Organisé par l’AJEFA et l’ADSA, les Sommet des Débats, version 2026, a attiré quelque cent personnes au Campus St-Jean.
Le tournoi oratoire comprenait quatre rondes et une ronde finale en style parlementaire, c’est-à-dire qu’une équipe faisait une proposition, laquelle était débattue par une opposition. Les sujets, choisis par l’ADSA, ont couvert divers sujets comme les affaires internationales, l’économie ou encore la société. Avant les débats du 31 janvier, la veille, un atelier a été donné aux débatteurs afin de mieux les préparer aux diverses rondes et de leur apprendre comment structurer efficacement leurs arguments face à n’importe quel sujet donné.
Selon le coordonnateur de l’événement, Quinten Starko, le concours est de plus en plus populaire. Cette année, des jeunes de la 8e à la 12e année ont pris part à la compétition par équipe de deux.
Même si une formation a été donnée le 30 janvier, il y a évidemment eu une préparation faite dans les écoles, selon M. Starko, Celui-ci constate que certains enseignants sont très engagés dans l’entraînement de leurs élèves. Ils les ont préparés afin qu’ils soient en mesure de développer des arguments, d’acquérir des compétences oratoires, que ce soit en tenant compte de l’articulation, des intonations ou encore de la gestuelle quand on est sur scène.
Pour ou contre ?
Dans un premier temps, les équipes ont pu se préparer pour des débats dont elles connaissaient déjà le sujet, par exemple, pour ou contre la privatisation des soins de santé au Canada. Mais il y a eu mieux pour nourrir le stress des participants ! Il y avait les sujets impromptus. C’est-à-dire que 15 minutes avant de débattre, les organisateurs leur ont dévoilé un sujet. Elles ont donc eu un petit quart d’heure pour préparer leur argumentaire : «On leur donne le sujet et c’est comme un match de football !», d’ironiser Quinten Starko, qui est aussi le vice-président bilingue de l’ADSA. «C’est de l’improvisation à haute vitesse !», poursuit-il.
Sur le terrain, les élèves interrogés ont été ravis de leur expérience. C’est le cas de Gabriel Chartier. Il en était à sa deuxième participation. Alors qu’il avait terminé 15e l’an dernier, il s’est repris cette année avec son collègue Ephraïm Kouassi, en étant à la porte du top 4 ! Et de manière individuelle, il est allé chercher la première place en tant qu’orateur.
Face à un sujet impromptu comme le regret de la FIFA d’avoir délégué la co-organisation de la Coupe du Monde de foot aux États-Unis, l’élève de 12e année à l’École canadienne-française de Saskatoon, au pavillon Gustave-Dubois, a trouvé pour le moins ce débat «corsé, car c’était de la politique pure !». Quand il a reçu sa médaille pour sa première place, il était fier de montrer bien haut le drapeau fransaskois. Pour lui, le fait d’avoir ainsi débattu est un bon apprentissage pour son futur parcours universitaire, qui devrait se faire en études internationales.
Sophie Charest, à gauche, avec à sa droite, Teisia Ceban, ont formé le duo gagnant lors du Sommet des Débats
Et les grandes gagnantes sont…
S’il y a des prix individuels, il y a évidemment des récompenses pour les équipes. La palme est allée cette année à deux élèves de l’école La Vérendrye, à Lethbridge : Sophie Charest et Taisia Ceban. « Personnellement, je préfère le sujet impromptu, dira la première, parce que j’ai de l’expérience en improvisation théâtrale. Donc, c’est plus facile pour moi de trouver des arguments, comparativement à d’autres personnes. » Pour la seconde, ces débats étaient un véritable défi : « Je parle français seulement à l’école. Je ne suis vraiment pas habituée avec la langue. À la maison, je parle roumain. Avec mes amis, l’anglais. Alors, le fait que je puisse m’exprimer en français dans un débat, c’est vraiment un boost pour moi », dit-elle dans un français somme toute impeccable !
Pour Sophie Charest, le sujet sur l’organisation du mondial de foot par le Canada et les États-Unis l’a ravie, car elle a pu mettre de l’avant ce qu’elle avait plus tôt étudié à l’école en études sociales, concernant les relations entre le Canada et son voisin américain. Alors que les deux en étaient aussi à leur deuxième expérience, elles devraient aller à Toronto à la mi-avril pour le volet canadien du Sommet des débats, une fois les questions monétaires réglées. Le papa de Sophie, présent lors de l’entrevue du Franco auprès de sa fille, n’avait qu’un mot à l’endroit de celle-ci et de sa performance : «C’est impressionnant !»