le Samedi 14 mars 2026
le Samedi 14 mars 2026 8:00 Éducation

Vous me copierez 25 fois bon anniversaire aux Quatre-Vents !

C’est toute une communauté qui a été conviée le 19 février 2026 à souligner les 25 ans d’existence de l’École des Quatre-Vents. — Photo: Courtoisie
C’est toute une communauté qui a été conviée le 19 février 2026 à souligner les 25 ans d’existence de l’École des Quatre-Vents.
Photo: Courtoisie

C’est le 19 février que l’École des Quatre-Vents à Rivière-la-Paix a soufflé ses 25 bougies à l’occasion d’une soirée mémorable où toute la communauté scolaire s’est réunie pour partager un repas, des souvenirs précieux, échanger et célébrer ensemble.

Vous me copierez 25 fois bon anniversaire aux Quatre-Vents !
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C’est vrai qu’officiellement, l’École des Quatre-Vents a ouvert ses portes en septembre 1999. Normalement, les célébrations auraient dû avoir lieu plus tôt, mais en raison de la grève des enseignants, elles ont été remises à la mi-février.

Vingt-cinq ans dans la vie d’une école communautaire, ce n’est pas rien. L’École des Quatre-Vents occupe aujourd’hui une place essentielle dans la vitalité de la communauté francophone. Un quart de siècle après sa fondation, l’établissement de Peace River continue de grandir et d’attirer de nouvelles familles, preuve de l’importance de l’éducation en français dans la région.

Depuis 3 ans, Sarah Nickonchuk est la directrice de l’École des Quatre-Vents. 

Photo : courtoisie

Pour Sarah Nickonchuk, directrice de l’école depuis trois ans, le lien avec l’établissement dépasse largement son rôle administratif. Elle y est d’abord arrivée comme parent avant d’y enseigner.

« Mon aîné était inscrit à la prématernelle des Petits-Cœurs en 2009. Alors ça fait 17 ans déjà que je fais partie de la communauté de l’école. »

Au fil des ans, elle a vu l’école se transformer. En 1999, il n’y avait que maternelle, première et deuxième année. L’établissement, qui accueillait autrefois un nombre limité d’élèves au primaire, offre aujourd’hui un parcours complet, de la prématernelle à la 12e année.

La croissance est marquante : l’école compte désormais 117 élèves, soit plus du double de ce qu’elle accueillait lorsque Mme Nickonchuk a commencé à y enseigner en 2012.

L’ouverture du secondaire a aussi changé la trajectoire de nombreux jeunes francophones de la région. Autrefois, plusieurs devaient parcourir de longues distances, jusqu’à deux heures de route par jour, pour poursuivre leur scolarité en français, ce qui entraînait souvent un transfert vers le système anglophone.

Aujourd’hui, l’école réussit davantage à retenir ses élèves jusqu’à la fin de leurs études secondaires. Les groupes demeurent peut-être modestes en nombre, mais permettent un accompagnement étroit et des relations fortes entre les élèves et les enseignants.

Aimée Gagnon, finissante de L’École des Quatre-Vents, lors de son bal pour souligner la fin de son secondaire.

Photo : courtoisie

Un esprit de famille

C’est exactement ce que confiait Aimée Gagnon, au Franco, lorsque jointe au téléphone à Edmonton. Celle qui est en train de terminer un baccalauréat en éducation avec une majeure en musique au Campus Saint-Jean est allée aux Quatre-Vents, de la prématernelle jusqu’à la 12e année !

« J’ai trouvé que c’était une école formidable ! C’était super le fun d’être proche de mes enseignants. C’est une école qui a suivi mon apprentissage au maximum pour que j’aie du succès. Ils ont tout fait pour que je devienne une bonne adulte. »

Et si elle se destine à l’enseignement de la musique aujourd’hui – elle a déjà un poste qui l’attend au mois d’août prochain dans une école francophone ! – auprès de jeunes dans lesquels elle trouve plein de potentiel, c’est un peu grâce à l’École des Quatre-Vents, qui a cru en elle et qui « a tout fait pour m’accommoder dans mon parcours ».  

Les retrouvailles

Les célébrations du 25e anniversaire, le 19 février dernier, ont illustré cet esprit communautaire. L’école a accueilli un spectacle du groupe franco-ontarien LGS, très attendu par les élèves.

« J’étais heureusement surprise par le nombre de personnes qui sont venues, avoue la directrice. Moi, je dirais qu’on avait entre 120 et 150 personnes. »

Parents, anciens élèves, membres du personnel et grands-parents se sont réunis pour l’événement, transformant la soirée en une véritable fête communautaire.

L’ensemble franco-ontarien LGS, avec à sa tête Michel Bénac (à gauche), était de la fête du 25e anniversaire de l’École des Quatre-Vents.

Photo : courtoisie

La Québécoise Valerie Lévesque est enseignante depuis 2019 au sein de l’École des Quatre-Vents à Rivière-la-Paix.

Photo : courtoisie

Valérie Lévesque était aussi de l’événement. Aujourd’hui responsable d’une classe combinée de 3e et 4e année, avec un total de 20 élèves, Mme Lévesque apprécie la dynamique d’une petite école, où les relations se tissent naturellement et où chaque élève occupe une place importante dans la vie scolaire. À l’occasion des festivités du 25e, ses élèves ont d’ailleurs créé des coloriages inspirés d’anciennes photos de l’établissement afin de redécouvrir l’histoire de leur école.

Originaire du Québec, elle a choisi de s’établir dans la région pour des raisons familiales et amoureuses, son mari étant de Saint-Isidore. Elle enseigne aux Quatre-Vents depuis 2019.

Dans un contexte minoritaire comme celui du nord de l’Alberta, l’enseignement en français demande aussi de cultiver un sentiment d’appartenance chez les jeunes. L’enseignante cherche donc régulièrement des façons créatives de rendre la langue française vivante et attrayante pour ses élèves. « J’aime beaucoup faire du théâtre, alors on fait beaucoup d’impro et de théâtre » au sein de sa classe.

Une des initiatives qui lui tient particulièrement à cœur consiste à rapprocher les élèves des aînés francophones de la communauté. Une fois par mois, des rencontres intergénérationnelles permettent aux jeunes de partager des activités culturelles avec des grands-parents du village. La transmission culturelle et des liens humains sont ainsi créés et assurés.

Demain

Que réserve l’avenir pour l’École des Quatre-Vents ? Pour sa directrice, celle-ci espère poursuivre sur sa lancée et continuer à renforcer la présence francophone dans la région.

Selon Sarah Nickonchuk, il faut faire de cette école un lieu où la langue et la culture continuent de s’épanouir.

Quant à Valérie Lévesque, pour les années à venir, cette dernière souhaite voir le réseau scolaire francophone continuer de se développer et d’être aussi mieux soutenu. C’est-à-dire ? « Avoir plus de ressources en français… et plus d’appui du gouvernement. » Une histoire à suivre sans doute.

Lexique

Modeste : qui est simple, sans faste

Rencontres intergénérationnelles : échange actif entre des personnes d’âges différents, souvent des aînés et des jeunes, favorisant la transmission des savoirs et la compréhension mutuelle.

Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par une journaliste. Un outil d’intelligence artificielle a été utilisé pour la recherche, la transcription et la correction. La journaliste a vérifié l’exactitude des propos.