le Samedi 18 mai 2024

Les femmes sont à l’honneur cet été lors d’une exposition multidisciplinaire hébergée au Centre des arts visuels de l’Alberta (CAVA). La galerie expose une série d’œuvres variées allant de la photographie à la sculpture, en passant par la peinture et le collage, sous le thème «Présence des femmes».

Lors de l’exposition Présence des Femmes, qui met de l’avant les œuvres des femmes francophones de l’ouest canadien, le public a l’opportunité de redécouvrir l’artiste Patricia Lortie. Femme aux multiples talents, elle présente une de ses nouvelles créations, Les Gardiens, une installation qui met l’accent sur la nature et sa complexité.  

Cet été, Edmonton a la chance d’accueillir sept artistes visuelles pour une exposition entièrement féminine. Toutes professionnelles, elles ont été sélectionnées afin de mettre de l’avant leurs talents. 

Patricia Lortie n’en est pas à son premier vernissage. En effet, celle qui expose à Edmonton cet été au Centre des arts visuels de l’Alberta (CAVA) avec son installation, compte déjà derrière elle une carrière bien remplie. Elle a exposé de nombreuses fois dans le passé dans des galeries publiques et partage aussi son talent et son expertise en donnant des cours. 

Patricia Lortie, «mes œuvres respirent la nature». Crédit : Courtoisie

L’installation d’Edmonton est «une réflexion visuelle sur la relation entre l’identité collective et individuelle.» Elle s’interroge, entre autres, à travers son œuvre, sur la ligne qui existe entre ces deux entités et où elle s’arrête. Elle utilise la forêt comme métaphore, étant donné que les arbres constituent dans leur ensemble l’exemple parfait d’une communauté.

Savoir réinventer son art

Artiste dans l’âme, elle est passée par plusieurs phases. Celle qui a d’abord commencé par apprendre les bases, s’est ensuite dirigée vers la sculpture et la peinture. Depuis 2012, l’artiste affirme «qu’elle se concentre davantage sur l’expression d’idées à travers ses œuvres.»

En tant qu’artiste, Patricia Lortie croit qu’il faut savoir se renouveler dans sa manière de travailler afin de conserver une certaine fraîcheur. Elle trouve une certaine joie dans le fait de diversifier ses techniques et de continuellement redécouvrir son art.

Son installation fin prête pour recevoir le public. Crédit : Kyle St Thomas

Elle réinvente constamment l’univers artistique qu’elle a créé. Tout en le dépeignant «imaginaire et doux», elle ajoute qu’il faut parfois jeter plusieurs regards avant de comprendre ce qui est représenté, car les éléments se fondent les uns dans les autres.

S’inspirer de sa jeunesse 

Elle puise notamment son inspiration de sa jeunesse et le temps qu’elle à passé à l’extérieur: «mes œuvres respirent la nature». Elle s’est toujours assurée de conserver ce contact essentiel avec la nature en l’intégrant dans son art. 

Patricia Lortie au studio du Kiyooka Ohe Arts Centre où elle a passé l’hiver en résidence d’artiste.
Crédit : Courtoisie

«Tout mon visuel est basé sur la nature, mais pas d’une façon littérale», explique-t-elle. Le thème premier de son travail, en tant qu’artiste, est de dépeindre la relation que l’humain a avec la planète. 

Elle essaie ainsi de représenter visuellement cette illusion que l’humain est indépendant de sa relation fragile avec la nature. Un rapport qui se traduit finalement par la dépendance qui existe entre l’humain et son environnement.

En marge du Jour de la Terre, célébré le 22 avril dernier, l’association à but non lucratif du même nom a profité de sa conférence de presse pour lancer de nouveaux projets. Parmi eux, ÉcoHack-ta-ville, un projet pour accompagner les municipalités vers un avenir plus vert.

Le 7 avril, lors de la conférence de presse virtuelle du Jour de la Terre – Canada, à Montréal, son directeur Pierre Lussier, a donné la parole aux différents acteurs et partenaires qui travaillent de concert avec l’Association. Cette présentation avait pour but de souligner l’importance des citoyens dans la lutte contre le réchauffement climatique et de présenter certains programmes mis en place.

L’action citoyenne dans son ensemble était mise de l’avant notamment par Mme Bonnie Crombie, Mairesse de la ville de Mississauga en Ontario, qui a insisté sur l’importance des initiatives municipales. 

En effet, pour que le gouvernement fédéral se décide à réellement essayer de limiter les impacts que notre pays a sur l’environnement, il faut que le mouvement premier vienne des citoyens et citoyennes comme nous, explique-t-elle. Parmi ces programmes, il a été présenté ÉcoHack-ta-ville, une initiative locale pour les villes canadiennes.

Raffinerie de pétrole dans le nord de l’Alberta. Crédit: Arnaud Barbet.

Calgary, la ville surprise

Pierre Lussier, interrogé sur la candidature de la ville de Calgary au projet ÉcoHack-ta-ville s’explique, «on a approché plusieurs villes. Le maire de Calgary, Naheed Nenshi a paru intéressé». Finalement, la métropole albertaine s’est jointe au projet comme Laval (QC), Ottawa (ON), Moncton (NB) et finalement Vancouver-Nord (BC). 

Ce projet, à Calgary, a pour objectif d’offrir les outils nécessaires aux acteurs de la municipalité pour atteindre le Net zéro, en d’autres termes réduire totalement les émissions de carbone sur la ville. 

Pour cela, un réseau d’experts va travailler de concert afin de lutter contre le réchauffement climatique. Il s’agira de mettre en place une table ronde virtuelle où tous pourront échanger et apporter leurs différentes expériences. 

Certaines formations en ligne seront aussi disponibles afin d’outiller les municipalités les plus volontaires pour connaître les gestes à poser. On notera tout de même qu’aucun échéancier n’a été dévoilé. 

Ce pas en avant de la municipalité de Calgary semble une nouvelle étape dans l’après-pétrole, alors que selon un rapport de Statistique Canada datant de 2016, cette industrie a amené la province sur le podium de la production d’émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada. 

L’importance des municipalités contre les changements climatiques

Kazir Coulibaly, gestionnaire en développement économique et développement durable, au Conseil de Développement Économique de l’Alberta explique que les municipalités jouent un grand rôle dans l’atteinte du Net zéro, «afin de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius». Un objectif qui devrait être atteint d’ici 2050.

Portrait de Kazir Coulibaly, gestionnaire en développement économique et développement durable, au Conseil de Développement Économique de l’Alberta. Crédit: courtoisie.

Selon lui, la lutte doit se faire sur plusieurs plans. Il s’agit entre autres d’éduquer les jeunes dans les écoles, que les citoyens y mettent du leur et de s’assurer que l’industrie pétrolière respecte la taxe sur le carbone. 

Ce dernier volet est certainement dans la bonne voie après le camouflet subi par le Premier ministre Albertain Jason Kenney qui s’était opposé à cette taxe. «La Loi sur la tarification de la pollution causée par les gaz à effet de serre est constitutionnelle», tel est le jugement rendu et signé le 25 mars dernier par Richard Wagner, le juge en chef de la Cour suprême du Canada.

Coulibaly affirme «qu’il faudra inciter les gens à emprunter plus les transports en commun en sachant que le transport est la troisième plus grande source de pollution dans la province». Il note d’ailleurs la volonté de la municipalité de Calgary de ne mettre à la disposition de ses contribuables que des bus électriques à l’avenir.

Des petits gestes citoyens au quotidien

Lors de cette conférence de presse, tous soulignaient l’importance de l’implication de chaque individu dans «la grande roue du changement». Pierre Lussier souligne d’ailleurs que «chaque geste compte, et qu’il est important de les adapter en fonction de ses croyances et ses convictions»

Il continue en admettant qu’il faille « profondément croire en ce que l’on fait pour modifier ses habitudes sur le long terme ». Cela peut se traduire par l’utilisation de son vélo pour se déplacer, par la consommation de produits locaux organiques, ou dénués de produits chimiques. Bien évidemment, ce changement d’habitude ne présente pas le même visage pour tous.La route est longue avant de constater les bienfaits des initiatives mises en place aujourd’hui, mais elle est nécessaire. À l’heure actuelle, notre planète peut nourrir tous ses habitants, mais comme le rappelle Kazir Coulibaly, «d’ici 2050, il y aura 9 milliards d’êtres humains et la question de l’eau deviendra cruciale». Il insiste sur cet équilibre à trouver entre la protection de la planète et notre mode de vie. Une implication de tous au quotidien !

Pour en savoir plus :

Sur le projet ÉcoHack-ta-ville : https://jourdelaterre.org/qc/tous-les-jours/programmes/ecohack-ta-ville/

Décision de la Cour suprême sur la Taxe carbone : https://www.scc-csc.ca/case-dossier/cb/2021/38663-38781-39116-fra.aspx

 

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, plusieurs entrepreneures francophones de l’Alberta témoignent de leur histoire.  

Le milieu du travail est un monde très compétitif dans lequel les femmes peinent à se faire une place. Selon un rapport intitulé L’État de l’entrepreneuriat féminin au Canada, en 2020, seulement 15,6 % des Petites et moyennes entreprises au Canada (comptant au moins 1 employé) étaient détenues par des femmes. Cela démontre que, malgré les efforts du Canada pour remédier à l’inégalité entre les sexes, il reste beaucoup à faire afin d’y arriver.

S’inscrivant dans les efforts de la Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat (SFE) du gouvernement du Canada, le Conseil de développement économique de l’Alberta a lancé ce 4 mars le groupe Les Elles des Affaires. « Cette initiative se voudra un lieu pour échanger sur nombreux obstacles et le manque de soutien liés à l’entrepreneuriat au féminin et y présenter des pistes d’action », précise le communiqué de presse de l’organisme.

Estelle Blanchette est propriétaire de Jasper Food Tours depuis 2018. Crédit: courtoisie

En Alberta, le taux de femmes démarrant une activité entrepreneuriale est équivalent à celui des hommes, selon le rapport Women’s Entrepreneurship in Western Canada publié l’année dernière. Il précise que l’Alberta fait exception par rapport aux autres provinces de l’Ouest (Colombie-Britannique, en Saskatchewan et au Manitoba) où le taux d’hommes qui s’engagent dans l’entrepreneuriat est supérieur aux femmes de 5 à 6 %.

Que ce soit dans les grandes villes comme Edmonton ou Calgary ou ailleurs, les entreprises fondées par des femmes fleurissent. Pour ces femmes entrepreneures, la plus grande difficulté est celle reliée aux coûts pour louer un local et aux nombreuses procédures administratives que nécessite la gestion d’une entreprise. La plupart ont affirmé qu’elles n’avaient pas connu d’obstacle lié au fait qu’elles étaient des femmes depuis qu’elles avaient leur entreprise. C’est plutôt à l’époque où elles étaient salariées qu’elles disent avoir vécu des formes de sexisme.

Divers horizons, une même direction

Nadine Friesen dirige l’entreprise Madame Nadine Jewelry & Accessories. Crédit: courtoisie

Estelle Blanchette, propriétaire de Jasper Food Tours depuis 2018, propose des excursions culinaires dans les montagnes de Jasper. Ayant précédemment travaillé dans le milieu hôtelier, elle a décidé de créer sa propre entreprise afin de devenir « son propre patron ». Comme elle connaissait déjà le milieu de la restauration et qu’elle avait des contacts, cela lui a facilité la tâche. La COVID-19 ne l’a malheureusement pas épargné et elle a été contrainte de fermer deux fois.

Nadine Friesen, créatrice de Madame Nadine Jewelry & Accessories, crée depuis plus de 10 ans des bijoux uniques adaptés à ces clients. Elle a trouvé sa voie alors qu’elle a reçu un ensemble pour fabriquer des colliers et qu’elle s’est découvert un talent ! Elle connaît présentement beaucoup de succès alors que des personnalités célèbres portent ses créations, telles que Shay Mitchell ou Meagan Tandy. En mars dernier, elle a notamment reçu le Cold Lake Women of Influence Award, un prix prestigieux qui témoigne de ses efforts et de sa réussite.

Aimée Mpidili, une femme originaire du Congo venue s’installer à Montréal en 2000, a toujours eu l’ambition d’ouvrir son propre magasin. Venant d’une famille possédant un commerce, elle a appris jeune comment tenir une épicerie. Wenze Market, basé à Edmonton, importe depuis 2019 des produits d’Afrique et des Caraïbes afin d’offrir à sa clientèle le plus large éventail de produits possible. Mère de 4 enfants, elle n’a eu que récemment l’opportunité de s’adonner à l’entrepreneuriat. La pandémie l’ayant empêché de commencer à vendre des grillades, cependant elle a toujours l’intention d’offrir ce service dès que cela sera possible.

Diana Frost crée des livres de dessin, avec son entreprise Colouring It Foward. Crédit: courtoisie

L’art comme bénéfice

De nombreuses autres entreprises sont le fruit du travail acharné de femmes de la région. C’est d’ailleurs le cas de Colouring It Foward, dont la propriétaire est Diana Frost. Diana est une ancienne ingénieure qui crée des livres de dessin en collaboration avec les communautés autochtones à Calgary.

Noella, quant à elle, a la conviction que l’art peut guérir et fabrique des vitraux. Elle a déménagé en Alberta afin de se rapprocher de sa famille. Il est inspirant de constater qu’elles ont jumelé entrepreneuriat et passion afin de monter une entreprise qui leur ressemblait.