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L’hiver en attelage : découverte du traîneau à chiens en montagne

Le traîneau à chiens est une activité très populaire dans les Rocheuses. Photo : Courtoisie - Kingmik Dog Sled Tours
Le traîneau à chiens est une activité très populaire dans les Rocheuses. Photo : Courtoisie - Kingmik Dog Sled Tours
(IJL - RÉSEAU.PRESSE - LE FRANCO) - Parcourir les paysages enneigés des Rocheuses à travers une excursion en traîneau à chiens s’avère une expérience grandiose aussi bien pour les touristes que pour les locaux de la province. Cet hiver, les aléas météorologiques ont cependant perturbé le déroulement normal de la saison, ajoutant une complexité inattendue dans la vie des guides et des clients en quête d'aventures hivernales.
L’hiver en attelage : découverte du traîneau à chiens en montagne
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Cynthia Lecours est une guide francophone qui travaille pour l’entreprise de traîneau à chiens Kingmik Dog Sled Tours. Photo : Courtoisie 

«En temps normal, la saison commence le 1er décembre. Malheureusement, cette année, en raison du manque de neige, on a commencé un peu plus tard. On est vraiment à la merci de mère Nature», illustre Cynthia Lecours, une guide francophone qui travaille pour l’entreprise Kingmik Dog Sled Tours depuis 2014. 

Chaque hiver, cette passionnée quitte son Québec natal pour se rendre dans l’Ouest avec ses chiens afin de faire vivre des moments inoubliables aux visiteurs du lac Louise. Si elle renoue avec cette migration annuellement, c’est en raison du «travail de collaboration et des conditions de travail incroyables» qu’elle expérimente avec son équipe locale.

Outre la neige tardive, Cynthia raconte que les changements brusques de température qu’a connue la province ont également posé quelques soucis à l’entreprise de traîneau à chiens, entraînant le report de certaines excursions. En effet, elle souligne que les chiens ont besoin d’une période d’acclimatation avant de performer sous des températures extrêmement froides alors que la veille, elle étaient positives. «Quand il y a des vagues de froid comme en janvier, qu’il y a quarante degrés de différence du jour au lendemain, les poumons des chiens n’ont pas eu le temps de s’habituer», explique Cynthia.

Et lorsque le mercure connaît des variations aussi importantes, comme cela a été le cas lors du dernier mois, des stratégies doivent aussi être mises en œuvre par les guides pour garantir que les pistes empruntées par les chiens ne soient pas endommagées. «On réduit le nombre de chiens sur l’attelage. Ça permet de diminuer notre puissance et de ne pas trop utiliser le frein, ce qui pourrait creuser la neige.»

Heureusement, les conditions enneigées sont généralement meilleures au lac Louise, préservé des chinooks contrairement à d’autres endroits dans les Rocheuses. Cynthia souligne que lorsque la neige s’accumule au sol, il est rare qu’elle fonde, et ce, jusqu’à la mi-avril. «On est chanceux, l’entreprise est basée dans un endroit idéal. La neige ne fond pas, même au printemps. Ce qui nous arrête, c’est le soleil qui commence à taper trop fort», ajoute la guide.

L’excursion d’Océane Feuger et de son conjoint a été une belle réussite malgré les aléas de la météo. Photo : Courtoisie

Des contretemps pour les visiteurs 

Si la météo a joué des tours aux entreprises de traîneau à chiens dans les derniers mois, les clients en ont également subi les conséquences. Océane Feuger, une résidente de Calgary, a notamment vu son projet d’excursion être annulé à deux reprises. Elle a finalement opté pour une sortie différente de celle initialement prévue afin de pouvoir y participer. 

«La neige n’était pas praticable pour le tour que l’on voulait, où on aurait pu voir les paysages montagneux. Finalement, on a fait un tour qui était à l’arrière d’un ranch, c’était plus informatif, avec des arrêts pour observer un tipi, par exemple», raconte-t-elle. 

Malgré ces contretemps, Océane raconte avoir eu beaucoup de plaisir à découvrir l’univers du traîneau à chiens et surtout à observer le travail des guides de Mad Dogs Expeditions. Elle a été étonnée de constater à quel point les animaux étaient accueillants et n’hésitaient pas à approcher les visiteurs.

«J’ai été agréablement surprise. J’avais des craintes au départ, car je n’aime pas l’[exploitation] des animaux, mais il y avait tellement un beau lien entre les travailleurs et leurs chiens. On comprend à quel point ils ont à cœur leur santé», mentionne-t-elle.

Les chiens peuvent courir par temps froid, mais leurs poumons doivent s’adapter auparavant. Photo : Courtoisie – Océane Feuger

Une relation tout en douceur

Pour Cynthia Lecours, maintenir un contact tout en bienveillance avec ses vingt-quatre huskys est essentiel. Elle priorise d’abord les besoins de ses chiens, malgré les sacrifices et les responsabilités que ce mode de vie exige au quotidien. «Je suis en congé aujourd’hui, mais je me suis quand même réveillée à quatre heures du matin pour faire toutes mes tâches. La grasse matinée, ce n’est pas possible», confie-t-elle en riant.

Mettre les besoins des chiens au premier plan, c’est aussi s’adapter au type de course de chaque animal pour s’assurer qu’il demeure efficace, confortable et aussi pour «éviter qu’il ne s’épuise». Le husky, tel un marathonien, doit trouver son rythme et économiser son énergie sans quoi il risque de se blesser.

«Ils peuvent atteindre une vitesse de croisière autour de quarante kilomètres à l’heure, mais ce n’est pas notre objectif. On est vraiment fiers de la manière dont on travaille avec nos chiens, c’est la plus grande priorité», se permet d’ajouter Cynthia. 

D’ici à ce qu’elle reparte vers le Québec, la guide s’attend à ce que Kingmik Dog Sled Tours continue de connaître une forte affluence de visiteurs. Il n’est pas rare que l’entreprise doive placer des gens sur une liste d’attente en raison de la demande élevée. 

«On accueille des gens du Texas, des Australiens, beaucoup de touristes qui n’ont pas d’hiver à la maison et qui réservent des mois à l’avance», explique Cynthia. Et depuis la pandémie, ajoute-t-elle, il est de plus en plus fréquent de recevoir des clients albertains et du reste du Canada. 

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