Zoong Nguyen Sie-Mah, portraitiste du monde

Écrit par : Mélodie Charest

14 avril 2021

Bien que timide de parler d’elle-même, Zoong Nguyen Sie-Mah mène une vie trépidante. Après avoir immigré au Canada à l’âge de 15 ans, l’artiste peintre a vécu dans plusieurs provinces canadiennes (Québec, Ontario, Alberta), aux États-Unis, en Arabie Saoudite et elle en passe ! C’est tout de même à Calgary, où son mari et elle posent leurs valises en 2005, qu’elle commence sa deuxième carrière artistique. 

« J’ai soif de tout ! Je vois la beauté partout ! », déclare Zoong dans un élan d’enthousiasme. Une beauté qu’elle nourrit avec voracité en peignant des natures mortes, des portraits ou des scènes de vie quotidienne. 

Elle raconte ses souvenirs d’enfance et la manière dont son besoin de créer s’est épanoui. « Durant mon enfance, durant la guerre, tout était supprimé. Il y avait des morts et des tanks, l’art était là, mais personne n’avait le temps ou le budget. On ne consommait pas beaucoup l’art. Maintenant, j’ai tout pour me remplir. Je suis comme un vase ! » 

« Les arts pour les immigrants ne sont pas quelque chose de trop encouragé. Les artistes sont toujours ceux qui ont le plus faim et mes parents m’ont découragé à faire ça ». Maintenant que la carrière de son conjoint est plus établie et que ses enfants sont plus grands, elle décide de lancer sa carrière d’artiste avec Levon, son chien qu’elle a nommé assistant. 

Zoong a perfectionné sa peinture de portraits pendant le confinement de la COVID-19. Elle a réalisé différents défis, dont celui de peindre 100 portraits en 100 jours. Crédit: courtoisie Zoong Nguyen Sie-Mah.

« Deuxième carrière »

Son mari est programmateur, un métier qui amène Zoong et leurs deux filles à déménager fréquemment, et ce, aux quatre coins du globe. Malgré ses innombrables déplacements, elle transporte un intérêt et un amour pour les arts qu’elle qualifie d’« innés ». 

Lors de leur passage à Huntsville (Alabama, États-Unis), Zoong décide de suivre un cours de graphisme, ce qui marque la première étape de sa carrière artistique professionnelle. C’est pourtant à Calgary, en 2005, que la graphiste décide de troquer la souris et l’écran d’ordinateur pour le chevalet et les pinceaux. Ainsi, commence sa « deuxième carrière d’artiste ».  

Elle juge sa carrière plus grégaire que le précédent poste qu’elle occupait et elle s’en réjouit. Elle a rejoint quelques groupes d’artistes en Alberta comme la Fédération Canadian Artistes, Alberta Society ou bien le Centre Leighton d’Art.

Elle parle avec amour des moments à peindre côte à côte des autres artistes qu’elle a rencontrés au fil des ans, mais aussi des artistes francophones : « Je connais beaucoup d’artistes francophones. Ça fait du bien ! »  

Dans un curriculum vitae que l’artiste a partagé avec le journal Le Franco, nous apprenons que l’artiste a vu son style de peinture muter au fil de son expérience. « Mon style a progressé du réalisme à l’impressionnisme utilisant les médias mixtes, du collage ou du gel. Cette progression m’a permis d’approfondir la technique de mélange des couleurs pour en appliquer plus intentionnellement tout en jouant, sur l’épaisseur des coups de pinceau. » Crédit : courtoisie Zoong Nguyen Sie-Mah.

Une jeune carrière haute en couleur 

Le curriculum vitae de madame Nguyen est assez étoffé. Dès 2007, elle expose ses œuvres, avec d’autres artistes, au Centre d’arts visuels de l’Alberta (CAVA) dans la capitale albertaine. Après s’être taillée une place dans la communauté artistique en participant à d’innombrables projets et expositions dans la province, elle déniche une bourse d’Expérimentation de la Calgary Art Development Agency en août 2017 et une bourse du RAFA, en décembre 2020, pour améliorer la publicisation de ses œuvres (site web et boutique en ligne).   

L’importance des arts et de la force tranquille de la communication dans les œuvres sont incontestables pour Zoong. « Des fois, les gens sont occupés dans le train-train de leur vie, ils voient une œuvre d’art et ça les touche, parce que ça dit exactement ce qu’ils pensent, sans qu’ils en soient conscients. L’artiste a su toucher leurs états d’âme à ce moment-là ».

Les œuvres de Zoong sont collectionnées partout dans le monde : au Canada, à Singapour, à Hong Kong et aux États-Unis. Crédit: courtoisie Zoong Nguyen Sie-Mab.

Communiquer par les pinceaux, mais aussi par la langue de Molière

Son amour pour le français et la francophonie ne font aucun doute. Elle se rappelle de ses années passées à Brossard, en banlieue de Montréal, mais aussi de ses études collégiales au Cégep de Saint-Laurent et de ses études en business à l’Université Concordia où elle s’est immergée dans la culture francophone. 

« J’ai grandi dans un milieu francophone au Québec, on n’oublie pas ses sources ». Dans ce sens, Zoong précise qu’elle a conservé sa langue maternelle, soit le vietnamien, mais considère le français comme sa « presque langue maternelle ». 

C’est d’ailleurs la place et la vitalité de la communauté franco-albertaine qui l’ont touché particulièrement lorsqu’elle arrive à Calgary. « Pendant mes déménagements, je ne connaissais pas du tout les francophones. Où j’étais, il n’y avait pas de francophones qui formaient une communauté. Rendue en Alberta, oh là là ! C’était une joie de voir une communauté si organisée, une communauté si forte ». 

L’artiste tente toujours de se dépasser et sortir de sa zone de confort en intégrant de nouveaux médias à sa pratique artistique. Elle peint tout de même avec un style bien personnel qui se rapproche de l’impressionnisme. Crédit : Courtoisie Zoong Nguyen Sie-Mah.

Note : Les curieux peuvent consulter le site web de l’artiste à l’adresse suivante : https://www.zoong.ca/ 

et visitez son profil Instagram :  @zoong.ca.art

  • Avenue internationale

Zoong Nguyen Sie-Mab participe au projet de la ville de Calgary « International Avenue BRZ ». Ce projet, toujours en cours de construction, regroupe onze artistes pour l’élaboration de cinq installations tout au long de la 17e avenue sud-est à Calgary. 

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