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le Jeudi 14 mars 2024 8:58 Arts et culture

Un organisme par et pour les écrivain.e.s francophones du Nord et de l’Ouest canadiens

Le Regroupement des écrivain.e.s du Nord et de l’Ouest canadiens (RÉNOC) a tenu son assemblée de fondation officielle le samedi 10 février dernier. Photo : Capture écran - Facebook RÉNOC
Le Regroupement des écrivain.e.s du Nord et de l’Ouest canadiens (RÉNOC) a tenu son assemblée de fondation officielle le samedi 10 février dernier. Photo : Capture écran - Facebook RÉNOC
(IJL - RÉSEAU.PRESSE - LE FRANCO) - Le Regroupement des écrivain.e.s du Nord et de l’Ouest canadiens (RÉNOC) a tenu son assemblée de fondation officielle le samedi 10 février dernier. Ce tout nouvel organisme répond à un besoin crucial pour les artistes littéraires franco-albertains : celui d'avoir des occasions de réseautage, de promotion et de représentation encore trop rares dans leur province de l’Ouest.
Un organisme par et pour les écrivain.e.s francophones du Nord et de l’Ouest canadiens
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Les balbutiements de ce projet de longue haleine ont débuté en 2019 lorsque le Conseil culturel fransaskois (CCF) a obtenu une subvention de Patrimoine canadien pour accueillir des auteur.e.s de l’Ouest et du Nord lors de sa retraite d’écriture annuelle. Pandémie de COVID-19 oblige, l’événement avait été reconverti en rencontres virtuelles qui ont finalement eu lieu en 2021.

«Malgré le format, ça nous a permis de mener une réflexion sur le secteur et sur nos besoins comme auteurs», explique Josée Thibeault, nouvelle membre du conseil d’administration du RÉNOC

Le conseil d’administration compte un membre par province de l’Ouest (Colombie-Britannique, Alberta, Saskatchewan et Manitoba) et par territoire (Yukon et Nunavut), à l’exception des Territoires du Nord-Ouest qui ne sont pas représentés pour le moment.

Josée Thibeault siège sur le conseil d’administration du Regroupement des écrivain.e.s du Nord et de l’Ouest canadiens (RÉNOC). Photo : Courtoisie

D’après l’autrice franco-albertaine, ces échanges ont mené à un processus d’exploration approfondi et éventuellement au désir de créer un organisme capable de représenter les artistes littéraires francophones dans différentes tables de concertation et d’offrir des services de réseautage et de rayonnement. 

Or, malgré le travail accompli au cours des derniers mois, Josée demeure réaliste par rapport à la tâche qui reste à accomplir pour concrétiser cette vision. «On s’embarque dans quelque chose. Créer un organisme, c’est beaucoup de travail, c’est lourd et ça retombe sur les épaules de bénévoles pendant de nombreuses années. On a décidé d’aller de l’avant quand même, alors on va mettre la main à la pâte», indique-t-elle. 

Sa bonne amie et collègue du milieu littéraire, Gisèle Villeneuve souligne, quant à elle, que plusieurs écrivains étaient ouverts à l’idée de continuer à tenir des rencontres de types informelles sans «la quincaillerie d’un organisme». Elle s’était impliquée dans ces premières démarches.

Pourtant, par souci de diversification des sources de financement et afin d’éviter que le fardeau ne repose uniquement sur les épaules d’un organisme provincial, d’autres écrivains préféraient avancer vers la création d’une entité regroupant plusieurs provinces et territoires. 

«C’est beaucoup de travail […] Moi, j’ai préféré prendre mes distances à ce moment-là. Je ne me voyais pas m’embarquer dans une question d’administration. […] Je crois qu’on peut être dans les coulisses et quand même contribuer à notre façon», précise-t-elle. 

Désert littéraire

Au-delà des débats sur la structure de l’organisme littéraire, Gisèle exprime sa consternation devant le nombre restreint d’auteurs albertains qui ont manifesté de l’intérêt pour le RÉNOC depuis le début des consultations de fondation. Elle se demande si cette situation est due à un manque d’enthousiasme pour l’initiative ou à la faible masse critique d’écrivains dans la province.

«Je ne comprends pas pourquoi c’est si statique ici, c’est difficile de voir si l’organisme changera les choses. […] On n’a pas un gros groupe d’écrivains francophones et on est très éparpillés sur le territoire», mentionne-t-elle.

Josée Thibeault perçoit, elle aussi, une certaine tiédeur à mettre l’épaule à la roue. Elle invite, de son côté, les écrivains franco-albertains à s’impliquer davantage au sein de l’organisme. «Il ne faut pas juste attendre que ça se mette sur pied en se disant “je veux des services”, affirme-t-elle. Dans notre milieu, quand on donne, on reçoit aussi. N’ayez pas peur de vous impliquer et sinon [soyez] au moins présents quand on organise des rencontres.»

Elle espère également que l’organisme puisse insuffler un vent de fraîcheur et de renouveau dans un secteur qui semble peu dynamique, voire désertique présentement. Il importe de préciser que les artistes littéraires franco-albertains ne bénéficient ni d’une maison d’édition ni d’une association qui les représente spécifiquement, bien que le Regroupement artistique francophone de l’Alberta (RAFA) fasse de «l’excellent travail». 

«C’est vrai qu’on est un peu laissés à soi-même ici. Il faut qu’on publie dans d’autres provinces, soit au Québec ou en Ontario. Le côté académique est absent aussi […] et il n’y a pas beaucoup de liens entre les écrivains et l’université», mentionne-t-elle en faisant partiellement échos aux propos d’un article publié en décembre dernier dans vos pages

Comme l’adhésion au nouvel organisme est accessible et vise à inclure un large éventail de membres, l’autrice estime que cela encouragera de nombreux artistes littéraires, quel que soit leur niveau d’expérience, à rejoindre le RÉNOC. 

Entre autres, les écrivains reconnus par leurs pairs pourront obtenir une carte de membre en titre, tandis que les Franco-Albertains qui s’intéressent à l’écriture, mais qui n’ont pas encore publié, pourront obtenir le titre de membre stagiaire. Des membres alliés pourront aussi se joindre. Une bonne manière de former la relève, confirme Josée.

Sans compter que la définition d’écrivain adoptée par l’organisme est large, englobant les scénaristes, les auteurs de théâtre et même les paroliers, de sorte à élargir la masse critique. «C’est l’écriture sous toutes ses formes», affirme l’autrice.

Gisèle Villeneuve est une écrivaine franco-albertaine. Photo : Courtoisie

Démarches administratives

Le conseil d’administration du RÉNOC se penchera, au cours des prochains mois, sur l’organisation d’une première retraite littéraire qui pourrait avoir lieu cet été. Cet événement sera une première occasion officielle de réseautage et d’échanges pour les auteurs.

«On a fait une demande de subvention […] et on attend des nouvelles», affirme Josée. En outre, d’autres démarches telles que l’enregistrement officiel de l’organisme et la création de son site web sont attendues prochainement.

GlossaireConsternation : Accablement, abattement