L’histoire des Francophones au Yukon sera préservée

Écrit par : Aurore Boréale

16 mai 2021

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Yann Herry est un passionné d’histoire et a d’ailleurs fait sa maitrise sur l’histoire francophone du Yukon, dont les photos d’archives sont désormais affichées le long des murs du Centre de la francophonie. Crédit : Courtoisie

Le Yukon emboite le pas au Manitoba, à la Saskatchewan et à plusieurs autres provinces et se dote d’une Société d’histoire francophone, pour étudier, conserver et mettre en valeur l’histoire et le patrimoine francophone du Yukon.

Laurie Trottier – L’Aurore boréale

Dans une centaine de cartables remplis de brochures de journaux et de calepins de toutes sortes se cache un pan de l’histoire des francophones. Une trentaine de caisses et de valises contiennent quant à elles des artéfacts, et une vingtaine de bacs débordent de documents non classés, de photos non identifiées. 

Cette impressionnante collection a été amassée au fil du temps par une seule personne, soit l’historien et professeur Yann Herry. Si celui-ci se décrit comme un passionné d’histoire, il est persuadé que d’autres bribes du patrimoine francophone se retrouvent un peu partout à travers le territoire, dans des bibliothèques éparses ou même… dans des boites à chaussure.

Le 7 avril dernier, l’idée (qui germait depuis longtemps) d’avoir une société historique francophone au Yukon prend forme, née d’un désir de créer une base de données et de rendre l’information sur l’histoire de cette communauté accessible à tous. 

Plus qu’une collection d’archives, la Société d’histoire francophone du Yukon (SHFY) se veut un espace d’échanges intergénérationnel où les gens pourraient venir raconter leurs histoires, échanger et même «élaborer certaines théories sur la provenance de certains francophones», explique Yann Herry.

Les priorités des prochains mois sont d’ordre administratif : démarche pour l’ouverture d’un compte bancaire, création d’un logo, envoi de demandes de financement, et préparation de l’assemblée générale annuelle. 

Mais cela n’empêche pas Yann Herry de rêver. Plus tard, il aimerait qu’un musée de la francophonie soit inauguré, avec une galerie d’exposition permanente. 

«Mais ça, on ne voit pas ça avant 10-15 ans», s’exclame-t-il en riant. À moyen terme, la SHFY veut développer des projets entre les jeunes et les ainé.e.s, ainsi que des partenariats avec les sociétés historiques anglophones et les écoles francophones au Yukon.

Fouiller dans les archives

La société travaillera ainsi à récupérer des archives, ce qui est un véritable «travail de moine», selon Yann Herry. Lorsqu’une personne souhaite en savoir plus sur sa descendance au territoire, Yann Herry parcourt d’abord les tomes «empreinte», contenant 2 500 noms d’individus, puis se met à éplucher les classeurs qu’il a créés lui-même.

Selon lui, cette démarche parle d’elle-même : il faut que ces archives soient faciles d’accès et classées de manière appropriée. 

«On va pouvoir créer une base de données. On va essayer d’employer des gens l’été et d’avoir des projets pour faire des catalogues. On va aussi être en collaboration avec Archives Yukon», ajoute Yann Herry. 

Celui qui a déjà publié un livre sur la vitalité de la francophonie au territoire a toujours voulu créer une organisation comme celle-ci. La retraite lui permet désormais d’y consacrer plus de temps.

La curiosité comme leitmotiv

L’équipe peut compter sur une dizaine de bénévoles aux talents diversifiés. «On a des gens qui travaillent dans le domaine de l’histoire et qui sont prêts à aider et d’autres un peu plus en périphérie qui sont intéressés à développer des projets et à faire des recherches sur leurs familles», explique Yann Herry. 

Pour l’instant, le conseil d’administration est formé de Yann Herry à la présidence, Sylvie Binette à la vice-présidence et Édith Babin au secrétariat et à la trésorerie.

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