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le Mardi 9 janvier 2024 15:28 Environnement

Quels sont les bienfaits de l’hiver pour les plantes ?

Jusqu’à un tiers des plantes en Nouvelle-Écosse ont été introduites sur le territoire au cours de son histoire, d’abord par les Mi’kmaq et ensuite par les populations européennes. Photo : Laura Adai - Unsplash.
Jusqu’à un tiers des plantes en Nouvelle-Écosse ont été introduites sur le territoire au cours de son histoire, d’abord par les Mi’kmaq et ensuite par les populations européennes. Photo : Laura Adai - Unsplash.
(IJL – Réseau.Presse – Le Courrier de la Nouvelle-Écosse) - Avec le réchauffement de la terre, l'automne se termine plus tard et le printemps arrive plus tôt. Si la faune doit être ingénieuse pour faire face aux changements dans leur environnement, la flore doit être tout aussi perspicace.
Quels sont les bienfaits de l’hiver pour les plantes ?
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Divers facteurs environnementaux liés au réchauffement de la terre affectent l’habileté des plantes à croître. Malgré le fait que la hausse de la concentration atmosphérique en CO₂ contribue à la photosynthèse et à la création de biomasses, l’excès de chaleur mène à plus de sécheresses et à une perturbation de l’homéostasie cellulaire. 

Dans certaines régions du monde où l’hiver est plus court, les plantes peinent à maintenir leur croissance tout au long de l’été et de l’automne, faute de précipitation. Puisqu’une grande partie de l’eau du sol a déjà été aspirée au printemps, il devient difficile d’achever son cycle. 

Une solution serait de ralentir la fonte des neiges, notamment en réduisant le nombre d’arbres qu’on coupe. Les forêts riches et luxuriantes constituent un bouclier naturel contre le vent, qui accélère le réchauffement des manteaux de neige. 

La neige ne fait pas qu’apporter de l’humidité. Le sol absorbe quatre à six fois moins d’énergie solaire lorsqu’il est couvert de neige, car la plupart des rayons qui frappent la surface blanche sont renvoyés dans l’espace. 

Bob Bancroft, président de Nature Nova Scotia. Photo : Courtoisie

De plus en plus vulnérables

Nature Nova Scotia, une fédération de sociétés d’histoire naturelle et d’autres groupes environnementaux fait beaucoup de travail pour sensibiliser à l’environnement et protéger la faune et la flore locales. 

Nombre d’espèces sont résilientes, mais elles ont des limites, précise Bob Bancroft, président de Nature Nova Scotia. « Nous l’avons constaté il y a quelques années avec les périodes de sécheresse et même l’année dernière dans certaines régions de la Nouvelle-Écosse», faisant référence aux feux de forêt qui ont sévi dans le sud et le centre de la province. 

Ce fut le printemps frais et sec qui a aggravé la situation, insiste M. Bancroft, ce qui a mené à la sécheresse du sol. On constate également une baisse de la nappe phréatique, l’eau souterraine qui alimente les puits et les sources d’eau potable.

L’industrie forestière doit être tenue responsable, selon le président. En effectuant des coupes rases et en faisant pousser des résineux, les nouvelles espèces sur le territoire sont plus susceptibles aux coups de vent et aux sécheresses, donc plus vulnérables aux feux de forêt.

Un orignal indigène du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Photo : Conservation de la nature Canada (CNC)

Le mal pour lorignal 

Jess Lewis, coordinatrice de la conservation à Nature Nova Scotia, travaille sur un projet de recherche depuis six mois concernant l’orignal continental. Elle essaie d’obtenir plus d’informations sur l’animal pour comprendre comment il se porte. 

Cet animal prospère dans des conditions climatiques plus froides et est très facilement stressé par la chaleur. Lorsque le mercure grimpe en hiver au-delà de 5°C, son réflexe est de se mettre à l’abri dans les forêts de pruches et d’épinettes, qui sont moins nombreux de nos jours. 

L’orignal continental mange les bourgeons au sommet des arbres, principalement des espèces d’érable. Ces derniers font l’objet de coupes à blanc dans la province, ce qui nuit à l’alimentation et la santé des orignaux. 

«Ils n’obtiennent pas la bonne nourriture. Il y a également une diminution des zones humides, ici, et ils dépendent des zones humides pour certains nutriments. Ils plongent sous l’eau et mangent les racines des plantes aquatiques», explique Mme Lewis. 

Si les zones humides sont asséchées, sans surprise, les orignaux n’auront pas assez de nourriture et d’eau potable, fait remarquer la coordinatrice. 

Lors de ses excursions, elle a remarqué qu’il y a de plus en plus d’espèces végétales envahissantes dans les forêts comme des renouées du Japon et des plantes ornementales. La plupart ne sont pas menaçantes, mais quelques-unes peuvent causer des dommages écologiques.

Jusqu’à un tiers des plantes en Nouvelle-Écosse ont été introduites sur le territoire au cours de son histoire, d’abord par les Mi’kmaq et ensuite par les populations européennes.