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le Dimanche 20 août 2023 10:07 Histoire

À Fort Macleod, on n’oublie pas son passé!

Les guides Kalika Thibodeau et Madeleine Langley ont été heureuses de partager leurs connaissances en français et se disent enchantées de recommencer dans les prochaines semaines pour les touristes qui le souhaitent. Photo : Chloé Liberge
Les guides Kalika Thibodeau et Madeleine Langley ont été heureuses de partager leurs connaissances en français et se disent enchantées de recommencer dans les prochaines semaines pour les touristes qui le souhaitent. Photo : Chloé Liberge
Situés à Fort Macleod, au sud-ouest de l’Alberta, le musée du fort de la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN-O) et le Centre d'interprétation des Premières Nations retracent l’histoire du fort original. Ouvert en 1973, le musée invite ses visiteurs à retourner dans le temps grâce à huit bâtiments et plus de 9 000 artefacts. Retour au 19e siècle, période où la PCN-O voit le jour.
À Fort Macleod, on n’oublie pas son passé!
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Le choix de Andoni Aldasoro, maquettiste de presse

Depuis mon enfance, j’aime l’histoire. J’aime aussi beaucoup lire. Ainsi, grâce aux livres, j’ai pu découvrir différentes cultures. Dans cet article, guidés par les mots de Chloé, nous pouvons entrer dans un musée très intéressant. Les photos prises par Chloé et Arnaud, notre rédacteur en chef, nous montrent pourquoi il est important de connaitre et de préserver cette partie de l’histoire de l’Alberta.

(Article paru le 23 juin 2022)

Madeleine Langley et Kalika Thibodeau, les deux jeunes guides, se sont habillées en costumes d’époques pour l’occasion. Anciennes élèves de l’immersion française à Lethbridge, elles sont ravies de retrouver la langue de Molière le temps d’une visite. 

Tout commence en 1873 par la création de la Police à cheval du Nord-Ouest (PCN-O). De l’Alberta à la Saskatchewan, en passant par le Manitoba et le Nunavut, son but était de faire respecter l’ordre et la loi.

 Jusqu’en 1920, début de la prohibition aux États-Unis, la PCN-O contribue à l’arrestation de nombreux marchands de whisky américains. Un trafic de contrebande, source de violences et de conflits avec les Autochtones, notamment les nations Tsuu T’ina et Siksika de la Confédération des Pieds-Noirs. 

L’exposition va alors mettre en avant le développement de la police au cours de plus d’un siècle d’existence. Ancienne appellation de la Gendarmerie royale du Canada, la PCN-O a acquis une reconnaissance mondiale pour ses différentes actions. Sandi Davis, directrice du musée, considère cette exposition comme «une expérience d’apprendre l’histoire de l’Ouest canadien».

Fondé par l’organisme sans but lucratif Fort Macleod Historical Association, le musée a été construit avec le soutien de la Gendarmerie royale du Canada. Pour en savoir plus : nwmpmuseum.com.

Le costume traditionnel de la PCN-O comportait une veste rouge, un pantalon beige, des bottes cirées, mais surtout un couvre-chef militaire. Photo : Chloé Liberge

Retracer l’historique du fort Macleod

Tout commence en 1874 lorsque le chef de la PCN-O, le colonel James Farquharson Macleod, né en Écosse en 1836, construit le premier fort en son nom. Situé sur l’île homonyme, à environ 150 kilomètres au sud-est de Calgary, il s’agit du quartier général de la police. Cependant, neuf ans plus tard, la rivière Oldman déborde, obligeant le fort à être déplacé vers un terrain plus élevé. 

Ce poste avancé a permis, entre autres, de réprimer le commerce du whisky florissant à l’époque puisque «l’eau-de-feu» était utilisée comme monnaie d’échange dans la traite des fourrures entre les autochtones et les colons européens d’Amérique du Nord. 

La suspension de ce commerce par James Macleod lui permet d’entretenir des relations amicales avec les Premières Nations et avec Crowfoot (Pied-de-Corbeau en français), chef de la nation Siksika de la Confédération des Pieds-Noirs. Il a été reconnu comme l’instigateur «du climat de patience, de raison et de diplomatie qui caractérisa les rapports de la Police à cheval du Nord-Ouest et de la population autochtone jusque dans les années 1890».  

Au musée, la maquette du fort Macleod est exposée pour comprendre l’architecture et la vie militaire de ce lieu. Ce dernier n’a pas été construit pour les batailles ni les guerres, mais pour permettre aux officiers de suivre une formation de trois ans. 

Petite anecdote : durant cette période, les officiers n’étaient pas autorisés à se marier. Et s’ils l’étaient déjà, leur famille n’était pas autorisée à venir. Seule exception à la règle : la femme et la fille du chef de la PCN-O. Cependant, cette règle changea lors de la construction du deuxième site où les familles étaient alors les bienvenues. 

Dans ce petit village fortifié se trouvaient également une bibliothèque, une salle de billard et même une piste de bowling!

La Police à cheval du Nord-Ouest (PCN-O) est célèbre pour avoir mis fin au trafic du whisky et à la violence qu’il en découlait. En 1920, elle devient officiellement la Gendarmerie royale du Canada. Voici un article retraçant toute son histoire : thecanadianencyclopedia.ca/fr

Le chariot (Red River cart) utilisé lors de la marche vers l’ouest de juillet 1874. Photo : Arnaud Barbet

De multiples artefacts pour mieux comprendre l’histoire 

Afin de mieux se plonger dans la vie de ces officiers, une chambre a été totalement reconstituée. Installées dans plusieurs comtés du Nord-Ouest, ces cabanes hébergeaient chacune un policier et son cheval afin de contrôler la zone. Une cellule de prison, avec un lit, une table et une chaise, était également présente pour arrêter les coupables.

Les galeries comprennent de nombreux objets, notamment le premier uniforme des gendarmes de la PCN-O. Ces derniers étaient alors vêtus d’une veste rouge, couleur de l’Empire britannique, afin de se distinguer du bleu des troupes américaines. 

Parmi le costume, on retrouve également le couvre-chef noir. Ce chapeau original n’offrait aucune protection contre le soleil. Alors, les hommes lui trouvèrent une autre utilisation : contenir de la nourriture pour les chevaux. «Cela lui a valu le surnom de bonnet de fourrage», précisent Madeleine et Kalika, interprètes du musée. 

Autre élément important de cette exposition : le chariot utilisé lors de la marche vers l’ouest de juillet 1874. Pendant deux mois, la PCN-O voyage de Dufferin (Manitoba) jusqu’à Lethbridge (Alberta) pour arrêter des trafiquants de whisky au fort Whoop-Up, à la jonction des rivières Oldman et St. Mary, dans le sud de la province albertaine, plaque tournante du commerce illégal.

 Malgré l’importance de cette mission, cette expédition a coûté cher aux forces de la PCN-O. «Quatre-vingt-trois chevaux sont morts de surmenage et de malnutrition et beaucoup d’hommes sont également tombés malades pendant le voyage», souligne Madeleine.

(De gauche à droite) Piet Oosterlee, Tina Lee et Erik Hammar ont aimé découvrir cette partie de l’histoire canadienne. Photo : Chloé Liberge

Plusieurs bâtiments réunis en un même lieu

Cependant, la visite ne s’arrête pas là. Dans la cour, d’autres bâtisses peuvent être visitées. Certaines retracent l’histoire du commerce du whisky, d’autres celles de Premières Nations. À travers plusieurs galeries, les visiteurs explorent l’historique de la PCN-O ainsi que le rôle qu’elle a joué dans la colonisation de l’Ouest canadien.

La Britanno-Colombienne Tina Lee vient pour la première fois ici. «Des amis nous rendent visite, alors on est venu pour mieux connaître le pays et son histoire», raconte cette bilingue native de Hong Kong. Et elle n’est pas la seule! Chaque année, de nombreux touristes du monde entier viennent se renseigner sur le fort Macleod. Cependant, Sandi Davis précise qu’au cours des 24 derniers mois, il s’agissait surtout d’Albertains venus soutenir le tourisme local et régional. 

«Alors, nous sommes très contents de voir que notre fréquentation a augmenté cette année avec la réouverture des frontières», poursuit la directrice du musée. Avant la pandémie, le musée du fort Macleod accueillait 15 000 personnes, un chiffre que le personnel espère retrouver pour cette saison.

La Confédération des Pieds-Noirs comprend trois nations autochtones – les Siksikas, les Piikani et les Kanai – toutes vivant en Alberta. Si vous souhaitez en découvrir davantage sur leurs modes de vie : thecanadianencyclopedia.ca/fr