le Mercredi 11 mars 2026
le Mercredi 11 mars 2026 8:00 Francophonie

Noirs, francophones et fiers : la FRAP et l’AJFAS ont donné le ton d’un mois de mémoire et de combat

De la gauche vers la droite, Mireille Isidore, directrice et fondatrice de Kayanou, et Marlin Schmidt, député provincial d’Edmonton Gold-Bar, tenant un document sur les personnalités noires de l’Alberta produit par Kayanou.

 — Crédit : Florentine Tchokote
De la gauche vers la droite, Mireille Isidore, directrice et fondatrice de Kayanou, et Marlin Schmidt, député provincial d’Edmonton Gold-Bar, tenant un document sur les personnalités noires de l’Alberta produit par Kayanou.
Crédit : Florentine Tchokote

Le 6 février, dans l’auditorium du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta, la Francophonie Canadienne Plurielle (FRAP), en collaboration avec l’Alliance Jeunesse-Famille de l’Alberta Society (AJFAS), a lancé officiellement le Mois de l’histoire des Noirs.

Noirs, francophones et fiers : la FRAP et l’AJFAS ont donné le ton d’un mois de mémoire et de combat
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Ce rendez-vous dépasse largement le cadre symbolique. Il affirme avec force la place des communautés noires francophones dans le paysage albertain. En contexte minoritaire, il devient un acte de visibilité, de reconnaissance et de fierté identitaire.

Tout au long du mois de février, activités culturelles, conférences et espaces de dialogue ont donc mis en lumière les parcours, les luttes et les contributions des personnes noires à l’histoire canadienne et particulièrement à l’histoire francophone de l’Ouest.

Au cœur du campus, une mémoire qui refuse l’oubli

Lieu emblématique de la francophonie albertaine, le Campus Saint-Jean a accueilli une rencontre où se sont entremêlés héritage, engagement et perspectives d’avenir.

Février devient ainsi un espace de transmission : un moment pour raconter, documenter et inscrire durablement les voix noires francophones dans le récit collectif.

Parmi les invités de marque figurait Marlin Schmidt, député provincial d’Edmonton-Gold-Bar. Il a salué la vitalité grandissante de la communauté lors d’une interview . 

C’est vraiment encourageant de voir à quel point la communauté noire a grandi et s’est renforcée au fil des années dans cette région. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’énergie des jeunes, profondément investis dans l’avenir de leur communauté. Je crois sincèrement que l’avenir de la communauté noire est solide et très prometteur

— Marlin Schmidt

Au-delà de l’enthousiasme, le député a rappelé l’importance de l’égalité en éducation : « Nous travaillons afin que l’éducation en français soit aussi forte et bien soutenue que l’éducation en anglais. »

Il a également souligné sa collaboration avec l’AJFAS pour garantir des services d’intervention à l’enfance accessibles aux familles francophones.

Documenter pour exister, archiver pour durer

Présente à l’événement, Mireille Isidore, directrice et fondatrice de Kayanou, a rappelé que la mémoire constitue un pilier essentiel de l’inclusion. 

Kayanou signifie “chez nous”. L’histoire des Noirs francophones de l’Alberta fait partie intégrante du récit collectif albertain. Nous travaillons à documenter et archiver cette histoire afin que notre inclusion mémorielle soit beaucoup plus forte

— Mireille Isidore

Elle insiste : « On ne vient pas seulement pour danser ou écouter de la musique. On vient pour faire entendre des voix, montrer des réalités et porter des messages ». Médecine, éducation, communication, arts : la diversité des parcours témoigne d’une communauté pleinement engagée dans la société albertaine.

KAYANOU est un organisme de bienfaisance canadien bilingue enregistré qui s’engage à préserver et à promouvoir l’apprentissage partagé des communautés noires francophones canadiennes en Alberta.

Luketa M’Pindou, directeur général de AJFAS, devant le stand de l’organisme Kayanou, lors du lancement du Mois de l’histoire des Noirs au Campus Saint-Jean.

Crédit : Florentine Tchokote

Lutter, sensibiliser, construire ensemble

Même appel à l’action du côté de Luketa M’Pindou, directeur général de l’AJFAS : « Le racisme existe au Canada. Des stratégies nationales sont en place, mais des événements comme celui-ci sont essentiels pour renforcer l’unité et poursuivre le travail collectif. Après cet événement, nous devons continuer à proposer des solutions et à créer des espaces communautaires. » 

Depuis plus de vingt ans, l’organisme s’engage dans la lutte contre le racisme et la promotion de l’unité au sein des communautés francophones et multiculturelles.

Une mobilisation qui dépasse février

Alphonse Ndem Ahola, directeur général de la FRAP, s’est dit « très fier » de ce lancement réalisé en partenariat avec plusieurs acteurs institutionnels et communautaires.

Conférences, ateliers, initiatives artistiques et rencontres intercommunautaires ont rythmé les semaines de février. Mais l’enjeu dépasse le calendrier car ouvrir le Mois de l’histoire des Noirs, c’est poser un geste politique, culturel et social : reconnaître le passé, valoriser le présent et bâtir une francophonie albertaine réellement plurielle, consciente de sa diversité et résolument tournée vers l’avenir.