Les écoles de Falher sont fortement liées à leurs racines francophones

Écrit par : Isaac Lamoureux

16 septembre 2022

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Des élèves de l’école Routhier font la file devant leur enseignant. Crédit : Isaac Lamoureux
Bien que Falher porte le nom d’un missionnaire français, elle est d’abord connue pour être la capitale du miel au Canada. Et pourtant, sa forte communauté francophone est bien représentée dans ses deux écoles. L’école Héritage (francophone) et l’école Routhier (anglophone et immersion française) permettent le renforcement de la communauté francophone. Mais malgré une augmentation récente du financement, certains craignent que la francophonie soit toujours en danger.

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Isaac Lamoureux
IJL – Réseau.Presse – Le Franco

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Falher ne compte que deux écoles qui ont néanmoins un lien fort avec la communauté francophone locale.

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L’école Héritage accueille des élèves francophones de la prématernelle à la 12e année. Gérée par le Conseil scolaire du Nord-Ouest (CSNO), elle «voit son nombre d’étudiants augmenter d’environ 1 à 2% par an», dit Brigitte Kropielnicki, la directrice générale du CSNO. Malgré le fait que l’école ait près de 155 élèves, la fréquentation n’est pas encore suffisante «pour avoir un directeur adjoint», regrette la nouvelle directrice, Élise Tanguay. Elle peut tout de même compter sur l’aide de l’ancienne directrice, Nicole Walliser, qui est de retour à l’enseignement en salle de classe.

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Les autobus scolaires ont repris du service à l’école Héritage. Crédit : Isaac Lamoureux

Les autobus scolaires ont repris du service à l’école Héritage. Crédit : Isaac Lamoureux

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À quelques rues de là, l’école Routhier, qui partage un conseil d’école commun avec l’école Georges P. Vanier située à Donnelly, offre des services de la petite enfance à la 6e année. Elle propose une scolarité en anglais et en immersion française. La moitié de ses 170 élèves la font en français.

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La symbiose entre les écoles francophone et d’immersion française

Bien qu’il s’agisse de deux entités complètement distinctes, gérées par deux conseils scolaires différents, les deux écoles de Falher se complètent. De nombreux élèves fréquentent même l’école Routhier en début de scolarisation avant de rejoindre l’école Héritage.

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Élise Tanguay explique que l’inscription à l’école Héritage est en lien avec la Charte canadienne des droits et libertés. Alors si l’enfant n’a pas un parent ou un grand-parent francophone, la famille doit «faire une demande à notre Conseil ou à la directrice générale, expliquant pourquoi ils veulent envoyer leur enfant à l’école francophone».

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Élise Tanguay, nouvelle directrice de l'école Héritage, est ravie de retrouver ses élèves. Crédit : Courtoisie

Élise Tanguay, nouvelle directrice de l’école Héritage, est ravie de retrouver ses élèves. Crédit : Courtoisie

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Alors que la fréquentation augmente lentement, il est toujours difficile de trouver des enseignants. Mme Kropielnicki explique que souvent, les personnes qui viennent travailler dans la région sont elles-mêmes natives de celle-ci. «Quand les jeunes reviennent dans la région, ils sont avec leur famille. C’est certain qu’ils veulent vivre l’expérience d’aller en ville et tout, mais à un moment donné, on est bien dans le nord-ouest.»

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Elle assure que c’est tout de même une belle place pour élever des enfants et valide qu’ici, la communauté francophone est vivante.

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L’emprise de la pandémie sur l’apprentissage

À cause de la pandémie, certains parents craignent que leurs enfants aient pris du retard dans leur scolarité. La directrice générale du CSNO mentionne qu’«il ne faut pas oublier qu’il y a toujours un retard, qu’il y ait une pandémie ou pas : durant l’été, les élèves oublient. C’est normal. Cela existe depuis la création des vacances d’été». Elle explique d’ailleurs que les enseignants font un profil de classe pour voir où en sont leurs élèves et ainsi pouvoir mieux les aider.

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«Il ne faut pas oublier qu’il y a toujours un retard, qu’il y ait une pandémie ou pas : durant l’été, les élèves oublient.» Brigitte Kropielnicki

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Brigitte Kropielnicki ajoute que dans les derniers mois de la pandémie de COVID-19, «nous avions besoin d’un peu plus d’appui». Le fonds, par le biais d’une subvention d’équivalence francophone actualisée récemment mise en œuvre par le ministère de l’Éducation, sont là pour appuyer les conseils scolaires francophones et leurs écoles.

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Longue vie à la francophonie!

Le modèle financier le plus récent, introduit en 2020 par Jason Kenney, donnait aux conseils scolaires francophones 250 $ par élève. Heureusement, la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta (FCSFA) a récemment réussi à faire passer ce plan à 5 millions de dollars pour l’année scolaire 2022-2023.

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Cela équivaut à une subvention de 612,46 $ par élève francophone de la maternelle à la 9e année et de 673,71 $ par élève de la 10e à la 12e année. Cela correspond à peu près à ce qu’elle était en 2019, soit 624,24 $ par élève.

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Tanya Saumure, présidente de la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta (FCSFA), déclare que l’organisme «accueille favorablement l’annonce d’un ajustement du financement des écoles afin de mieux répondre aux besoins des élèves francophones de la province».

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Brigitte Kropielnicki, directrice générale du CSNO. Crédit : Courtoisie

Brigitte Kropielnicki, directrice générale du CSNO. Crédit : Courtoisie

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Mme Kropielnicki estime d’ailleurs que ce financement reconnaît le besoin des écoles francophones de fonctionner de la même façon et équitablement avec celles de la majorité linguistique. «Le gouvernement provincial a reconnu cette différence-là. Pour le CSNO, ça nous aide à maintenir les services en place.»

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Elle rappelle que le financement qui a été donné il y a deux ans n’était réellement pas suffisant. Elle ajoute, «si vous me demandez si c’est suffisant, et bien non. Il y a toujours de la place à l’amélioration. Mais cela ne concerne pas simplement les francophones, c’est tout le monde qui en a besoin».

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«La francophonie est en danger depuis ses débuts.» Élise Tanguay

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Élise Tanguay est moins optimiste, «la francophonie est en danger depuis ses débuts». Pour elle, il est beaucoup plus facile de s’intégrer dans la communauté anglophone. Elle déclare que pour vivre en français, c’est un effort constant. «C’est une décision consciente et c’est un désir», dit-elle. Malgré cela, «on a encore une communauté très vivante. C’est beau chez nous!»

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