le Jeudi 18 avril 2024
le Mardi 12 mars 2024 21:00 Calgary

Démonstration dynamique des vertus du mentorat d’affaires

(De gauche à droite) Marc Lacrampe et Isabelle Daigneault, chefs mentors du réseau Mentorat Entrepreneurs Alberta. Photo : Arnaud Barbet
(De gauche à droite) Marc Lacrampe et Isabelle Daigneault, chefs mentors du réseau Mentorat Entrepreneurs Alberta. Photo : Arnaud Barbet
(IJL - RÉSEAU.PRESSE - LE FRANCO) - Une vingtaine de participants d’horizons différents ont pris part à un jeu de rôle, le samedi 10 février, lors d’un atelier dynamique proposé par deux chefs mentors du réseau Mentorat Entrepreneurs Alberta dans le cadre du Rendez-vous d’affaires (RVA) 2024.
Démonstration dynamique des vertus du mentorat d’affaires
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Le mentorat se définit avant tout comme une relation d’accompagnement basée sur l’écoute, la confiance et le respect mutuel. «Ce n’est pas une science, c’est un art. Il faut beaucoup d’empathie pour être mentor», explique Marc Lacrampe, chef mentor, ingénieur de formation et consultant dans un cabinet-conseil en gestion.

Pour guider efficacement les entrepreneurs qu’il encadre, le mentor doit donc adopter une stratégie qui favorise l’autonomie. Cela implique de poser des questions pertinentes, de susciter la remise en question et d’encourager la réflexion personnelle. Les suggestions trop directes sont toutefois à proscrire. «Il faut placer l’entrepreneur (le mentoré) au milieu et l’aider à cheminer pour qu’il trouve ses propres solutions», mentionne Marc.

«On a le réflexe de vouloir donner des conseils et la ligne est mince. Tant qu’on accompagne la personne et non ses problèmes, c’est le plus important. Si on suggère, c’est avec des questions ouvertes comme “as-tu pensé à faire ça?”», renchérit Isabelle Daigneault, consultante en marketing et en image de marque.

Bien que Marc et Isabelle exercent tous deux comme consultants, ils soulignent que leur rôle de chefs mentors ne consiste pas à accompagner les entrepreneurs dans la gestion de leur entreprise ni à agir en tant qu’experts. «C’est un rôle bénévole, ce n’est pas du service-conseil et ce n’est pas du coaching», appuie Isabelle. 

Quelques participants avaient déjà bénéficié d’un mentorat par le passé et en avaient constaté les effets positifs, comme Alethe Kabore (en arrière-plan, vêtue d’un chandail noir). Photo : Gabrielle Audet-Michaud

Des notions à l’action

En mettant en pratique ces principes, les participants ont eu l’occasion de se confronter aux défis du mentorat dans un exercice de jeu de rôle. Chaque table s’est vu attribuer une mise en situation sur une problématique définie et les entrepreneurs ont endossé le rôle de mentor pendant quelques minutes. Cette expérience s’est révélée «beaucoup plus difficile» qu’elle n’y paraissait, ont souligné quelques participants.

Certains se sont retrouvés à proposer une multitude de solutions et de conseils à leur mentoré sans prendre véritablement le temps d’écouter les enjeux auxquels celui-ci était confronté. D’autres ont trop insisté sur leurs propres expériences de vie sans ramener la discussion vers le sujet principal. «Cela nous fait réaliser à quel point c’est tout en subtilité», mentionne Alethe Kabore, l’une des participantes, à l’issue de l’exercice.

Si elle se frottait pour la première fois au rôle de mentor, elle relate avoir été mentorée lors du lancement de son entreprise de mode, il y a quelques années. «Ce processus m’a été extrêmement bénéfique pour trouver des solutions et faire progresser mon entreprise. À chaque discussion avec mon mentor, j’ai pu avancer et prendre des mesures concrètes», explique-t-elle.

Cette expérience lui a également permis de se sentir moins isolée dans sa démarche d’entrepreneure solo. «C’est réconfortant de savoir que d’autres entrepreneurs se posent également des questions et rencontrent des difficultés», ajoute-t-elle.

Les participants à l’atelier se sont mis dans la peau d’un mentor pendant quelques minutes, un exercice qui s’est révélé plus difficile qu’en apparence. Photo : Arnaud Barbet

Mentors recherchés 

L’atelier était également l’occasion de promouvoir le réseau Mentorat Entrepreneurs Alberta auprès de la communauté d’affaires dans le but de recruter de nouveaux membres. Selon Isabelle Daigneault, le recrutement s’avère plus ardu «en contexte minoritaire». Elle observe que de nombreuses entreprises franco-albertaines sont en phase de démarrage, ce qui n’est pas le statut idéal pour bénéficier d’un mentor. 

«Le mentorat vise à aider les entrepreneurs à perdurer une fois qu’ils sont déjà lancés. Pour le démarrage, le CDÉA […] a plusieurs programmes spécifiques», indique-t-elle.

En outre, il s’avère difficile de trouver des mentors qui ont l’expérience, la maturité et la sagesse nécessaires pour guider leurs pairs sur le plan professionnel, ajoute Marc Lacrampe. Compte tenu de l’engagement professionnel et humain à long terme que ce rôle implique, ce ne sont pas tous les entrepreneurs expérimentés qui souhaitent s’y investir. Surtout que des formations sont requises pour acquérir les compétences exigées par le réseau. 

«C’est pour cette raison qu’on essaie d’organiser des événements quelques fois par année pour faire connaître le réseau. À l’issue de l’atelier du RVA, il y a d’ailleurs une personne qui s’est présentée pour être mentor», ajoute Marc.

GlossaireProscrire : Condamner l’usage de quelque chose