Soulignant le centenaire de l’ACFA ainsi que les quelque 200 ans de présence francophone en Alberta, sa présidente Nathalie Lachance a annoncé officiellement que son organisme rejoignait Canadiens pour toujours (Forever Canadian). Selon elle, compte tenu que le mandat de l’ACFA est de protéger les acquis des Franco-Albertains, de les défendre et de les faire progresser, « il est de notre responsabilité de prendre la parole », au moment où un référendum aura lieu à la fin du mois d’octobre 2026.
Cette prise de position va dans le sens des droits et garanties dont bénéficient les francophones de l’Alberta en raison de la Charte canadienne des droits et libertés. Elle a rappelé qu’au fil des ans, les gains des francophones ont été notamment le résultat d’ententes fédérales-provinciales, que ce soit dans les domaines de l’éducation, de la petite enfance, de la santé ou de l’immigration. « Ces avancées demeurent toutefois tributaires d’un cadre stable et d’une volonté politique constante » comme le souligne le communiqué de l’ACFA publié après la conférence de presse.
Les paroles de la présidente de l’ACFA ont visiblement ravi l’ancien vice-premier progressiste-conservateur albertain, Thomas Lukaszuk. Celui qui fut aussi notamment ministre de l’Éducation au début du siècle s’est réjoui de la décision de l’organisme francophone de joindre les rangs de son mouvement citoyen. Soulignant en anglais que le Canada se différenciait des États-Unis en raison de la présence francophone, il a annoncé que Forever Canadian devenait bilingue, incluant son logo, son site web ainsi que l’ensemble de ses outils de campagne.
Pour lui, il n’est pas question que l’Alberta connaisse les soubresauts « séparatistes » qu’a connus le Québec, d’où son appel à un Canada uni et « ancré dans la dualité linguistique » comme le précisaient les mots de l’ACFA dans son communiqué. Cet engagement de Canadiens pour toujours envers le bilinguisme est évidemment bien salué par l’organisme, qui y voit « le respect des droits et la reconnaissance de la diversité ».
Cependant, comme le demandait un intervenant lors de la période des questions après la conférence de presse, il faudrait aussi discuter avec les Franco-Albertains souhaitant l’indépendance de l’Alberta. Ils ont sûrement des arguments qui mériteraient d’être entendues.