ses élèves et de les accompagner à chaque étape. «C’est le début de l’arbre… l’arbre de la vie de l’école francophone», précise-t-elle. L’éducatrice accorde aussi une grande importance à la relation qu’elle entretient avec les enfants et leurs parents qui commencent leur première année en français avec elle. D’autant plus qu’«il y a un petit francophone dans la gang […], les autres sont tous des anglo-francos», décrit Marla.

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«C’est le début de l’arbre… l’arbre de la vie de l’école francophone.» Marla Mateus

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Et le soutien qu’elle apporte aux enfants au fil des années n’est pas passé inaperçu. Elle a souvent reçu des gestes de reconnaissance qui la touchent énormément. «Ils m’ont apporté de la “bouffe” et ils m’ont écrit de petits mots. Ils sont tellement reconnaissants!»

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Comme Shanelle Dion, Marla découvre avec bonheur que sa communauté ne s’arrête pas aux administrateurs et aux enseignants du groupe scolaire, mais elle voit que c’est «une équipe est sensationnelle!»

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Ce sentiment de communion entre les élèves et les parents vient notamment du fait qu’elle se trouvait auparavant dans une communauté anglophone. Car même si Marla a toujours apprécié son temps dans ces différentes communautés, il est primordial pour elle de s’exprimer en français. Heureuse de vivre dans un milieu francophone, Marla affirme, «je suis chez nous, je peux parler le français».

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Alain Bertrand, président de l'ACFA régionale d’Edmonton. Crédit : Vienna Doell

Alain Bertrand, président de l’ACFA régionale d’Edmonton. Crédit : Vienna Doell

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Un concert pour les jeunes et les moins jeunes

Un concert du groupe de musiciens francophones Chantal Maire et l’Onde Sonore a pris place au gymnase de la nouvelle École francophone de Stony Plain. Alain Bertrand, président de l’ACFA régionale d’Edmonton, explique que l’idée de présenter ce concert a débuté quand l’ACFA régionale a «reçu un peu de financement afin de rejoindre les aînés dans les communautés qui sont sur notre territoire, mais aussi à l’extérieur d’Edmonton».

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’ACFA régionale se mobilise pour rejoindre les communautés. «On a fait un spectacle à Beaumont au mois d’août, à la bibliothèque municipale», mentionne-t-il.
Environ une cinquantaine de personnes était présente au spectacle à Beaumont, alors qu’il n’était qu’une quinzaine à Stony Plain. «C’est un peu plus compliqué, dans le sens qu’on n’a pas de liens avec la nouvelle communauté à part l’école», explique le président.

Néanmoins, il y a de l’espoir, car l’ouverture de cette école «nous donne un genre de tremplin vers la communauté». Après tout, le président de la régionale insiste, «l’intergénérationnel, c’est toujours important, donc si on peut créer des liens entre les jeunes de l’école et les aînés locaux, c’est un bonus pour nous».

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