Une troisième vague douloureuse pour la restauration

Écrit par : Gabrielle Beaupré

30 avril 2021

Le chef cuisinier du bar Von Der Fels, Doug King (à gauche) et son propriétaire Will Trow (à droite). Crédit: Ryan Blades Photography.

Les restaurateurs doivent à nouveau relever leurs manches en raison de la fermeture des salles à manger depuis le 9 avril dernier. Olivier Raynaud, copropriétaire du restaurant Rouge à Calgary et Will Trow, propriétaire du bar Von Der Fels à Calgary, s’indignent contre le fait que le gouvernement provincial joue constamment au yo-yo avec la fermeture et la réouverture des salles à manger. 

«Le plus dur, c’est le fait que chaque fois qu’il faut qu’on ferme, ça nous coûte de l’argent. On est obligé de mettre des employés au chômage et lorsqu’on rouvre, il faut réemployer. Certains ne reviennent pas, donc il faut faire de la formation», souligne Olivier.

Avec le nombre de cas et d’hospitalisations en hausse, les deux propriétaires ne se disent pas surpris de l’intervention du gouvernement. Des bruits de coulisse circulaient déjà une semaine auparavant. 

Des rumeurs concrétisées 

«J’avais entendu d’une bonne source que si les chiffres continuaient à monter ainsi, le gouvernement n’aurait pas le choix d’installer des mesures de restriction [comme dans les autres provinces canadiennes]», raconte Will Trow.  

Afin d’éviter le gaspillage d’aliments, le propriétaire du bar Von Der Fels relate avoir indiqué à son chef d’attendre la dernière minute avant de passer ses commandes de nourriture pour la fin de semaine du 9 avril. Le mardi précédent, les mesures de restriction étaient annoncées. 

«On a été chanceux, on s’était préparé. Moi, je me sentais mal pour les restaurants en Colombie-Britannique. Eux, ils n’ont pas eu 48 heures, mais 24 heures», explique-t-il. En effet, dans l’autre province aucun signe avant-coureur n’a validé la fermeture des restaurants par le gouvernement de la Colombie-Britannique, «du jour au lendemain, tout a fermé. Ils sont tous restés avec leurs commandes ». 

L’alternative des terrasses

Olivier Raynaud se dit privilégié puisque son restaurant a une grande terrasse combinée à un jardin. Cependant, il indique que pendant la première fin de semaine de l’application du nouveau règlement, la température n’était pas clémente. Le froid a fait fuir les clients puisque seulement 12 couverts ont été servis le samedi, une journée normalement achalandée.

Le copropriétaire du restaurant Rouge, Olivier Raynaud. Crédit: Courtoisie.

Quant à Will Trow, son bar ne dispose pas de terrasse. Il ne peut donc pas tirer avantage de ce nouveau règlement. Il affirme que la situation est frustrante pour lui, puisque lorsqu’il se promène en ville, il voit de nombreuses personnes assises en terrasse sirotant de l’alcool. «Nous, on n’a pas accès à une terrasse, donc présentement nos ventes d’alcool sont presque à zéro et c’est quasiment la moitié de nos ventes habituelles». 

Des menus adaptés

La nourriture fine du bar Von Der Fels ne se transporte pas très bien en commande en apporter. Alors, dès l’éclosion de la pandémie, le bar a décidé d’offrir un menu complètement différent en s’inspirant d’un restaurant thaïlandais en Oregon, afin de s’adapter à la situation.  

«Mon chef a un peu une inspiration asiatique dans ses plats, donc ce n’était pas si bizarre de changer notre menu. Les gens ont adoré ça et c’est super populaire». Cette fois-ci, le bar a repris les 4 plats les plus appréciés lors des deux dernières vagues de pandémie. 

Parallèlement, Olivier mentionne que Rouge est «un restaurant un peu gastronomique. Les gens ne pensent donc pas à nous pour faire du plat à emporter». Cependant, ils ont décidé de faire autrement en proposant le «eat meal kit» depuis l’Action de grâce : une boîte repas comprenant une entrée, un plat de résistance et un dessert pour deux personnes, disponible le vendredi et le samedi.  

Comparativement au début de la crise sanitaire, Will Trow et Olivier Raynaud savent où ils s’en vont puisque les deux propriétaires ont commencé à zéro dans la commande en apporter. Will se rappelle : «La première fois, on n’avait pas de système pour commander en ligne. Maintenant, on a le site web et les gens peuvent commander en ligne».

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