le Samedi 18 mai 2024
le Dimanche 11 juin 2023 8:17 Opinions

Quête de souffle

«Le texte que j’ai écrit a été inspiré par la frustration, la frustration de ne pas pouvoir écrire.» Audrey Eto'o. Photo - pxhere.com
«Le texte que j’ai écrit a été inspiré par la frustration, la frustration de ne pas pouvoir écrire.» Audrey Eto'o. Photo - pxhere.com
Quête de souffle
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Mot de la rédaction

La petite équipe rédactionnelle de votre journal a été très touchée par ce texte à la fois intime et intense. Il était donc important pour nous de le publier dans son intégralité et de le partager avec vous, lecteurs et lectrices, qui nous suivez depuis de nombreuses années ou tout récemment. Il est, une fois de plus, la preuve que la langue française est importante pour notre francophonie plurielle et que l’avenir de notre langue passe par cette diversité. 

Merci Audrey pour ce partage.

J’ai toujours su qu’écrire me définit.

«Écrire, c’est révéler et s’exprimer sans se restreindre»

Telles sont les paroles qu’une femme bien avisée m’a dites et continue de le faire.

Mais quelquefois, seule en face, devant la glace

Je me dois d’être honnête.

Et je me dis dans un élan de peur et un sentiment d’inutilité que ce n’est peut être qu’une suite de mots bien agencés

Une voix qui ne fait qu’agacer

Et qui ne se représente que sur papier.

Tellement de choses à exprimer, mais face à moi, le néant.

Un réservoir rempli qui finira par exploser.

Je regarde les fleurs qui grandissent au printemps;

J’essaie de m’en inspirer, de les refléter par écrit 

Mais rien, rien encore et toujours rien.

Je vois le sourire des enfants plein d’innocence.

Et tout à coup, j’espère pouvoir faire une réflexion de ce dont je suis témoin. 

Mais à chaque mot qui essaie et essaie de se former,

Une fille qui perd, perd et perd encore,

Perd un espoir que le temps croyait avoir solidement construit. 

Une lassitude de l’âme qui contraint la voix à se renfermer.

 Et tous les jours, à chaque minute et chaque seconde, ayant en pensées le vide,

Non pas seulement d’une page, mais de plusieurs

Je me dis que c’est peut-être là que mon parcours d’auteur se termine.

C’est la fin de moi et par conséquent de tout ce qui me constitue et qui me constitue. 

Si je ne peux écrire, alors je ne peux exister.

L’existence ne sera que physique, mais à l’intérieur, je serai morte depuis bien longtemps. C’est difficile de penser à la perte d’une partie de soi;

«P*tain» que c’est encore difficile de le vivre!

Et pendant encore longtemps, j’observe, je regarde et j’essaie de m’approprier les sentiments des autres en attendant impatiemment que les miens se construisent.

Je m’appelle Audrey Eto’o, j’ai 17 ans et je suis en 11e année à l’école Maurice-Lavallée. Je suis un peu introvertie et peu sociable dans la vie de tous les jours. Mon passe-temps préféré, c’est écrire; beaucoup aime à dire que c’est un don que j’ai. Moi, j’aime penser que c’est ma façon de m’exprimer lorsque ma bouche ne peut pas laisser sortir les mots : quand j’écris, je laisse sortir mes idées. J’aime aussi croire que chaque personne a une relation particulière avec un écrit; pour moi, tout le monde a le droit de penser et de se projeter comme il l’entend. Le texte que j’ai écrit a été inspiré par la frustration, la frustration de ne pas pouvoir écrire. Je me suis libérée dans ce texte, car j’étais dans une sorte de blocage. C’était le début du printemps et j’étais dans le bus. À travers ma fenêtre, j’ai vu les enfants jouer, ça m’a aidée à poursuivre mes idées. Je souhaite bonne lecture à toutes les personnes qui lisent et que chacun se sente libre d’en penser ce qu’il veut.» Photo – Courtoisie