Godot, du théâtre en vidéoconférence

Écrit par : Gabrielle Beaupré

12 juin 2021

La pandémie a été une source d’inspiration pour le directeur artistique de l’Unithéâtre afin d’adapter la pièce de théâtre de Samuel Beckett, En Attendant Godot. Elle s’intitule désormais, Une exploration: En attendant. Elle sera présentée en ligne du 17 au 20 juin prochain. 

Ces derniers mois, Vincent Forcier a constaté un manque de connexion de la communauté franco-albertaine, ainsi qu’une baisse d’entrain envers les activités communautaires. «Cette année, peut-être plus que jamais, il nous faut préserver le théâtre», soutient-il. Il a ainsi pris la décision de produire une œuvre en la diffusant de façon virtuelle lors des représentations. 

Lors de sa réflexion, il se questionne, «quelle serait la pièce que je pourrais produire qui parle de comment on se sent tous en ce moment?» Cette période que l’humanité traverse depuis plus d’un an se résume à attendre notamment le vaccin, de revoir nos amis et notre famille, la prochaine sortie au restaurant, etc.

Pour Vincent Forcier, le directeur artistique de l’Unithéâtre, il était important d’impliquer plusieurs membres de la communauté dans l’adaptation de la pièce. Crédit: Courtoisie

La pièce En Attendant Godot de Samuel Beckett écrite en 1949 est alors devenue un choix évident. Vincent Forcier indique qu’à la lecture de celle-ci, on peut imaginer son déroulement temporel à n’importe quelle période. Alors pourquoi pas aujourd’hui !   

La notion du temps, une valeur universelle

Vincent Forcier mentionne que la ligne directrice est une exploration de l’attente. L’histoire de deux personnages qui ne font qu’en attendre une troisième. Ils l’attendent si longtemps qu’ils en perdent la notion du temps.

«C’est une pièce qui est très adaptable parce qu’elle est surréelle. On ne comprend pas exactement où les personnages se situent dans le temps, eux-mêmes ne comprennent pas», explique-t-il.  

Alors, dans l’objectif d’impliquer la communauté francophone, le directeur artistique a choisi d’adapter la pièce et lui donner un angle albertain grâce à ses metteurs en scène tout en gardant sa ligne directrice, l’attente.  

Pour réaliser la pièce, Vincent Forcier a divisé celle-ci en quatre partitions et fait appel à quatre metteurs en scène différents: Joey Lespérance, Nicole St-Martin, Valécia Pépin et Gab Gagnon. 

Valécia Pépin, l’une des quatre metteurs en scène de la pièce, Une exploration: En attendant. Elle est très contente de retrouver le théâtre puisqu’elle s’en était beaucoup ennuyée pendant la pandémie. Crédit: Gabrielle Beaupré

Provenant de diverses communautés et de différentes tranches d’âge, ils «ont vu le monde de différents points de vue. C’est donc intéressant d’y découvrir quatre perspectives différentes».

Une première hors du commun

Valécia Pépin, passionnée de théâtre, a voulu s’impliquer dans cette pièce et dans sa mise en scène, «pour savoir ce que c’est de créer une pièce via zoom». Après l’exercice, elle affirme que c’est «complètement capoté». Selon elle, c’est une occasion qui se ne présente qu’une seule fois dans la vie, elle devait donc y participer. 

Bien que la pièce soit proposée à quelques reprises sur zoom, Valécia indique que celle-ci sera préenregistrée. «Il y aura moyen de faire du montage si besoin». Elle n’a pas voulu en révéler davantage sur sa mise en scène. Elle explique néanmoins que celle-ci est dynamique et que le mouvement des acteurs est omniprésent. 

«Je veux m’assurer que mes acteurs bougent et qu’on les voient bouger. Qu’ils disent le plus de répliques debout et qu’aussitôt qu’il y a du mouvement dans le texte, qu’ils l’exécutent», explique-t-elle. Une façon importante pour elle de garder l’attention du spectateur même si celui-ci se trouve derrière son écran d’ordinateur.  

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