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le Dimanche 28 avril 2024 10:54 Éducation

S’engager pour une meilleure qualité de l’animation jeunesse

Le Conseil québécois du loisir a offert une certification aux membres de plusieurs organismes francophones en janvier dernier afin qu’ils puissent offrir le programme DAFA à leurs membres. Photo : Courtoisie
Le Conseil québécois du loisir a offert une certification aux membres de plusieurs organismes francophones en janvier dernier afin qu’ils puissent offrir le programme DAFA à leurs membres. Photo : Courtoisie
(IJL - RÉSEAU.PRESSE - LE FRANCO) - Ce printemps, le diplôme d'aptitude aux fonctions d'animateur (DAFA), un programme conçu pour garantir la sécurité et la qualité de l'animation des groupes de jeunes de 5 à 17 ans, fera son entrée en Alberta. Cette initiative, rendue possible grâce à la collaboration entre Francophonie Albertaine Plurielle (FRAP), le Conseil québécois du loisir (CQL) et d'autres organismes régionaux, offrira un cadre de formation solide pour les futurs animateurs et professionnels du domaine des loisirs.
S’engager pour une meilleure qualité de l’animation jeunesse
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Il n’existe pas de structure formelle en Alberta pour s’assurer que les animateurs de groupe maîtrisent leur domaine professionnel. C’est ce qu’a constaté Xavier Archambault-Gauthier à son arrivée à Edmonton, il y a deux ans. 

«Je côtoie les organismes francophones, j’ai pu voir la manière dont les camps sont gérés et animés. Malgré le bon travail, j’ai remarqué certains défauts, rien de majeur, mais des enjeux qui peuvent avoir une incidence sur la sécurité des jeunes», explique celui qui occupe un poste de travailleur en établissement dans les écoles francophones pour le compte de la FRAP.

Selon ses observations, la pénurie de main-d’œuvre et la situation minoritaire du français dans la province contraignent souvent les organismes à recruter parmi un bassin de candidats qui ne disposent pas toujours des connaissances et des compétences nécessaires pour animer des groupes de manière adéquate. 

Pour répondre à ces défis, Xavier a cherché à importer le programme DAFA, qui a fait ses preuves dans la belle province, dans le but de «rehausser, de manière générale, le niveau de qualité des services d’animation». Un rêve devenu réalité grâce à un partenariat qu’il a établi entre la FRAP et le CQL, l’organisme responsable du programme au Québec. «On voulait trouver un moyen d’importer la philosophie, tout en prenant en compte la réalité albertaine et les enjeux propres à la province. Pour la CQL, ça tombait bien, car il voulait exporter leur expertise», témoigne-t-il.

Ce dernier s’est ensuite attelé à établir des contacts afin de cibler des partenaires sur le terrain susceptibles d’offrir le programme DAFA à leur clientèle. Francophonie jeunesse de l’Alberta (FJA), l’Institut Guy-Lacombe de la famille (IGLF) et l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Rivière-la-Paix ont rapidement exprimé leur intérêt. 

En janvier dernier, des membres de ces trois organismes ont suivi une certification pour devenir formateurs. Ils pourront dorénavant offrir la formation aux jeunes de 15 ans et plus qui souhaitent travailler en animation.

Vers une offre élargie

En ce qui concerne le déploiement du programme, la directrice de l’ACFA régionale de Rivière-la-Paix se montre proactive. Elle aimerait déjà introduire le programme DAFA aux élèves de sa région au cours de l’année scolaire prochaine. «Je vois ça comme une opportunité pour les jeunes. S’il y en a qui sont intéressés à aller travailler au Québec pour un été par exemple, ça leur permettrait d’avoir un diplôme reconnu d’avance et faciliter la recherche de travail», exprime Emma Lafolla-Lafrenière.  

Dans les mois à venir, la directrice régionale prévoit également d’utiliser la certification pour former des animateurs pour son projet de camp de jour qu’elle compte lancer cet été en collaboration avec les Smoky River Family-Community Support Services (FCSS). «Le DAFA permettrait aux jeunes qu’on embauche d’être équipés pour travailler au camp», explique-t-elle.

Le camp bilingue, dont la tenue dépend de l’obtention d’une subvention gouvernementale encore à confirmer, serait proposé en rotation dans les villages de Falher, Girouxville et McLennan sur une période de six semaines, du début de juillet à la mi-août. «Je vise la mi-mai ou le début juin pour offrir le programme DAFA, si tout se passe comme prévu», précise-t-elle.

Xavier Archambault-Gauthier, Emma Lafolla-Lafrenière et Marie Constante (FJA) ont assisté au Forum québécois du loisir en mars. Photo : Courtoisie

FJA et l’IGLF devraient, eux aussi, débuter prochainement l’offre de la certification à leurs membres. Et bien que le diplôme soit actuellement proposé à une échelle plus limitée, Xavier Archambault-Gauthier se montre enthousiaste face aux premiers pas déjà réalisés. Il aspire à le rendre accessible à l’ensemble du public, le plus tôt possible. 

Plusieurs options sont en cours d’étude pour déterminer qui prendra le leadership du DAFA en Alberta et sera chargé de recruter d’autres organisations responsables de donner la formation, ajoute-t-il.

«Je veux mettre en place une organisation locale agréée en Alberta qui pourra s’occuper de la gestion du programme. On pourrait former un conseil d’administration avec les quatre partenaires actuels. C’est mon option préférée en ce moment», lance Xavier.

Glossaire Atteler : Prendre l’initiative de faire quelque chose