le Dimanche 1 février 2026
le Dimanche 1 février 2026 12:02 Chronique sportive

La «Bataille» de l’Alberta, un événement qui sculpte la province

La bataille de l’Alberta, illustration Andoni Aldasoro. Archives - Le Franco
La bataille de l’Alberta, illustration Andoni Aldasoro. Archives - Le Franco

Pour comprendre ce que le hockey sur glace représente vraiment, il suffit de se tourner vers la grande province de l’Alberta. Une rivalité divise la province, entre la capitale, Edmonton, et la ville la plus peuplée, Calgary. Sur le plan économique, sur le plan politique et sur le plan de la qualité de vie.

La «Bataille» de l’Alberta, un événement qui sculpte la province
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Je m’appelle Louis Vialaneix et je suis un lycéen de 11e année à la Western Canada High School, à Calgary. Malgré avoir découvert le hockey sur glace depuis peu d’années, j’ai immédiatement été captivé par ce sport extrême. Pour moi, le hockey, c’est plus que des statistiques, c’est aussi une culture et une identité qui varient de ville en ville.

Mais depuis l’année 1980, quand l’équipe des Flames de Calgary (auparavant les Flames d’Atlanta) est apparue sur la scène du hockey en Alberta,  les tensions n’ont jamais été aussi présentes avec sa rivale, les Oilers d’Edmonton, présente dans le championnat LNH depuis 1979, mais dont la création date de 1971. 

Calgary depuis de nombreuses années

La rivalité entre les deux villes va bien au-delà du nombre de buts ou du score à la fin de chaque match. Il s’agit aussi de fierté, de passion et de loyauté. 

Cette compétition entre les deux villes albertaines ne date pas de leur rivalité «hockeylistique», elle a toujours existé. Mais soudainement, avec l’arrivée des Flames, Calgary vs Edmonton est devenu le feu contre le pétrole. 

Deux équipes, deux mentalités, deux rancœurs prêtes à s’affronter et à prouver qui est la meilleure.

La rivalité entre les deux villes va bien au-delà du nombre de buts ou du score à la fin de chaque match. Il s’agit aussi de fierté, de passion et de loyauté. 

— Louis Vialaneix

Des nouveaux espoirs

Au début des années 1980, les Oilers de Wayne Gretzky brillent dans les yeux des fans, alors que les Flames de Lanny McDonald essaient de prouver leurs valeurs. 

Au final, les équipes albertaines ont gagné 6 des 8 finales de la Coupe Stanley entre 1983 et 1990. Les Oilers en 1984, 1985, 1987, 1988 et 1990, alors que les Flames l’ont emporté en 1989. Cette période a forgé plus que des souvenirs, elle a sculpté la présence et l’importance du hockey en Alberta.  

Depuis ces années, les deux équipes albertaines n’ont pourtant jamais embrassé de nouveaux succès. 

Le calme après la tempête 

Les années 2000 n’ont pas vu de grands résultats pour les deux équipes. Leurs résultats fluctuent, les équipes changent et la magie commence à s’éteindre. 

Quelque années plus tard, Calgary affronte Tampa Bay dans la finale de la Stanley Cup en 2004. Les Flames étaient prêts à raviver la flamme du hockey en Alberta et à ramener la Stanley Cup, grande absente depuis 1990. Mais malheureusement, le Lightning de Tampa Bay a soufflé les espoirs calgariens, alors qu’en 2006, les Oilers les perdaient contre les Hurricanes. 

Malgré ces défaites toujours présentes dans le cœur des fans, une vingtaine d’années plus tard, les deux équipes se réinventent en recrutant de nouvelles vedettes. Connor McDavid pour Edmonton, Matthew Tkachuk et Johnny Gaudreau pour Calgary. Ces nouveaux joueurs ont donné un nouveau souffle à ces deux formations et les ont aidées à s’améliorer à grande vitesse. 

Pendant le deuxième tour des séries éliminatoires en 2022, étant un fervent supporteur des Flames, j’aurais aimé les voir remporter la victoire contre les Oilers. Cependant, l’équipe d’Edmonton, composée de joueurs supérieurs, a battu les Flames. Cette série de cinq matchs a ravivé la rivalité et divisé la province comme jamais. 

Cette victoire a été la première marche pour les Oilers avant leurs deux participations consécutives à la finale de la Coupe Stanley en 2024 et 2025. Mais à ce jour, Edmonton est toujours en quête d’une nouvelle Coupe Stanley à ajouter à sa collection. 

Une fierté à partager

La «Bataille» entre les capitales du hockey albertain ne se joue pas que sur la glace. Elle s’invite aussi dans les salles de classe, au travail, dans les cafés et jusque dans la rue. 

Cette rivalité est aussi présente dans les familles qui se taquinent en portant fièrement le maillot de l’équipe qu’ils supportent, entre maris et femmes qui défendent leur ville d’origine et, aussi, entre amis qui prennent des paris.

Et la presse, la radio et les médias font toujours monter la température en les comparant et en invitant leurs représentants à prendre parti pour l’une ou l’autre.

Mais finalement, cette division les unit plus qu’elle ne les sépare. D’ailleurs, que ce soit à Calgary ou à Edmonton, les fans de hockey se disent juste des supporteurs de l’Alberta, contents de voir leur province briller dans le monde du hockey.

Plus qu’un simple match

De génération en génération, la «Bataille» de l’Alberta fait frissonner des millions de personnes et fait battre le cœur des joueurs à chaque match. Cette compétition les pousse à se dépasser, à constamment vouloir s’améliorer, pour que leur équipe soit meilleure que sa voisine. C’est cette énergie forte et réjouissante qui fait du hockey une fierté locale. 

Que l’on soit fan du rouge des Flames ou du bleu des Oilers, au final, on célèbre tous la même victoire, celle d’une passion éternelle.

Cette année dans la division Pacifique, les Oilers ont pris l’ascendant sur les Flames au classement général. La saison est encore longue, mais il semblerait que les Oilers participeront aux séries, c’est beaucoup moins certain pour les Flames.

Glossaire – Éternel : qui n’a pas de fin