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le Mercredi 22 mars 2023 21:02 Francophonie PR

Le Bureau du Québec à Calgary, là pour rester

Le Bureau du Québec à Calgary, là pour rester
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Le 2 mars 2023, le gouvernement du Québec a officiellement inauguré son bureau de Calgary, situé dans la tour Ampstead, en plein cœur de la métropole. Cette antenne, qui agit sous la supervision de l’attachée commerciale Julie Fafard depuis déjà un an et demi, cherche à accroître les échanges commerciaux entre les deux provinces.  

IJL – RÉSEAU.PRESSE – LE FRANCO

Avec cette présence physique en sol albertain, le Québec souhaite avant tout lancer un message clair aux entreprises calgariennes. «On est ouvert aux affaires et on veut tisser des liens plus forts avec vous», explique le ministre québécois responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge.

Le ministre québécois responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge, lors de son discours de bienvenue. Photo : Julie Vincent Photography

Selon lui, la pandémie a démontré le besoin de consolider et même d’augmenter le commerce interprovincial. «C’est dans notre intérêt à tous d’encourager les échanges. C’est pourquoi on souhaite s’installer dans le centre économique de l’Alberta de manière pérenne», ajoute-t-il en faisant référence au défunt bureau d’Edmonton qui a fermé en 1995, faute de financement.

Cette stratégie semble avoir été bien réfléchie par le gouvernement québécois sachant que l’Alberta est leur deuxième partenaire interprovincial en importance au niveau canadien, après l’Ontario. D’ailleurs, les échanges de biens et de services entre les deux provinces avoisinaient les 20 milliards en 2018.

Déjà l’heure au bilan

Depuis l’entrée en fonction de Julie Fafard, qui a intégré son bureau du centre-ville à l’automne 2022 après un an en télétravail, un «méticuleux» exercice de «facilitation commerciale» a été entamé pour «créer encore plus d’opportunités et d’échanges», note la cheffe de poste du Bureau du Québec à Toronto, Catherine Tadros. «Le bilan est excellent, on développe notre réseau de manière très efficace grâce à Julie», ajoute-t-elle.

Elle rappelle que le mandat principal de l’antenne calgarienne est de tisser des liens avec des entreprises du secteur de l’énergie et de les encourager à collaborer avec leurs homologues québécoises. «Cela pourrait permettre à des entreprises québécoises et albertaines de travailler ensemble sur des dossiers liés à l’énergie verte», déclare Catherine Tadros. 

Catherine Tadros, cheffe de poste du Bureau du Québec à Toronto, et Anne-Marie Boucher, directrice exécutive de la Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta. Photo : Gabrielle Audet-Michaud

D’autres secteurs connexes à celui de l’énergie, comme la construction de satellites dans les régions éloignées et le transport, pourraient aussi être explorés. «Tout ce qui est technologie propre, c’est une force du Québec, donc c’est sûr qu’on est très actif là-dedans, mais on aide toutes les énergies qui peuvent contribuer de près ou de loin», ajoute-t-elle.

Catherine Tadros préfère ne pas s’avancer sur les partenariats en développement entre les deux provinces, en raison de la «nature confidentielle des informations». «C’est un travail de longue haleine. On présente des entreprises québécoises à des entreprises albertaines, mais ça prend quand même un certain temps pour finaliser des ventes», précise celle qui chapeaute les bureaux satellites de Calgary et de Vancouver.

Geneviève Poulin, présidente de la Société des conseillers catholiques de FrancoSud, et Étienne Alary, directeur général du Conseil de développement économique de l’Alberta. Photo : Arnaud Barbet

Sans en dire plus sur les dossiers liés à l’énergie, elle annonce que l’industrie des sciences de la vie sera aussi étudiée par le bureau de Calgary au cours des prochains mois.

De son côté, le ministre Roberge rappelle qu’au-delà de la question économique, le gouvernement du Québec cherche aussi à s’impliquer au niveau de la culture et de la langue françaises en Alberta. «Madame Fafard […] a un mandat économique, mais on a, dans nos équipes de Toronto et de Vancouver, des gens qui s’occupent d’autres secteurs et qui vont travailler sur d’autres partenariats», évoque-t-il. 

Une centaine de personnes s’est déplacée pour participer à l’inauguration du Bureau du Québec à Calgary. Photo : ABarbet.jpg

Il renchérit en expliquant que son gouvernement devra rester vigilant afin de ne pas adopter une approche paternaliste, surtout en ce qui a trait aux dossiers délicats de la langue française et de la transition énergétique. «On ne dira pas quoi faire aux Albertains, ce n’est pas du tout notre rôle», avance-t-il.

Une absence remarquée 

Parmi la centaine d’invités qui étaient présents lors de l’inauguration, on compte plusieurs membres clés de la francophonie, des gens d’affaires et la mairesse de Calgary Jyoti Gondek. On s’interroge tout de même sur l’absence d’un représentant du gouvernement albertain. Mais Catherine Tadros assure que ce n’est que la distance entre Edmonton et Calgary qui a empêché le ministre responsable du Secrétariat francophone Jason Luan de se déplacer. 

 

La délégation du Bureau du Québec à Toronto, et ses collaborateurs de l’Ouest, le ministre Jean-François Roberge et la mairesse de Calgary, Jyoti Gondek. Photo : Julie Vincent Photography

Une rencontre entre les deux ministres a néanmoins eu lieu dès le lendemain lors du lever du drapeau franco-albertain organiser par le ministre responsable du Secrétariat francophone Jason Luan à Calgary. 

«On a discuté de renforcer les liens entre Calgary et la ville de Québec parce que ce sont des villes jumelles. Il y a déjà un partenariat qui est là, mais on cherche à l’activer davantage et en tirer plus de bénéfices», résume le ministre québécois responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne, Jean-François Roberge.

 

 

Glossaire – Pérenne : Dont la durée est longue