Dans le communiqué émis par la FCSFA à la suite de la remise du Prix FCSFA 2025 ainsi que du Prix Ami FCSFA 2025 décerné à Nate Glubish, le ministre de la Technologie et de l’Innovation, la Fédération a notamment souligné le défi de Michelle Hunter d’avoir dirigé en 1998 la toute nouvelle école francophone de Grande Prairie, l’École Nouvelle Frontière (ÉNF). En provenance du Québec, elle avait auparavant enseigné dans les programmes d’immersion à Grande Prairie. « Tout au long de sa carrière de plus de 20 ans au sein du Conseil scolaire du Nord-Ouest (CSNO), elle s’est distinguée par son dynamisme, sa créativité, sa capacité à inspirer ses équipes, à mener des projets ambitieux et à garantir leur succès », de souligner le communiqué.
Face à tant d’éloges, l’heureuse nommée a vécu avec humilité, sans tambour ni trompette, ce moment de gloire le 10 avril dernier. « Je ne savais pas trop comment partager ça… je préfère que ce soient les journaux qui le fassent ! » Cette distinction lui a toutefois permis de prendre un moment de recul : « J’étais dans une belle vague de reconnaissance… c’était bien quand même bien d’être toute seule et de tout réanalyser. »
Vivre sa francophonie
Pour Michelle Hunter, l’école francophone est souvent « la seule place où les élèves peuvent vraiment vivre en français ». Elle insiste sur l’importance de transmettre bien plus qu’une langue .
La francophonie, c’est dans l’âme. C’est la poésie, c’est la musique
Pourtant, les défis d’attraction et de rétention sont bien réels, notamment face aux infrastructures souvent plus attrayantes des écoles anglophones. Les élèves ne sont pas aveugles. Face à une école qui ressemble à un château, la lauréate est la première à l’avouer : « Mes élèves rendus en 8e, 9e année, ce qu’ils contemplaient… c’était le château. »
Au fil des années, elle a multiplié les initiatives pour faire vivre le français au-delà des murs de l’école. Elle se souvient notamment d’un projet marquant avec ses élèves : « J’avais fait écrire mes élèves de quatrième année à McDonald’s pour offrir des livres en français… et ils l’ont fait. » Des années plus tard, un ancien élève à l’emploi de la multinationale américaine lui écrit pour lui dire que ces livres sont toujours présents !
Vous avez dit retraite ?
Même aujourd’hui, à la retraite — ou plutôt dans une forme de retraite active — elle continue de s’engager.
Ce n’est pas vraiment la retraite… je choisis plus qu’est-ce que je pense que je suis capable d’apporter »
Elle accompagne désormais les futurs enseignants en tant que professeure conseillère à l’Université de l’Alberta, contribuant ainsi à former la prochaine génération.
Son engagement repose sur une conviction profonde : cesser de parler d’insécurité linguistique, mais plutôt de développer une « sécurité linguistique » chez les élèves.
Pour l’avenir, Michelle Hunter souhaite avant tout l’équité. « Que les élèves qui ont le droit d’étudier en français aient les mêmes services que s’ils allaient à côté », résume-t-elle. Elle rêve aussi que les écoles francophones soient aussi bien équipées que celles du côté anglophone. Elle rêve d’espaces culturels, d’auditoriums et d’une présence accrue du français dans l’espace public.
Après plus de trois décennies, son regard reste empreint d’espoir et de détermination. Car pour elle, chaque geste compte .
Si tu veux quelque chose, il y a moyen de le faire en toute humilité et de bonne foi
Une philosophie qu’elle continue de transmettre aux futures générations d’enseignants et d’enseignantes.
Lexique
Rétention : action de garder, de fidéliser des individus au sein d’un mouvement, d’un organisme voire de la francophonie.
Équité : principe de justice qui consiste à traiter une personne de manière adaptée à ses besoins et circonstances spécifiques plutôt que de manière uniforme.
Déclaration IA : Le présent article a été rédigé par un journaliste. Un outil d’intelligence artificielle a été utilisé pour appuyer la transcription des entrevues. Le journaliste a vérifié l’exactitude des propos.