Piloter à vue la saison artistique, une affaire très virtuelle

Écrit par : Arnaud Barbet

9 avril 2021

À l’Unithéâtre comme au Centre de développement musical, le premier semestre 2021 prend des allures de défis. Après une année d’adaptation à la pandémie, des investissements humains et technologiques, chaque organisme poursuit sa mission avec passion : faire vivre la langue française et l’identité franco-albertaine à travers les arts.

Sur les traces de son grand-père, Vincent Forcier a pris les rênes artistiques de l’Unithéatre l’été dernier, en pleine pandémie. « Ce fut un tourbillon ! Tous les projets ont été annulés en présentiel, le passage au virtuel a été un peu trop vite, et souvent difficile », raconte-t-il. Depuis, son quotidien n’a été qu’apprentissage et planification pour offrir le meilleur à son public dès février.

Vincent Forcier prépare les costumes pour une prochaine représentation. Crédit : courtoisie 

Un apprentissage partagé par Matthieu Damer, le directeur général du Centre de développement musical. 2020 a été pour lui une succession d’essais-erreurs qui a offert au public des spectacles en ligne de belle qualité. « Grâce au Web, nous avons eu une belle visibilité de ce que nous produisons, mais aussi du travail effectué en amont avec les artistes », explique-t-il. Enthousiaste, il convient tout de même que l’année 2021 restera virtuelle.

Face à l’inconnu, les scénarios s’adaptent

Matthieu Damer ne voit pas vraiment de changement avant l’été, lui et son équipe vont donc continuer à proposer leur programme 2.0. « Après de longs mois, nous avons l’expertise et les équipements pour mettre un grand nombre d’activités en ligne ». Polyfonik, la Chicane Albertaine et bien d’autres seront offerts dans un format innovant, différent, « mais toujours au plus proche du public et des artistes ».

De son côté, Vincent Forcier, saluant au passage le support inconditionnel de la communauté, signe une programmation jusqu’à fin juin. « Nous offrons une mini saison avec des spectacles parfois bilingues, “Covid Proof”, sensoriel, devant l’écran et bien évidemment en salle si cela devient possible », dit-il enthousiaste.

« Il est difficile de prévoir l’avenir, alors il faut penser au plan A, B et C. Une folie furieuse qui dans l’adversité nous oblige à la créativité ». Du présentiel au virtuel : un artiste malade et l’on change le spectacle à la dernière minute, ou il est simplement annulé, c’est aujourd’hui le quotidien d’un grand nombre de dirigeants d’établissements artistiques.

L’art malmené pour la santé de tous

« Notre façon de consommer les produits culturels a beaucoup évolué ces derniers mois. Le présentiel a disparu, mais il est dans tous les esprits », assure Vincent Forcier. Il invite d’ailleurs son public à venir partager sur tous les réseaux sociaux du théâtre un petit mot, à défaut de venir leur rendre visite. Persuadé que cette pause culturelle ne durera pas, il salue les efforts faits par la population et sait que cela va renforcer les liens de la communauté franco-albertaine et son identité.

Vincent Forcier aux commandes pendant l’enregistrement d’une lecture. Crédit : courtoisie Vincent Forcier.  

Lorsque l’on évoque le débat concernant l’aspect non essentiel de la culture vis-à-vis des dispositions gouvernementales anti-pandémiques, Matthieu Damer l’assure, « le débat ne date pas d’hier ». Compréhensif envers les mesures prises par le gouvernement, il est optimiste pour la suite. Dès la réouverture des salles, « le désir d’y retourner va être incroyable, c’est certain ! » Il encourage d’ailleurs la communauté à consommer, mais aussi à pratiquer la musique, d’une façon ou d’une autre même s’il comprend qu’une partie de la population n’est pas prête à apprendre la musique derrière son écran après 8 h de télétravail ou de cours virtuels.

Dans la musique ou le théâtre, tous deux s’entendent pour dire que le manque de visibilité sur l’avenir est peut-être la situation la plus difficile à vivre. En tant qu’artiste bien sûr, mais aussi lorsque l’on dirige un organisme artistique dont la mission première est de faire vivre le fait francophone en milieu minoritaire.

Unithéâtre, demandez le programme !

• La Plume Parlante : Ateliers d’écriture dramatique en virtuel. Des sessions de groupe à toutes les deux semaines commencent en mi-février. Inscriptions sur le site web

• Café Engagement Publique : Faites la jasette avec les membres du C.A et l’équipe de l’UniThéâtre. Une fois par mois. Plus d’informations à venir.

• Une Soirée avec Lucy Darling (27 et 28 février) : Spectacle comique de magie en virtuel avec la fameuse Lucy Darling / https://www.thelucydarling.com/

• La Boîte Sensorielle (en mars) : Le billet pour le spectacle est une boîte avec plusieurs objets à l’intérieur pour faire travailler ses sens. Version anglaise en coproduction avec Ghost River Theatre de Calgary.

• À Voix Haute (en avril) : Lectures publiques sur le thème de la diversité.

• PINS (17 au 20 juin), de Julia Ouellette-Seymour : Pièce semi-communautaire, semi-professionnelle, mise en scène par Steve Jodoin. La rénovation de l’aréna de curling dans une petite communauté rurale.

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