le Samedi 21 mars 2026
le Samedi 21 mars 2026 8:00 Chronique

Racines et saisons – Chronique d’une ferme ancestrale francophone

Maison de Virginie Dallaire — Crédit : Virginie Dallaire
Maison de Virginie Dallaire
Crédit : Virginie Dallaire

Le mois de la francophonie

Racines et saisons – Chronique d’une ferme ancestrale francophone
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Bonjour chers lecteurs et lectrices, c’est un immense privilège pour moi de vous partager mon quotidien sur notre ferme ancestrale «off the grid», près de St-Paul, dans le nord-est de l’Alberta. Au fil des mois, je vous ferai découvrir une parcelle de notre mode de vie ainsi que la francophonie de notre région. Bonne lecture!

Mars, le mois de la francophonie. Enseveli sous les centimètres de neige qui ne cessent de s’accumuler dans notre cour, le printemps semble encore bien loin, même si le calendrier veut nous faire croire le contraire. Je me demande bien pourquoi avoir choisi ce mois pour honorer notre francophonie.

Mais en  y réfléchissant bien, je pense que c’est le mois tout approprié. Pourquoi cela? Hé bien, parce que la francophonie a la «couenne dure», comme on dit. Elle n’a pas peur de se montrer, de s’afficher, n’a pas peur des reculs et continue d’avancer tout comme le printemps qui ne saurait tarder, qui se pointe parfois le bout du nez hâtivement, nous donnant l’espoir d’un renouveau. C’est aussi le mois des cabanes à sucre, de la tire sur la neige, symbole même du fait français, surtout chez les jeunes je dirais. Cette sève qui nous lie, d’un bout à l’autre du pays, qui nous rappelle nos ancêtres, qui ont trimé dur en s’établissant en Alberta mais qui n’ont jamais oublié leurs racines. Une racine solide et fière. Et quoi de mieux pour adoucir les cœurs et les mœurs  qu’un  bon bâton de tire bien collé au palais ahahha! 

Virginie Dallaire

 

Crédit : Virginie Dallaire

Mars c’est le mois des possibles, le mois où l’on réfléchit à ce qu’on plantera au jardin lorsque la couverture de neige blanche aura fondu et que la terre dégèlera. On imagine, on se réinvente, on essaiera peut-être de faire pousser une ou deux nouvelles variétés  de légumes. 

Et cette francophonie, comme un jardin, elle germe, elle pousse, grandit avec l’arrivée de francophones de divers continents, venus pour se dessiner un avenir et pour partager leurs cultures. 

Enfin oui, mars est le mois tout approprié pour célébrer notre francophonie alors que la météo teste notre résilience et notre courage. Notre langue aussi est parfois mise à l’épreuve, au test du temps, de la technologie, des modes. Elle n’en sort toutefois pas moins belle, forte et réinventée.  Elle vit d’espoir, tout comme nous. Espoir que le printemps revienne, espoir qu’elle perdura encore longtemps, comme la rose qui renaît toujours au printemps.