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le Samedi 24 février 2024 12:29 Communautaire

Marcher au pas de la francophonie

La marche communautaire de Lethbridge offre aux francophones l'occasion de bouger tout en conversant dans leur langue. Photo : Courtoisie
La marche communautaire de Lethbridge offre aux francophones l'occasion de bouger tout en conversant dans leur langue. Photo : Courtoisie
(IJL - RÉSEAU.PRESSE - LE FRANCO) - Chaque premier vendredi du mois, l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Lethbridge réunit des francophones pour la marche dans le paisible parc Henderson de sa ville. Que ce soit pour rompre leur isolement ou simplement pour se dégourdir les jambes, ils sont quelques-uns à venir déambuler à l'unisson.
Marcher au pas de la francophonie
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La promenade est propice aux échanges amicaux. Photo : Courtoisie

C’est au cours de la pandémie de COVID-19 que l’ACFA régionale de Lethbridge – à l’instar d’autres ACFA régionales – a instauré ces marches communautaires dont l’objectif était de maintenir l’activité et l’unicité au sein de la francophonie, même en situation d’urgence sanitaire. Née de la nécessité, cette tradition s’est depuis pérennisée dans la vie de la collectivité.

«Il y a plein de raisons qui nous poussent à continuer. D’abord, pour la santé mentale, ça fait un grand bien. Respirer l’air froid, profiter du temps en compagnie d’autres personnes qui parlent français, créer des liens, tout ça est génial», explique Bénédicte Mbonimpa qui occupe le rôle d’animatrice d’événements communautaires pour l’organisme.

Puisque rencontrer des francophones dans une ville majoritairement anglophone comme Lethbridge peut s’avérer complexe, Bénédicte souligne que la marche offre également une occasion de s’initier à cette communauté chaleureuse, prête à accueillir toutes les personnes qui gravitent dans son orbite.

«L’important quand on veut rencontrer des personnes, c’est de faire le premier pas, alors on invite les gens à venir passer du temps avec nous», précise-t-elle.

Une participation timide

Malgré cette invitation chaleureuse, la participation à la marche communautaire reste relativement modeste. Les marcheurs sont conviés à se retrouver sur l’heure du lunch, à proximité de La Cité des Prairies, lieu de départ de la promenade. 

Cette contrainte logistique peut en décourager certains, notamment ceux qui ne travaillent pas à proximité du point de rendez-vous. Mais, selon Bénédicte, le faible nombre de marcheurs va au-delà de cette considération.

«Je remarque que les gens travaillent trop ici, en Alberta. Ils n’ont pas assez de temps pour souffler et pour faire des activités avec les autres. Alors les gens viennent marcher quand ils le peuvent, mais pas systématiquement», souligne-t-elle. 

Irene Muganza est l’une des trois marcheuses régulières de la régionale, s’étant jointe au groupe en août 2022, moment où elle a intégré le bureau satellite du Centre d’accueil pour les nouveaux arrivants francophones (CANAF) à Lethbridge.

Comme elle travaille seule dans son bureau, cette Congolaise d’origine voit dans la marche une occasion sociale qui lui permet de nouer des liens avec d’autres francophones de sa ville. «On discute de tout et de rien, on dit bonjour aux autres passants. Ça permet d’interagir entre nous», mentionne-t-elle.

Selon elle, cette initiative répond à plusieurs autres besoins tant sur le plan physique que mental. «Cela soulage mes maux de dos… En vieillissant, on est plus sujet aux courbatures. En général, passer du temps dans la nature améliore mon humeur. Il arrive même que nous apercevions des animaux », ajoute-t-elle.

Marcher en plein air, c’est aussi admirer la faune environnante. Photo : Courtoisie

Le froid n’est pas toujours le bienvenu

Les marches de l’ACFA régionale se déroulent sous réserve de conditions météorologiques clémentes. L’édition de janvier a connu quelques retards en raison de la vague de froid extrême qui a fait chuter le mercure sous la barre des moins cinquante degrés Celsius avec le facteur éolien. Malgré ces conditions difficiles, elle a finalement eu lieu le 26 janvier dernier.

Avec le retour du beau temps, la marche prévue pour le 1er mars devrait se dérouler comme prévu.

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