le Mardi 21 mai 2024
le Mercredi 11 octobre 2023 13:37 Arts et culture

Une rentrée artistique francophone prometteuse dans la capitale

Un concert d'Opus@12 dans la rotonde de La Cité francophone. Photo : Courtoisie
Un concert d'Opus@12 dans la rotonde de La Cité francophone. Photo : Courtoisie
(IJL-RÉSEAU.PRESSE-LE FRANCO) - Des acteurs de la communauté artistique d'Edmonton entament leur rentrée et proposent une panoplie d'événements culturels jusqu'en juin prochain. L'UniThéâtre, le Centre d'arts visuels de l'Alberta et Opus@12 dévoilent une programmation variée dans la langue de Molière.
Une rentrée artistique francophone prometteuse dans la capitale
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Steve Jodoin directeur artistique et général de l’UniThéâtre. Photo : Capture d’écran – lunitheatre.ca

L’UniThéâtre, la seule compagnie de théâtre francophone professionnelle en Alberta, entame sa 31e saison. Au programme, trois pièces tout public et un spectacle pour enfants. Son directeur artistique et général, Steve Jodoin, est enthousiasmé par cette sélection «plus légère que par le passé». «On a une belle palette de spectacles, je trouve, cette année, s’exclame-t-il. Ce sont des shows qui sont plus personnels, plus touchants, les choses sont plus drôles.»

Il cite, par exemple, Vaches, the musical, une comédie musicale programmée à la fin de mars. Conçue à Ottawa par deux dramaturges franco-ontariens, elle raconte l’histoire vraie d’un fermier qui a tenté de sauver ses vaches pendant la crise du verglas qui a dévasté l’Est canadien en 1998. Originaire du Québec, Steve s’en souvient comme si c’était hier. «Moi, j’étais à Montréal. On vivait dans un deuxième étage, en appartement. À Montréal, [il y a] des escaliers qui tournent […] et on ne pouvait pas descendre parce qu’il y avait tellement de glace partout!»

Comédien depuis plus de 20 ans, Steve a également hâte de monter sur scène en mai 2024. «Je vais jouer dans la pièce de Trout Stanley», une œuvre surréaliste se déroulant dans le nord de la Colombie-Britannique, qui sera présentée en collaboration avec le Théâtre Niveau Parking de Québec. Écrite originalement en anglais par la Torontoise Claudia Dey, la pièce sera interprétée pour la première fois en français.

Cet esprit de collaboration imprègne la saison entière. Les première et dernière pièces de la saison seront montées par le Théâtre La Seizième, de Vancouver, un partenaire de L’UniThéâtre depuis des années. Michel(le) qui était prévue du 26 au 28 octobre a été reportée «pour des raisons de santé affectant son créateur» Joey Lespérance aussi le seul comédien dans cette pièce engagée sur l’acceptation des différences dans les années 1960 et 1970.

L’UniThéâtre communiquera les nouvelles dates très prochainement alors que Steve Jodoin par par voie de communiqué de presse remercie son public pour son indulgence et s’exprime sur la situation. «Parfois drôle, parfois déchirante, cette histoire saura toucher bien des gens et j’ai bien hâte que vous puissiez y assister. La santé est ce qu’il y a de plus important et, au nom de toute l’équipe de L’UniThéâtre, j’aimerais souhaiter à Joey un prompt rétablissement».

La compagnie de théâtre sera de retour à Edmonton le 9 juin pour présenter La Befana, une pièce pour enfants qui s’articule autour des légendes du nord de l’Italie et des sorcières.

Fabienne Mamane-Virani est la directrice artistique du Centre d’arts visuels de l’Alberta. Crédit : Courtoisie

Amateurs et professionnels exposent au CAVA

La galerie d’art francophone prévoit une programmation continue dans ses deux salles d’exposition tout au long de l’année. Dans l’Espace membres, on retrouve les œuvres des artistes franco-albertains et francophiles membres de l’organisme. Différents médiums y sont proposés : on pourra y découvrir des peintures, des dessins et aussi des photographies. Le public peut d’ailleurs se procurer ces œuvres qui sont mises en vente.

La seconde salle d’exposition, l’Espace exploration, abrite des installations présentées par des artistes de tout le Canada et mettant en valeur bien d’autres médiums artistiques. «On a une succession d’artistes qui changent toutes les sept semaines», atteste Fabienne Mamane Vivani, directrice générale du CAVA. Le public a donc toujours quelque chose de nouveau à découvrir.

Jusqu’au 17 octobre, le public peut y admirer l’exposition Faire face, une vitrine mettant en valeur les céramiques de Bonnie Gilmour et de Charley Farrero, tous deux originaires de Saskatoon. Au travers de leurs œuvres, ce couple explore des enjeux sociaux tels que l’injustice, les différences de classe, le colonialisme, notamment avec les écoles résidentielles, mais aussi l’exploitation pétrolière. Ils ont également façonné un bon nombre de gargouilles en argile, inspirées de l’architecture française, qui occupent le centre de la salle.

Parallèlement, dans l’Espace membre à côté, la thématique s’inspire de la saisonnalité. Lors du vernissage de Mouvement, lumière et profondeur de la nature, le 21 septembre dernier, la peintre Mariam Qureshi a dévoilé son goût pour les images et les couleurs d’automne. Grâce à l’acrylique et à l’huile, elle sublime les teints orangés de la saison et la nudité des arbres.  

D’autres créations ont aussi leur place. Lors de la soirée du 14 septembre, trois artistes edmontoniennes ont fait leurs propres vernissages. Camille Paris partage avec le public ses dessins floraux monochromes, Denise Lauzon Dempsey, des clichés de nature, alors que Rachel Barthélemy exploite les natures mortes en exposant divers objets sur canevas. Ces artistes sont à découvrir jusqu’au 17 octobre.

«On essaie d’avoir une toile de chaque artiste qui est actif au CAVA et on fait des rotations», précise la directrice générale du CAVA. Un rythme qui encourage les gens à revenir souvent à la galerie d’art francophone. «On veut rester dynamique, actif et divers.»

Rock Larochelle, cofondateur et directeur de l’ensemble Opus@12. Photo : Courtoisie

La musique de chambre s’installe à La Cité

L’orchestre de musique de chambre Opus@12, composé entièrement de bénévoles, continue sa tradition de concerts gratuits dans la rotonde de La Cité francophone. Un jeudi par mois, une dizaine de musiciens se rassemblent à midi pour jouer des mélodies célèbres et des airs moins connus devant un auditoire passionné. De Bach à Haendel, ces spécialistes mettent en valeur la musique de la Renaissance, de l’époque baroque à aujourd’hui.

Fondé en 2011, «c’est un réseau de 143 musiciens», explique Rock Larochelle, cofondateur et directeur de l’ensemble. Flûtiste chevronné, il est heureux d’entamer une nouvelle saison qui comprendra neuf concerts de septembre à juin (à l’exception de janvier). «En général, c’est tellement difficile de rassembler les musiciens pendant l’été», admet-il. L’organisme sans but lucratif déploie un portail électronique permettant aux membres de s’organiser selon leur disponibilité. «C’est à eux de configurer leurs groupes», note Rock.

Cette année encore, divers instruments raviront les oreilles des spectateurs. Violon, hautbois et clavecin sont des incontournables de la musique baroque. Les concerts ont lieu à l’heure du lunch, alors que celles et ceux qui fréquentent La Cité francophone sont en plein mouvement. L’ambiance reste donc détendue. 

Selon Rock Larochelle, ces concerts informels attirent des personnes qui ne peuvent pas assister facilement à des événements semblables, surtout les aînés. «C’est abordable pour le monde aussi», ajoute-t-il en soulignant la gratuité des concerts en comparaison avec ceux offerts par d’autres ensembles philharmoniques. 

Le prochain concert d’Opus@12 aura lieu le 26 octobre. Rock Larochelle indique, de plus, une cerise sur le gâteau en décembre, «d’habitude, à Noël, on amène tout un orchestre symphonique!»

Glossaire – Abordable : qui est d’un prix accessible à tous