le Samedi 13 juillet 2024
le Mardi 2 juillet 2024 14:49 Éducation

Le FrancoSud célèbre la plus grosse cohorte de son histoire

103 élèves du FrancoSud, dont 6 de l’École Sainte-Marguerite-Bourgeoys ont décroché leur diplôme en juin. Photo : Gabrielle Audet-Michaud
103 élèves du FrancoSud, dont 6 de l’École Sainte-Marguerite-Bourgeoys ont décroché leur diplôme en juin. Photo : Gabrielle Audet-Michaud
En juin, plus d’une centaine d’élèves ont décroché leur diplôme dans les écoles du Conseil scolaire FrancoSud : la cohorte la plus grosse jamais répertoriée. Un succès qui reflète les efforts déployés pour améliorer la rétention des élèves dès la neuvième année dans les établissements scolaires francophones.
Le FrancoSud célèbre la plus grosse cohorte de son histoire
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Jean-François Ouellet est le directeur de SMB. Photo : Courtoisie

Un à un, les six diplômés de l’École Sainte-Marguerite-Bourgeoys (SMB) ont fait leur entrée dans la paroisse Sainte-Famille de Calgary. En ce 7 juin, parents, élèves, enseignants et membres de la communauté scolaire étaient rassemblés pour souligner la conclusion du parcours scolaire de ces finissants. 

Après la messe célébrée par Mgr Noël Farman, la présidente du FrancoSud, Hélène Emmell, a pris la parole pour saluer la détermination et l’engagement que les élèves ont démontré envers la langue française tout au long de leur scolarité. «Votre choix de préserver votre langue, votre culture et votre identité francophones est à la fois admirable et inspirant. Continuez d’être fiers de vos racines francophones», a-t-elle mentionné. 

Les jeunes, visiblement émus, ont également eu l’occasion de remercier leurs familles pour le soutien reçu durant toutes ces années. «J’ai du mal à croire que j’ai franchi la ligne d’arrivée», a notamment confié Luc Sinclair, qui a effectué ses treize années d’études à SMB, dont la maternelle.

Bien que la cohorte de l’École Sainte-Marguerite-Bourgeoys puisse sembler modeste en apparence, son directeur, Jean-François Ouellet, préfère rester positif et mettre ces effectifs en perspective. «Ça fait quatre ans que je suis de retour à SMB et le nombre a augmenté. Avant, on avait une dizaine d’élèves en dix, onze et douzième année. Maintenant, je roule à vingt-quatre, vingt-cinq élèves», explique-t-il.

Monique Baker est la directrice générale du Conseil scolaire FrancoSud. Photo : Courtoisie

Le modèle M à 12 critiqué 

Il demeure cependant réaliste face aux difficultés de rétention auxquelles SMB est confrontée, comme le sont plusieurs autres écoles francophones de Calgary. «Je continue de travailler avec les familles pour leur montrer l’importance et les avantages de rester dans le système francophone. Mais je ne peux pas aller contre le fait qu’il y a des idées qui sont ancrées dans leurs esprits», explique-t-il.

Le format de la maternelle à la douzième année sur lequel SMB est basé semble notamment être critiqué par certains élèves qui préfèrent «explorer différentes choses», surtout après la neuvième année. «Beaucoup d’élèves nous quittent alors pour aller dans les grandes écoles secondaires. J’ai des élèves qui ont commencé ici en prématernelle. Quand ils arrivent à l’âge de quatorze ans et que des opportunités se présentent, parfois ils veulent de la variété.» 

À l’inverse, le seul autre établissement de Calgary qui offre la douzième année en français, l’École de la Rose sauvage, ne connaît pas les mêmes défis de rétention. En fait, près de la moitié des cent-trois diplômés du FrancoSud cette année proviennent de cette école. Selon Jean-François Ouellet, cela s’explique par le fait que les élèves intègrent l’infrastructure seulement à partir de la septième année. «C’est uniquement une école secondaire», mentionne-t-il.

Une hypothèse appuyée également par la directrice générale du Conseil scolaire FrancoSud, Monique Baker. Au cours des cinq dernières années, dit-elle, l’école a connu une croissance fulgurante de deux cent quarante-trois à quatre cent vingt-cinq élèves, ce qui témoigne de la popularité d’un tel modèle.

«Maintenant que nous savons que ce modèle connaît beaucoup de succès, c’est ce que nous allons reproduire pour le complexe Silverado dans le sud, pour l’école secondaire d’Airdrie et dans le nord de la ville de Calgary, pour le futur complexe scolaire catholique», analyse-t-elle.

Mise à part la question infrastructurelle, d’autres efforts ont également été déployés au cours des dernières années pour améliorer la rétention, notamment en bonifiant la programmation secondaire. «La cohorte de cette année démontre que ça a porté fruit», mentionne Mme Baker. 

La directrice de l’École La Vérendrye, Sandrine Coronat. Photo : Courtoisie

D’autres obstacles à la rétention 

Plus récemment, la communauté a été sondée sur ses attentes afin de recueillir des données, toujours pour mieux répondre aux demandes des familles. 

Les activités parascolaires, les programmes de sport-études, le désir de faire des études en anglais pour se préparer à l’université semblent tous faire partie des facteurs qui peuvent motiver des élèves à transitionner vers le système anglophone à partir de la dixième année. «Si on pense à la perspective des élèves, ils ont l’impression qu’il y a plus d’options ailleurs, mais on peut offrir les mêmes choses», précise Jean-François Ouellet.

Les parents ont, quant à eux, souvent «des inquiétudes» par rapport à la future adaptation de leurs enfants dans les universités anglophones de la province et préfèrent que cette transition vers l’anglais survienne plus tôt dans leur parcours. Pourtant, rappelle le directeur de l’école SMB, le programme d’anglais enseigné dans les écoles francophones jusqu’en douzième année est «exactement le même qu’à travers le reste de la province».

La directrice de l’École La Vérendrye, à Lethbridge, Sandrine Coronat, comprend les craintes de certains parents par rapport au niveau de langue de leurs enfants, mais estime que celles-ci ne sont pas avérées. «C’est totalement faux. Nos élèves francophones se débrouillent même mieux à l’université. Ils sont parfaitement bilingues», mentionne-t-elle. 

D’après elle, les écoles francophones jouent un rôle «essentiel» dans la formation des francophones «de demain» et le parcours jusqu’en douzième année est intrinsèquement lié au succès de cette mission. «On se plaint de pénurie d’enseignants, mais c’est à nous de les former. Si on n’amène pas nos élèves jusqu’à la douzième, on passe à côté», revendique-t-elle.

Les finissants de SMB ont reçu leur diplôme devant leurs collègues et leurs familles à la paroisse Sainte-Famille de Calgary. Photo : Gabrielle Audet-Michaud

En région, des défis différents

Au cours des dernières années, la directrice a donc collaboré avec son conseil scolaire afin de trouver des solutions pour favoriser la rétention à Lethbridge, une ville «où il y a beaucoup de roulement». Ce processus a permis d’améliorer le portrait. Cette année, treize élèves ont décroché leur diplôme, contrairement à des cohortes de trois ou quatre jeunes dans le passé. L’objectif ultime serait d’avoir des cohortes d’une quinzaine d’élèves, ajoute-t-elle.

«On a connu une belle progression. Ce qui se passait autrefois, c’est qu’on gardait souvent les élèves avec des difficultés et on n’en gardait pas beaucoup. Aujourd’hui, on garde nos élèves très forts», relate-t-elle.

Afin d’en arriver là, Mme Coronat a cherché à renforcer le sentiment d’appartenance des jeunes envers leur école et la francophonie. Cela a notamment été facilité avec l’aide des organismes qui sont hébergés au sein du centre communautaire, La Cité des Prairies, où est située l’école. 

«L’ACFA de Lethbridge, le Centre d’Appui Familial, le CANAF, cInéMAGINE offrent tous des activités qui permettent de créer une vie en dehors des murs de l’école. Nos élèves organisent même des activités pour les plus jeunes grâce à l’appui des organismes», explique-t-elle.

Des partenariats ont également été établis avec l’Université de Lethbridge pour proposer des crédits doubles, ainsi qu’un programme de professionnalisation, incluant des cours dispensés par le Olds College et le Southern Alberta Institute of Technology (SAIT). «Ces initiatives offrent de précieuses options à nos élèves», conclut Mme Coronat.

Glossaire – Avéré : Confirmé, établi