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le Samedi 16 mars 2024 13:23 Arts et culture

À Edmonton, des jeux de société en français à disposition

Lucero Hernandez, coordonnatrice des programmes à l'Institut Guy-Lacombe de la famille, présente deux jeux-questionnaires. Photo : Aidan Macpherson
Lucero Hernandez, coordonnatrice des programmes à l'Institut Guy-Lacombe de la famille, présente deux jeux-questionnaires. Photo : Aidan Macpherson
(IJL - Réseau.Presse - Le Franco) - Aujourd'hui, la communauté francophone d'Edmonton profite d'une pléthore de jeux de plateau disponibles dans la langue de Molière. Entre l'association Les Portes Rouges et l'Institut Guy-Lacombe de la famille, jeunes et moins jeunes ont accès à un passe-temps abordable qui favorise la camaraderie, l'appartenance et le développement cognitif.
À Edmonton, des jeux de société en français à disposition
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Si les jeux de société évoquent le souvenir de longues soirées en famille et restent un divertissement populaire chez les jeunes, beaucoup d’adultes sont aussi des adeptes de la riche sélection de jeux abordant des thématiques spécialisées. Source de plaisir et d’information, cette activité attire de nombreux acolytes de tous âges. 

Originaire de Saint-Hyacinthe au Québec, Frédéric Purtell s’est installé en Alberta en 2008. Joueur invétéré, il a décidé de fonder la ludothèque associative Les Portes Rouges. Un organisme qui, comme son nom l’indique, prête gratuitement des jeux de société à celles et ceux qui le désirent. Il y voit un lieu accueillant et ludique ouvert à tous. Il insiste, le nom de l’association met l’accent sur cet esprit d’ouverture. 

Dans de nombreuses cultures, les portes rouges symbolisent un accueil chaleureux, comme c’était le cas aussi dans la religion catholique, «une place où les gens se sentent en sécurité». Un sentiment qu’il considère comme particulièrement pressant aujourd’hui. «On est la génération […] la plus isolée qui n’a jamais existé», déplore-t-il. «Il y a de moins en moins de gens qui se rencontrent pour […] prendre le temps de jouer» ensemble.

Située dans son appartement du quartier Bonnie Doon, à quelques pas d’un arrêt de tramway et de La Cité francophone, la ludothèque compe plus de 1100 jeux accessible à tous. Le père de famille a débuté celle-ci, il y a dix ans, dans un objectif bien précis : distraire son fils qui vivait trop, raconte-t-il, «dans son cellulaire». 

Très impliqué comme parent de l’École À la Découverte, Frédéric Purtell a rencontré d’autres familles francophones qui s’intéressaient aussi aux jeux de société et a développé un réseau de connaisseurs partageant sa passion.

Pour programmer une visite de la ludothèque Les Portes Rouges, les gens peuvent écrire à frederic.purtell@lesportesrouges.org.

Frédéric Purtell présente le jeu Gaia, un de ses préférés, devant des étagères d’autres titres dans la ludothèque Les Portes Rouges. Photo : Aidan Macpherson

Une association en pleine croissance

Devenue un organisme sans but lucratif en 2019, la ludothèque Les Portes Rouges est principalement fréquentée par les proches de son fondateur. Cependant, Frédéric Purtell espère aller plus loin afin d’offrir une plus grande visibilité à la ludothèque. Il a déjà acheté un nom de domaine et cherche un développeur pour créer un site web. Les joueurs intéressés peuvent tout de même explorer sa collection depuis son profil sur Board Game Geek, une plateforme numérique dédiée aux amateurs de jeux de société.

Au fil des ans, Frédéric Purtell a acheté des jeux avec ses propres deniers. Mais «je suis limité […]», précise-t-il. En novembre 2023, La ludothèque a toutefois reçu un financement de 500$ de La Fondation franco-albertaine pour appuyer son développement. 

Aujourd’hui, Frédéric Purtell est à la recherche d’autres passionnés pour étoffer son conseil d’administration, car son organisme a, lui aussi, été victime de la pandémie de COVID-19. Il espère très vite recevoir plus de financement afin de louer, peut-être, un local commercial et avoir une équipe à temps plein pour recevoir la clientèle. Et il en est persuadé, la ludothèque Les Portes Rouges est très appréciée dans la communauté. «Ça a sa place!», s’exclame-t-il en se rappelant certains accros qui peuvent passer «douze heures» d’affilée à jouer entre amis.

Une rangée de jeux de société à l’Institut Guy-Lacombe de la famille. Photo : Aidan Macpherson

Les jeux de société comme outil de développement de l’enfant

Si l’association Les Portes Rouges lutte contre l’isolement social par le biais du jeu, l’Institut Guy-Lacombe de la famille (IGLF), par la voix de sa coordonnatrice des programmes, Lucero Hernandez, reconnaît aussi l’importance de ce passe-temps pour le développement de l’enfant. L’organisme dispose d’ailleurs de plus d’une centaine de titres destinés aux enfants et aux adolescents, et ce, entièrement en français. 

Lucero déclare adorer les jeux de société. Ancienne enseignante, elle a fait une maîtrise sur le rôle des jeux dans le développement des compétences écrites et intègre aujourd’hui sa passion dans l’exercice de ses fonctions professionnelles.

Pour elle, les jeux jouent un rôle important dans le développement des enfants parce qu’ils «favorisent la capacité d’attention» et «développent la mémoire et l’esprit logique, le sens de l’observation et le langage»

La pédagogue met aussi l’accent sur l’aspect de la socialisation. «Il y a beaucoup de personnes qui aiment gagner», observe-t-elle, mais d’autres «qui ne savent pas perdre». Les jeux de société apprennent ainsi aux jeunes à ne pas être de «mauvais perdants».

L’IGLF permet aux membres de sa bibliothèque/joujouthèque d’emprunter ses jeux et offre aussi au public la possibilité de jouer sur place sans adhésion. L’enseignante de formation invite aussi ses collègues à utiliser ces ressources pour approvisionner leurs salles de classe. 

Et puisque le jeu a aussi un aspect compétitif, l’IGLF planifie en 2024 des tournois pour les adolescents. Une nouvelle initiative qui rassemblera passionnés et néophytes autour de ce passe-temps populaire.

GlossaireLudothèque : centre où l’on peut emprunter des jouets et de jeux de société au lieu de livres