le Mardi 6 juin 2023

« La parole est à vous », promettait le site Web du gouvernement albertain. Et pourtant, ce 6 mai en soirée, lors de la séance virtuelle de consultation publique sur le nouveau programme d’étude primaire (curriculum), nous n’avons entendu ni la voix des parents, ni celle des enseignants, ni celle des chefs de file de la communauté.

Tous les francophones de la province étaient invité.es à poser leurs questions aux élus sur ce dossier chaud. Pendant les 53 premières minutes, les trois quarts du temps dédié à notre communauté, deux fonctionnaires francophones se sont succédé, sans interruption, dans la lecture d’une présentation Powerpoint adulant les changements proposés par le gouvernement Kenney.

Rachelle Bruneau, directrice de la division Early Middle Years du ministère de l’Éducation de l’Alberta, a ainsi vanté l’inclusion au programme des écoles primaires de nouvelles notions dont celle du consentement, de l’histoire des Noir.es, des traités autochtones ou la littératie financière.

« N’appelle pas ça une consultation si ça n’en est pas une », a réagi à chaud Cindie LeBlanc, présente virtuellement. Ancienne directrice générale du Secrétariat francophone de l’Alberta, elle éprouvait une certaine empathie pour les deux fonctionnaires francophones qui ont dû ce soir « jouer le jeu ».

« Des élus ou la haute direction du ministère auraient dû être là, devant la caméra, pour répondre aux questions, défendre ce produit », croit cette mère dont les enfants sont inscrits dans une école francophone.

Rejeter la prémisse de nos questions

Il reste 23 minutes au compteur, lorsque la période des questions est lancée. « Pouvez-vous parler de la pertinence du programme pour le développement mental ? », lance Shawn, le sympathique modérateur de la séance, sans toutefois préciser l’auteur de la question.

Impossible donc pour les membres du public de lire eux-mêmes ce qui était demandé par leurs pairs. Forum secret. Questions imprécises. Anonymat. Les intervenantes gouvernementales nous ont lu sans subtilité des réponses sur un ton neutre, trahissant leur préparation et leur subordination.

« Pouvez-vous expliquer comment le programme aborde la diversité, nous avons plusieurs questions à ce sujet », lance à nouveau le modérateur.

Ce qu’on lit en simultané sur les réseaux sociaux est en complète dissonance avec ce que relaie méticuleusement le modérateur. Car oui, la résistance au renouveau pédagogique albertain s’organise. Des groupes Facebook, notamment Albertans Reject Curriculum Draft fort de ses 40 000 membres, commandent pancartes, t-shirts, pétitions et autres actions politiques.

Du côté francophone, c’est un groupe consacré à l’équivalence en éducation qui bouillonnait. Les questions que l’on pouvait y lire ont été complètement éclipsées. Des questions raisonnées démontrant l’implication des parents. « Ils ont pris le temps de réfléchir profondément à l’avenir scolaire de leurs enfants », a observé sur Twitter Annie McKitrick, ancienne élue néo-démocrate.

Les interrogations fusent

Pourquoi utiliser un poème en anglais pour enseigner le Grand dérangement des Acadiens ? Pourquoi parler d’identité américaine aussi souvent, avec autant de détails, alors qu’on ne mentionne nulle part de réfléchir sur sa propre identité franco-albertaine ?

Le document-cadre de l’éducation francophone en Alberta, produit par le gouvernement en 2000, a-t-il été considéré ? Qu’avez-vous fait des recommandations des experts francophones du Campus Saint-Jean ?

Denise Lavallée a demandé si le gouvernement avait évalué l’impact sur la construction identitaire des élèves francophones de chaque aspect de la programmation.

Denis Perreaux a souligné quant à lui que le programme scolaire proposé « célèbre des figures odieuses comme Frederick Haultain à titre égal à Confucius et Napoléon », rappelant que Haultain, Premier Ministre des Territoires du Nord-Ouest au 19e siècle, « a aboli les droits linguistiques des francophones en Alberta et a agi explicitement contre eux dans les Prairies ». 

Quant à Pierre Asselin, juriste et parent, il a tenu à souligner le rôle fondamental de l’article 23 de la Charte des droits et libertés pour la vitalité de la communauté francophone en Alberta. Le curriculum mentionne les droits linguistiques au Manitoba, mais l’histoire des luttes d’ici, difficile de voir comment nos enfants vont les apprendre.

Au-dessus du programme, les lois. Au-dessus des lois, le droit.

Au lieu de simplement proposer l’ajout de ce contenu, l’avocat a posé, en vain, la question suivante : « le ministère de l’Éducation du gouvernement de l’Alberta va-t-il accepter ou empêcher que les conseils scolaires francophones puissent élaborer leur propre programme d’études sociales pour respecter leurs obligations constitutionnelles ? »

Ignorée, comme les autres, cette dernière question rejoint un avis que partage Cindie Leblanc. « Le jugement Mahé, confirmé dernièrement en Colombie-Britannique, nous donne le droit, comme francophone, d’avoir un curriculum qui reflète nos besoins, soutient-elle. Ce qu’on a devant nous ne reflète pas nos besoins. Qu’est-ce qu’on est prêt à faire ? Est-ce qu’on développe notre propre curriculum ? On ne peut pas attendre à l’automne pour avoir un plan de match ! »

L’ancienne fonctionnaire provinciale prédit que le ministère de l’Éducation qui nage  « en complet déficit de légitimité » risque ultimement de forcer la main des conseils scolaires. Or, selon elle, les conseils scolaires francophones auront dans cette situation hypothétique un levier juridique solide, une cause raisonnable, pour refuser complètement un nouveau programme qui contribue à sa propre assimilation.

« Moi, comme parent, je suis à bout, confie Cindie. La Covid est déjà immense à gérer dans nos vies. Si, en plus, il faut utiliser le peu d’énergie qu’on a pour essayer de se faire comprendre, essayer d’ouvrir les yeux et les oreilles de nos élus gouvernementaux, sans être écouté, je trouve ça épuisant ». 

On notera durant l’évènement l’absence remarquée de la secrétaire parlementaire à la francophonie, Laila Goodridge, ainsi que le refus des organisateurs de la séance d’accorder une entrevue à notre rédaction.Le ministère de l’Éducation de l’Alberta jongle dernièrement avec un dossier qui sème le mécontentement partout dans la province. 50 des 61 conseils scolaires refusent de tester son nouveau programme d’éducation primaire sur les bancs d’école. Tous les conseils scolaires francophones le rejettent aussi à l’unisson.

« La parole est à vous », promettait le site Web du gouvernement albertain. Et pourtant, ce 6 mai en soirée, lors de la séance virtuelle de consultation publique sur le nouveau programme d’étude primaire (curriculum), nous n’avons entendu ni la voix des parents, ni celle des enseignants, ni celle des chefs de file de la communauté.

Tous les francophones de la province étaient invité.es à poser leurs questions aux élus sur ce dossier chaud. Pendant les 53 premières minutes, les trois quarts du temps dédié à notre communauté, deux fonctionnaires francophones se sont succédé, sans interruption, dans la lecture d’une présentation Powerpoint adulant les changements proposés par le gouvernement Kenney.

Rachelle Bruneau, directrice de la division Early Middle Years du ministère de l’Éducation de l’Alberta, a ainsi vanté l’inclusion au programme des écoles primaires de nouvelles notions dont celle du consentement, de l’histoire des Noir.es, des traités autochtones ou la littératie financière.

« N’appelle pas ça une consultation si ça n’en est pas une », a réagi à chaud Cindie LeBlanc, présente virtuellement. Ancienne directrice générale du Secrétariat francophone de l’Alberta, elle éprouvait une certaine empathie pour les deux fonctionnaires francophones qui ont dû ce soir « jouer le jeu ».

« Des élus ou la haute direction du ministère auraient dû être là, devant la caméra, pour répondre aux questions, défendre ce produit », croit cette mère dont les enfants sont inscrits dans une école francophone.

Rejeter la prémisse de nos questions

Il reste 23 minutes au compteur, lorsque la période des questions est lancée. « Pouvez-vous parler de la pertinence du programme pour le développement mental ? », lance Shawn, le sympathique modérateur de la séance, sans toutefois préciser l’auteur de la question.

Impossible donc pour les membres du public de lire eux-mêmes ce qui était demandé par leurs pairs. Forum secret. Questions imprécises. Anonymat. Les intervenantes gouvernementales nous ont lu sans subtilité des réponses sur un ton neutre, trahissant leur préparation et leur subordination.

« Pouvez-vous expliquer comment le programme aborde la diversité, nous avons plusieurs questions à ce sujet », lance à nouveau le modérateur.

Ce qu’on lit en simultané sur les réseaux sociaux est en complète dissonance avec ce que relaie méticuleusement le modérateur. Car oui, la résistance au renouveau pédagogique albertain s’organise. Des groupes Facebook, notamment Albertans Reject Curriculum Draft fort de ses 40 000 membres, commandent pancartes, t-shirts, pétitions et autres actions politiques.

Du côté francophone, c’est un groupe consacré à l’équivalence en éducation qui bouillonnait. Les questions que l’on pouvait y lire ont été complètement éclipsées. Des questions raisonnées démontrant l’implication des parents. « Ils ont pris le temps de réfléchir profondément à l’avenir scolaire de leurs enfants », a observé sur Twitter Annie McKitrick, ancienne élue néo-démocrate.

Les interrogations fusent

Pourquoi utiliser un poème en anglais pour enseigner le Grand dérangement des Acadiens ? Pourquoi parler d’identité américaine aussi souvent, avec autant de détails, alors qu’on ne mentionne nulle part de réfléchir sur sa propre identité franco-albertaine ?

Le document-cadre de l’éducation francophone en Alberta, produit par le gouvernement en 2000, a-t-il été considéré ? Qu’avez-vous fait des recommandations des experts francophones du Campus Saint-Jean ?

Denise Lavallée a demandé si le gouvernement avait évalué l’impact sur la construction identitaire des élèves francophones de chaque aspect de la programmation.

Denis Perreaux a souligné quant à lui que le programme scolaire proposé « célèbre des figures odieuses comme Frederick Haultain à titre égal à Confucius et Napoléon », rappelant que Haultain, Premier Ministre des Territoires du Nord-Ouest au 19e siècle, « a aboli les droits linguistiques des francophones en Alberta et a agi explicitement contre eux dans les Prairies ». 

Quant à Pierre Asselin, juriste et parent, il a tenu à souligner le rôle fondamental de l’article 23 de la Charte des droits et libertés pour la vitalité de la communauté francophone en Alberta. Le curriculum mentionne les droits linguistiques au Manitoba, mais l’histoire des luttes d’ici, difficile de voir comment nos enfants vont les apprendre.

Au-dessus du programme, les lois. Au-dessus des lois, le droit.

Au lieu de simplement proposer l’ajout de ce contenu, l’avocat a posé, en vain, la question suivante : « le ministère de l’Éducation du gouvernement de l’Alberta va-t-il accepter ou empêcher que les conseils scolaires francophones puissent élaborer leur propre programme d’études sociales pour respecter leurs obligations constitutionnelles ? »

Ignorée, comme les autres, cette dernière question rejoint un avis que partage Cindie Leblanc. « Le jugement Mahé, confirmé dernièrement en Colombie-Britannique, nous donne le droit, comme francophone, d’avoir un curriculum qui reflète nos besoins, soutient-elle. Ce qu’on a devant nous ne reflète pas nos besoins. Qu’est-ce qu’on est prêt à faire ? Est-ce qu’on développe notre propre curriculum ? On ne peut pas attendre à l’automne pour avoir un plan de match ! »

L’ancienne fonctionnaire provinciale prédit que le ministère de l’Éducation qui nage  « en complet déficit de légitimité » risque ultimement de forcer la main des conseils scolaires. Or, selon elle, les conseils scolaires francophones auront dans cette situation hypothétique un levier juridique solide, une cause raisonnable, pour refuser complètement un nouveau programme qui contribue à sa propre assimilation.

« Moi, comme parent, je suis à bout, confie Cindie. La Covid est déjà immense à gérer dans nos vies. Si, en plus, il faut utiliser le peu d’énergie qu’on a pour essayer de se faire comprendre, essayer d’ouvrir les yeux et les oreilles de nos élus gouvernementaux, sans être écouté, je trouve ça épuisant ». 

On notera durant l’évènement l’absence remarquée de la secrétaire parlementaire à la francophonie, Laila Goodridge, ainsi que le refus des organisateurs de la séance d’accorder une entrevue à notre rédaction.Le ministère de l’Éducation de l’Alberta jongle dernièrement avec un dossier qui sème le mécontentement partout dans la province. 50 des 61 conseils scolaires refusent de tester son nouveau programme d’éducation primaire sur les bancs d’école. Tous les conseils scolaires francophones le rejettent aussi à l’unisson.

� La parole est � vous �, promettait le site Web du gouvernement albertain. Et pourtant, ce 6�mai en soir�e, lors de la s�ance virtuelle de consultation publique sur le nouveau programme d�tude primaire (curriculum), nous navons entendu ni la voix des parents, ni celle des enseignants, ni celle des chefs de file de la communaut�.

Tous les francophones de la province �taient invit�.es � poser leurs questions aux �lus sur ce dossier chaud. Pendant les 53�premi�res minutes, les trois quarts du temps d�di� � notre communaut�, deux fonctionnaires francophones se sont succ�d�, sans interruption, dans la lecture dune pr�sentation Powerpoint adulant les changements propos�s par le gouvernement Kenney.

Rachelle Bruneau, directrice de la division Early Middle Years du minist�re de l�ducation de lAlberta, a ainsi vant� linclusion au programme des �coles primaires de nouvelles notions dont celle du consentement, de lhistoire des Noir.es, des trait�s autochtones ou la litt�ratie financi�re.

� Nappelle pas �a une consultation si �a nen est pas une �, a r�agi � chaud Cindie LeBlanc, pr�sente virtuellement. Ancienne directrice g�n�rale du Secr�tariat francophone de lAlberta, elle �prouvait une certaine empathie pour les deux fonctionnaires francophones qui ont d� ce soir � jouer le jeu �.

� Des �lus ou la haute direction du minist�re auraient d� �tre l�, devant la cam�ra, pour r�pondre aux questions, d�fendre ce produit �, croit cette m�re dont les enfants sont inscrits dans une �cole francophone.

Rejeter la pr�misse de nos questions

Il reste 23�minutes au compteur, lorsque la p�riode des questions est lanc�e. � Pouvez-vous parler de la pertinence du programme pour le d�veloppement mental ? �, lance Shawn, le sympathique mod�rateur de la s�ance, sans toutefois pr�ciser lauteur de la question.

Impossible donc pour les membres du public de lire eux-m�mes ce qui �tait demand� par leurs pairs. Forum secret. Questions impr�cises. Anonymat. Les intervenantes gouvernementales nous ont lu sans subtilit� des r�ponses sur un ton neutre, trahissant leur pr�paration et leur subordination.

� Pouvez-vous expliquer comment le programme aborde la diversit�, nous avons plusieurs questions � ce sujet �, lance � nouveau le mod�rateur.

Ce quon lit en simultan� sur les r�seaux sociaux est en compl�te dissonance avec ce que relaie m�ticuleusement le mod�rateur. Car oui, la r�sistance au renouveau p�dagogique albertain sorganise. Des groupes Facebook, notamment Albertans Reject Curriculum Draft fort de ses 40 000�membres, commandent pancartes, t-shirts, p�titions et autres actions politiques.

Du c�t� francophone, cest un groupe consacr� � l�quivalence en �ducation qui bouillonnait. Les questions que lon pouvait y lire ont �t� compl�tement �clips�es. Des questions raisonn�es d�montrant limplication des parents. � Ils ont pris le temps de r�fl�chir profond�ment � lavenir scolaire de leurs enfants �, a observ� sur Twitter Annie McKitrick, ancienne �lue n�o-d�mocrate.

Les interrogations fusent

Pourquoi utiliser un po�me en anglais pour enseigner le Grand d�rangement des Acadiens ? Pourquoi parler didentit� am�ricaine aussi souvent, avec autant de d�tails, alors quon ne mentionne nulle part de r�fl�chir sur sa propre identit� franco-albertaine ?

Le document-cadre de l�ducation francophone en Alberta, produit par le gouvernement en 2000, a-t-il �t� consid�r� ? Quavez-vous fait des recommandations des experts francophones du Campus Saint-Jean ?

Denise Lavall�e a demand� si le gouvernement avait �valu� limpact sur la construction identitaire des �l�ves francophones de chaque aspect de la programmation.

Denis Perreaux a soulign� quant � lui que le programme scolaire propos� � c�l�bre des figures odieuses comme Frederick Haultain � titre �gal � Confucius et Napol�on �, rappelant que Haultain, Premier Ministre des Territoires du Nord-Ouest au 19e�si�cle, � a aboli les droits linguistiques des francophones en Alberta et a agi explicitement contre eux dans les Prairies �.�

Quant � Pierre Asselin, juriste et parent, il a tenu � souligner le r�le fondamental de larticle�23 de la Charte des droits et libert�s pour la vitalit� de la communaut� francophone en Alberta. Le curriculum mentionne les droits linguistiques au Manitoba, mais lhistoire des luttes dici, difficile de voir comment nos enfants vont les apprendre.

Au-dessus du programme, les lois. Au-dessus des lois, le droit.

Au lieu de simplement proposer lajout de ce contenu, lavocat a pos�, en vain, la question suivante�: � le minist�re de l�ducation du gouvernement de lAlberta va-t-il accepter ou emp�cher que les conseils scolaires francophones puissent �laborer leur propre programme d�tudes sociales pour respecter leurs obligations constitutionnelles ? �

Ignor�e, comme les autres, cette derni�re question rejoint un avis que partage Cindie Leblanc. � Le jugement Mah�, confirm� derni�rement en Colombie-Britannique, nous donne le droit, comme francophone, davoir un curriculum qui refl�te nos besoins, soutient-elle. Ce quon a devant nous ne refl�te pas nos besoins. Quest-ce quon est pr�t � faire ? Est-ce quon d�veloppe notre propre curriculum ? On ne peut pas attendre � lautomne pour avoir un plan de match ! �

Lancienne fonctionnaire provinciale pr�dit que le minist�re de l�ducation qui nage � en complet d�ficit de l�gitimit� � risque ultimement de forcer la main des conseils scolaires. Or, selon elle, les conseils scolaires francophones auront dans cette situation hypoth�tique un levier juridique solide, une cause raisonnable, pour refuser compl�tement un nouveau programme qui contribue � sa propre assimilation.

� Moi, comme parent, je suis � bout, confie Cindie. La Covid est d�j� immense � g�rer dans nos vies. Si, en plus, il faut utiliser le peu d�nergie quon a pour essayer de se faire comprendre, essayer douvrir les yeux et les oreilles de nos �lus gouvernementaux, sans �tre �cout�, je trouve �a �puisant �.�

On notera durant l�v�nement labsence remarqu�e de la secr�taire parlementaire � la francophonie, Laila Goodridge, ainsi que le refus des organisateurs de la s�ance daccorder une entrevue � notre r�daction.Le minist�re de l�ducation de lAlberta jongle derni�rement avec un dossier qui s�me le m�contentement partout dans la province. 50 des 61�conseils scolaires refusent de tester son nouveau programme d�ducation primaire sur les bancs d�cole. Tous les conseils scolaires francophones le rejettent aussi � lunisson.

Cet article a été publié en février 2020

Dictature des chapelets et de la solitude dans un Québec qui chemine tranquillement vers un grand bouillonnement. La pièce phare de Michel Tremblay, Les Belles-soeurs, était la production communautaire de l’Unithéâtre cette saison. Publiée en 1968, cette oeuvre résolument féministe est surprenante d’actualité : langue vernaculaire, surmenage, accès à la santé reproductive, des thèmes qui habitent universellement nos cuisines d’ouvriers.

«Aujourd’hui en Alberta et ailleurs dans le monde, l’accès à l’éducation, aux soins médicaux et aux services sociaux n’est pas toujours facile à parvenir surtout en région. Pour moi, cette pièce est un cri de guerre. Un appel pour joindre nos forces. Pour offrir des choix aux femmes qui en auraient moins autrement», écrit la directrice artistique du théâtre, Joëlle Préfontaine.

Du yéyé flyé aux sobres habits beiges, une attention toute particulière a été portée aux costumes, le travail magistral de Brianna Kolybaba. Mais c’est avant tout la complicité évidente des 15 femmes sur scène que nous avons remarquée : Lucie-Maude Desroches convaincante et inébranlable, Ève Marie Forcier aussi électrisante que provocante, Renée Bouchard violemment rustre et acariâtre et enfin Monique Beaunoyer-Richer et son naturel désarmant. Dans le rôle principal, Kathleen Stevens a brillé, toujours en pleine maîtrise d’un texte, il faut le dire, difficile.

Mention spéciale enfin à la candide tirade d’Anne-Marie Duchesneau spontanément enterrée par les applaudissements chaleureux d’un public conquis. Mention spéciale aussi aux monologues de Pascale Nadon et de Valécia Pépin qui, eux, ont glacé la salle d’un silence révélateur.

Cet article a �t� publi� en f�vrier 2020

Dictature des chapelets et de la solitude dans un Qu�bec qui chemine tranquillement vers un grand bouillonnement. La pi�ce phare de Michel Tremblay, Les Belles-soeurs, �tait la production communautaire de lUnith��tre cette saison. Publi�e en 1968, cette oeuvre r�solument f�ministe est surprenante dactualit� : langue vernaculaire, surmenage, acc�s � la sant� reproductive, des th�mes qui habitent universellement nos cuisines douvriers.

�Aujourdhui en Alberta et ailleurs dans le monde, lacc�s � l�ducation, aux soins m�dicaux et aux services sociaux nest pas toujours facile � parvenir surtout en r�gion. Pour moi, cette pi�ce est un cri de guerre. Un appel pour joindre nos forces. Pour offrir des choix aux femmes qui en auraient moins autrement�, �crit la directrice artistique du th��tre, Jo�lle Pr�fontaine.

Du y�y� fly� aux sobres habits beiges, une attention toute particuli�re a �t� port�e aux costumes, le travail magistral de Brianna Kolybaba. Mais cest avant tout la complicit� �vidente des 15 femmes sur sc�ne que nous avons remarqu�e : Lucie-Maude Desroches convaincante et in�branlable, �ve Marie Forcier aussi �lectrisante que provocante, Ren�e Bouchard violemment rustre et acari�tre et enfin Monique Beaunoyer-Richer et son naturel d�sarmant. Dans le r�le principal, Kathleen Stevens a brill�, toujours en pleine ma�trise dun texte, il faut le dire, difficile.

Mention sp�ciale enfin � la candide tirade dAnne-Marie Duchesneau spontan�ment enterr�e par les applaudissements chaleureux dun public conquis. Mention sp�ciale aussi aux monologues de Pascale Nadon et de Val�cia P�pin qui, eux, ont glac� la salle dun silence r�v�lateur.

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