Ce texte propose une réflexion critique sur l’identité sexuelle et sur les débats contemporains qu’elle suscite, notamment autour du wokisme. En revenant sur l’héritage des Lumières, la déconstruction et les enjeux philosophiques, sociaux et scientifiques liés à la question du genre, ce texte pose les bases historiques et conceptuelles du débat. Dans une seconde partie, il approfondira les enjeux scientifiques, éthiques et humanistes.
Je vous invite donc sérieusement, avec un esprit d’ouverture, à vous poser cette question simple, mais essentielle : comment mieux respecter la diversité des identités afin de construire un monde plus sûr et plus juste pour tous?
Pour ce faire, il faut sans doute commencer par un constat : de nos jours, l’identité sexuelle n’est plus une évidence tranquille. En tout cas, ce n’est plus seulement une donnée biologique ou arbitraire, mais plurielle, construite et vécue différemment, selon les personnes.
Davantage qu’une évidence, elle est surtout façonnée par la société, les normes culturelles, voire par les violences et les discriminations que subissent certaines personnes. Elle se déploie et se cherche dans un monde où les frontières se brouillent entre le biologique et le culturel, le donné (la nature) et le construit (les transformations sociohistoriques).
Le mot wokisme, souvent caricaturé injustement, cristallise aujourd’hui cette tension : celle d’une société qui tente de concilier le respect de la différence avec le besoin d’universalité. Pour comprendre ce qui se joue derrière cette querelle de mots, il faut se situer dans un vaste et long mouvement d’idées, celui qui, depuis les Lumières au 18e siècle, jusqu’à la science contemporaine, interroge ce que veut dire être humain.
De nos jours, l’identité sexuelle n’est plus une évidence tranquille.
Texte présenté aux élèves des classes terminales Technologiques dans le cadre d’une journée consacrée aux violences sexuelles et sexistes (mardi 18 novembre 2025, lycée La Providence, Blois).
Le wokisme, un éveil de la conscience
À l’origine, le terme woke — éveillé — vient des communautés afro-américaines des années 18961 et surtout 19302. Il désignait la vigilance face à l’injustice raciale, et ce, avant de ressurgir avec des mouvements de revendication (radicaux) fortement relayés par les réseaux sociaux, tels que #MeToo (2006) et Black Lives Matter (2012).
Peu à peu, et surtout après la crise liée à la COVID-19, il s’est étendu à toutes les formes d’inégalités : celles touchant les femmes, les personnes transgenres, ou encore celles dont l’orientation sexuelle ne correspond pas à la norme dominante. Au fond, le wokisme appelle simplement à voir ce qu’on ne voyait pas, à reconnaître la souffrance de celles et ceux qui, trop longtemps, dans l’histoire, n’ont pas eu voix au chapitre.
En effet, être woke, c’était à l’origine refuser de dormir dans un monde inégal, garder les yeux ouverts sur la violence ordinaire nourrit par des préjugés. Le mot s’est élargi au fil des décennies. Se situant à l’intersection des luttes féministes, du mouvement LGBTQ+, ainsi que des combats menés par les écologistes, le wokisme désigne une conscience sociale accrue et animée par l’idée que la justice ne peut être sélective. Se dire woke aujourd’hui, c’est tenter d’élargir le cercle du respect et de la dignité de la personne humaine.
Pour certains «absolutistes de la liberté d’expression»3, qui estiment qu’il n’est plus possible aujourd’hui de s’exprimer, ou que nous devrions pouvoir dire ce que l’on veut, le wokisme incarne une dérive moralisatrice, un glissement vers une société hypersensible où tout devient offense. Pour d’autres, en revanche, c’est plutôt une forme contemporaine des Lumières, une tentative d’achever l’idéal d’égalité du 18e siècle.
Or, c’est précisément là que s’ouvre le débat : le wokisme est-il une rupture avec l’esprit des Lumières ou sa continuation?
être woke, c’était à l’origine refuser de dormir dans un monde inégal, garder les yeux ouverts sur la violence ordinaire nourrit par des préjugés
1 Cf. le livre The Awakening of the Negro de Booker T. Washignton.
2 Cf. la chanson The Scottsboro Boys du bluesman Leadbelly, en hommage à neuf jeunes Noirs de l’Arkansas accusés à tort du viol d’une femme blanche ou encore certaines œuvres du peintre afro-américain Archibald Motley.
3 Expression empruntée à mon ancien collègue Learry Gagné, L’antiwokisme en débats. Liberté d’expression et liberté académique, Montréal (Canada), Éditions de La Rue Dorion, 2024.
Des Lumières à la déconstruction
Les Lumières avaient posé les fondations de la modernité en proclamant haut et fort la raison, la liberté et la dignité de l’individu. Des hommes comme Voltaire, Diderot, le baron d’Holbach, ou encore Jean-Jacques Rousseau et Emmanuel Kant défendaient avec vigueur que la connaissance et la réflexion devaient libérer les individus des superstitions et des hiérarchies sociales. Le wokisme partage cette ambition, mais en allant beaucoup plus loin toutefois : il rappelle que l’universalité des droits proclamée par les Lumières ne devient réelle que lorsque les inégalités concrètes sont combattues.
Les Lumières disaient : «Tous les hommes sont égaux». Le wokisme demande pour sa part : «Pourquoi certaines personnes continuent-elles d’être traitées comme si elles ne l’étaient pas?» Le wokisme, à sa manière, reprend donc cette flamme du 18e siècle, mais en poussant la critique bien au-delà. Il interroge non seulement le pouvoir de la religion, des hiérarchies sociales et des dogmes, comme ce fut le cas aux Lumières, mais aussi les formes cachées de domination: entendons ici celles du patriarcat, du colonialisme, du racialisme et de l’hétéronormativité.
En effet, la mention «tous les hommes» ne signifiait souvent que les hommes blancs, européens, cultivés. Les femmes, les colonisés, ainsi que les esclaves restaient à la marge du grand récit occidental émancipateur. Il fallait donc en sortir, tenter de rompre avec les chaînes de l’oppression et de la domination.
Au 20e siècle, cette promesse d’universalité a été revisitée, voire renversée par les penseurs de la déconstruction, principalement des Français tels que Jacques Derrida, Michel Foucault, Pierre Bourdieu, Gilles Deleuze et Roland Barthes. Dans le sillage de la décolonisation et des mouvements de libération sexuelle de la fin des années 1960, la French Theory a montré que les catégories dites «naturelles» et acceptées comme telles — raison, pouvoir, sexualité, binarité homme/femme, normal/pathologique, blanc/noir, centre/périphérie — ne sont pas naturelles, mais construites par l’histoire et les rapports de force. Ils sont souvent les produits de discours, d’institutions, de coutumes et d’habitudes. C’est ce qu’explique Michel Foucault dans son Histoire de la sexualité (1976). Ce penseur a révélé comment celle-ci est traversée par le pouvoir : la sexualité n’est pas un instinct brut, mais une construction sociale qui dit beaucoup de nos normes, de nos pratiques, de notre inconscient collectif et de nos peurs.
Aux États-Unis, entre les années 1970 et 1980, des intellectuelles féministes comme Judith Butler et Angela Davis, ou encore Kimberlé Crenshaw et Bell Hooks (de son vrai nom Gloria Jean Watkins) vont reprendre cette critique de la déconstruction pour y ajouter la dimension de l’expérience vécue. Dans Trouble dans le genre (1990), Butler, qui s’appuie également sur le concept de performativité théorisé par John Austin et John Searle, montre que le genre n’est pas un état, mais plutôt un acte répété : on le performe, on le rejoue, on le subit même parfois. De son côté, Bell Books a porté le combat du féminisme jusqu’à l’intersection de la lutte raciale et de la lutte des classes, faisant ainsi du wokisme naissant une politique du soin (care), de l’écoute, du respect d’autrui et de la réinvention de soi (fin de la première partie publiée dans l’édition digitale du 15 janvier 2026).
Glossaire – Sillage : trace laissée par une idéologie, une personne, que l’on suit
Dans la continuité de cette première partie du texte d’Étienne Haché, la seconde qui suit explore l’apport des sciences contemporaines et les débats qu’ils suscitent autour de l’identité sexuelle. Il s’agit ici d’interroger les convergences, les tensions et les désaccords entre science, éthique et société, afin de penser la complexité du vivant et du vécu humain. Cette partie ouvre ainsi sur un questionnement plus large : celui d’un nouvel humanisme fondé sur la reconnaissance, la responsabilité et le respect de la diversité.
La science en question
Afin d’approfondir sur le wokisme, il m’a semblé pertinent de revenir sur un article, celui de Radio-Canada, en date du 12 novembre 2017, intitulé «LGBTQIA+ : la nouvelle donne en sciences». Rédigé par Mathieu Gobeil à l’occasion du Gender Summit 114, qui s’est tenu à Montréal à la même période, l’article explore comment les sciences dures et sociales — particulièrement la biologie, la psychologie et la sociologie — redéfinissent leur manière d’étudier le genre et la sexualité. Longtemps guidée par des modèles binaires (homme/femme, hétéro/homo, normal/pathologique), la recherche universitaire contemporaine découvre que ces catégories sont beaucoup plus complexes.
Dans cette «nouvelle donne», des scientifiques s’interrogent : et si, tout à coup, le sexe, le genre et le désir ne formaient pas des réalités fixes, mais des dimensions plurielles de l’identité humaine? De l’avis de biologistes et de sociologues, certaines notions de la science classique ont contribué, souvent sans le vouloir, à renforcer des stéréotypes ou à justifier des hiérarchies sociales. C’est pourquoi, depuis quelques années, de nouvelles approches s’efforcent de rendre la recherche plus inclusive, plus attentive à la diversité des corps et des vécus. Au travers de ce parcours se révèle une révolution silencieuse : la science, longtemps considérée comme neutre et objective, apparaît désormais comme traversée par les mêmes débats que la société qu’elle étudie.
D’anciennes certitudes — la thèse selon laquelle la biologie détermine de façon rigide le sexe et le genre — s’effritent sous le poids des découvertes récentes. On observe que le sexe n’est pas toujours une donnée fixe, mais souvent une variable adaptative, modelée par les stimuli environnementaux. Le cas du poisson-clown est tout à fait emblématique. Chez cette espèce, les individus naissent tous mâles. Lorsqu’une femelle dominante disparaît, le mâle le plus fort change littéralement de sexe pour devenir la nouvelle femelle du groupe. Ce basculement n’est ni accidentel ni marginal : il répond à un besoin d’équilibre dans le système social du poisson. La nature elle-même démontre ainsi une fluidité qui échappe à nos catégories humaines.
D’autres exemples abondent : par exemple, chez les reptiles, les tortues ou les crocodiles, la température d’incubation des œufs détermine le sexe des petits. Un simple degré de différence peut transformer un futur mâle en femelle. Même la génétique humaine, longtemps réduite au couple XX = femme / XY = homme, révèle aujourd’hui une étonnante complexité. Des combinaisons comme XXY, XYY, XO ou XX-SRY rappellent que la binarité biologique n’est qu’une approximation commode. Dire que le sexe est «binaire» revient à répartir les individus dans deux grands ensembles fonctionnels (mâle et femelle). Or, cette binarité est bien loin d’être absolue. C’est tout simplement une approximation statistique, comparable à celle qu’on utilise pour décrire le jour et la nuit, alors qu’il existe en réalité tout un dégradé (variations) d’aurores et de crépuscules.
On observe que le sexe n’est pas toujours une donnée fixe, mais souvent une variable adaptative, modelée par les stimuli environnementaux.
Convergences et de désaccords
L’article susmentionné de Radio-Canada et plus généralement la mission des Gender Summits, dont celui de Montréal en novembre 2017 auquel je fais allusion, s’appuient sur ces exemples pour poser une question dérangeante : si la nature elle-même connaît le changement, la transformation, la pluralité, pourquoi l’humanité s’obstinerait-elle alors à nier cette diversité en son sein?
La question ne se limite pas à la biologie. Rappelons que les sciences humaines et sociales — psychologie, sociologie, linguistique, philosophie — réévaluent à leur tour leurs approches et les catégories à la lumière des expériences LGBTQIA+. Nombre de chercheurs soulignent en effet que le refus de reconnaître la pluralité identitaire engendre souffrance, exclusion et violence. D’autres, plus prudents, espèrent seulement qu’une dérive militante et la politisation du savoir n’empièteront pas sur l’investigation scientifique.
Le débat est toujours bénéfique, mais il ne doit pas cependant opposer les sciences et la morale. En matière d’enseignement et de recherche, il existe des garde-fous, des balises, sans quoi la science ne peut évoluer, avancer. Le philosophe utilitariste John Stuart Mill a dit que les «arguments faux» sont utiles aux débats publics5. Reste qu’en science, nous ne pouvons jamais prétendre qu’une théorie erronée et farfelue — comme celle de la terre plate —, constitue un progrès de la connaissance. C’est davantage un ralentissement, un «obstacle épistémologique», pour parler comme Gaston Bachelard.6
La question de l’identité soulevée par le wokisme interroge plutôt le lien, ténu, certes, mais essentiel, entre science et éthique. Ce que révèle la «nouvelle donne», c’est que la science ne peut plus se concevoir sans conscience. L’observation du vivant nous enseigne plutôt la complexité; l’écoute du vécu humain nous rappelle la responsabilité. La nature, en somme, n’est pas un modèle d’ordre, mais un laboratoire du possible.
La question de l’identité soulevée par le wokisme interroge plutôt le lien, ténu, certes, mais essentiel, entre science et éthique.
5 Dans De la liberté (1859), Mill pose, toutefois, une limite à la liberté d’expression, à savoir que les discours qui font mal à autrui doivent être proscrits. Or, nous sommes en 2025. Avec Internet et les réseaux sociaux, la liberté d’expression n’est plus le seul apanage d’individus cultivés, respectueux et responsables comme Mill. Notre époque montre de façon spectaculaire l’étouffement de l’espace publico-politique commun par une «société du spectacle», avec ses règlements de compte permanents entre camps opposés. Société médiatisée et à mille lieues de la raison et de la tendresse requises pour vivre ensemble et se comprendre.
6 La formation de l’esprit scientifique, Paris, 1938, p. 15.
La complexité de l’identité sexuelle
Les arguments en faveur de cette évolution sont forts. D’abord, l’idée qu’une science qui tient compte de toutes les réalités humaines, c’est une science qui devient plus précise et plus juste. En intégrant des expériences longtemps ignorées, la science s’enrichit, tout comme notre compréhension du monde. D’autre part, cette évolution dans le registre de la connaissance marque un acte de réparation symbolique, à savoir : reconnaître que la science, comme la société, a pu reproduire des biais sexistes, racistes ou homophobes, et qu’il faut désormais les corriger. Enfin, une telle ouverture favorise un dialogue interdisciplinaire entre scientifiques, philosophes, sociologues et études culturelles.
Mais il existe aussi des inquiétudes qui sont bien difficiles à esquiver ou à passer sous silence. À la crainte que la recherche dans son ensemble devienne trop idéologique, ou que l’engagement social nuise à la rigueur scientifique, certains redoutent que des concepts trop flous affaiblissent la clarté et la reproductibilité des résultats en science. Enfin, il y a ceux qui estiment que le débat public se polarise de plus en plus : entre ceux qui veulent «déconstruire tout» et ceux qui refusent tout changement, le dialogue devient effectivement difficile. L’actualité des dernières années et l’élection de gouvernements autoritaires ou partisans du statu quo rappellent que le changement des mentalités ne se fait pas aussi rapidement que souhaité. À l’inverse, les théories du genre et le discours sur l’intersectionnalité ne sont jamais loin d’une récupération par des mouvements radicaux.
Du reste, faut-il rappeler que les tensions et les désaccords ne sont jamais inutiles? Cela montre plutôt que notre époque cherche encore à penser l’humain dans toute sa complexité. Comprendre l’identité sexuelle, ce n’est pas trancher entre nature et culture, mais apprendre à écouter ce que les vies humaines révèlent de la liberté et de la vulnérabilité. Les violences sexuelles rappellent tragiquement ce qui se joue ici : quand une société refuse de reconnaître l’autre dans sa dignité — dans son corps, son genre, son consentement —, elle retombe aussitôt dans la barbarie. Réfléchir à l’identité (sexuelle), c’est donc aussi réfléchir à l’obligation de responsabilité.
Malgré ses excès et ses caricatures, le wokisme s’inscrit dans cette longue histoire moderne du combat pour la reconnaissance de la personne humaine. Il ne s’oppose pas aux Lumières. Il en est plutôt l’héritier, inquiet, certes, mais qui interroge leurs angles morts. Si les Lumières ont voulu éclairer la raison, la déconstruction, les études sur le genre et le wokisme cherchent à leur tour à éclairer les consciences humaines; non plus seulement en cherchant à comprendre le monde, mais à l’expliquer, dans le respect et la dignité de chacun.
En bref, le wokisme témoigne d’un tournant majeur : celui d’une science et d’une société qui apprennent enfin à s’écouter, et qui misent pour ce faire sur les divergences et les différences d’opinions et de pensées. C’est une invitation à la curiosité, à la bienveillance, à la lucidité. De nos jours, comprendre l’identité sexuelle, c’est aussi comprendre les violences qui naissent du refus de cette diversité — et choisir, en connaissance de cause, le camp de l’humain contre celui de l’ignorance.
Vers un nouvel humanisme
L’identité sexuelle n’apparaît plus comme un bloc figé, mais comme une forme en devenir. Elle se construit au croisement de la biologie, du désir et du langage. Nous aimons les certitudes, les cases, les définitions nettes. Pourtant, la vie — qu’elle soit celle du poisson-clown ou celle d’un adolescent en quête de soi — ne se laisse jamais enfermer par un vocabulaire réducteur… Ce que le wokisme, dans son essence la plus noble, cherche à dire, c’est que comprendre, ce n’est pas relativiser, c’est humaniser.
Reconnaître la diversité des identités sexuelles, ce n’est pas effacer les différences, c’est plutôt leur donner droit de cité. Et c’est aussi une manière d’aborder la question des violences sexuelles. À l’origine de toute violence, il y a une négation — celle du corps de l’autre, de son autonomie, de sa parole. La reconnaissance, au contraire, repose sur le regard : ce moment où je vois l’autre non pas comme une catégorie, mais comme un être singulier. Cette attitude, héritée des Lumières, mais transformée par les luttes modernes, constitue le cœur d’une éthique du respect.
Notre époque est davantage à la réconciliation entre les Lumières et le wokisme, non plus comme des adversaires, mais comme deux moments singuliers d’une même aventure humaine moderne. Les Lumières ont voulu libérer l’homme par la raison, le wokisme tente aujourd’hui de le délivrer par la conscience. L’esprit éclairé du 18e siècle affirmait : «Tous les hommes sont égaux»; le wokisme, lui, répond : «Encore faut-il que tous soient reconnus». La biologie, la philosophie et la société se rejoignent ici dans une même leçon : la vie ne se contente pas d’un seul modèle; elle invente plutôt, elle s’adapte, elle évolue. De la transformation du poisson-clown à la quête d’un adolescent découvrant son identité, la fluidité apparaît comme la véritable constante du vivant.
Loin de s’y opposer, la science contemporaine tend plutôt à confirmer cette approche. C’est le plus beau prolongement des Lumières : non pas figer le savoir, mais l’ouvrir. Comprendre enfin que la raison ne s’oppose pas à la tendresse; et que la vérité, comme l’humanité, n’est jamais un point fixe, mais une lumière en mouvement.
L’identité sexuelle n’apparaît plus comme un bloc figé, mais comme une forme en devenir. Elle se construit au croisement de la biologie, du désir et du langage.
Glossaire – Garde-fou : qui empêche de verser dans l’erreur, dans la faute