C’est le temps d’un party sucré!

Écrit par : Isabelle Cliche

5 mars 2022

  • Isabelle la Wonderful à la cabane à sucre.
Isabelle la Wonderful à la cabane à sucre. Crédit : Courtoisie

Isabelle Cliche, la Wonderful, nous raconte ses beaux souvenirs du temps des sucres. Pour elle et sa famille, les voyages au printemps ont toujours été une belle occasion de se rassembler et d’avoir du plaisir.

Quand j’étais petite et que j’habitais toujours la ville de Québec, mon père me lançait à chaque année sur un ton très joyeux : «C’est le printemps, les érables coulent!» Il n’avait pas besoin d’en dire plus, je comprenais rapidement que notre voyage annuel chez mon oncle Fernand serait pour le week-end prochain et j’en étais ravie. C’était la tradition d’aller visiter sa famille à Sainte-Marie de Beauce dans la région de Chaudière-Appalaches. Un trajet de deux heures nous attendait afin d’atteindre notre destination ultime : la cabane à sucre de mon oncle Fernand.

Elle était faite de bardeau de métal avec un toit rouge et on y voyait toujours de la vapeur sortir de la grande cheminée, signe que le temps des sucres était vraiment commencé. Pour nous accueillir, ma tante Rosalis sortait en courant dans le chemin de terre menant à la cabane. Elle était spéciale «matante», car elle devinait tout le temps la journée précise où on allait venir les visiter.

À chaque fois elle me disait qu’elle s’était réveillée avec cette idée-là que la grande visite de Québec viendrait aujourd’hui et qu’il fallait absolument bouillir du bon sirop pour eux autres. Elle avait un bel accent aussi sucré que leur fameux sirop… «Mononcle» Fernand aussi avait tout qu’un accent, je t’en passe un papier! En plus, il disait des expressions que je n’avais jamais entendues, alors je ne comprenais pas toujours ce qu’il m’expliquait et ça les faisait beaucoup rire.

« «Mononcle» Fernand aussi avait tout qu’un accent, je t’en passe un papier !»

Derrière la cabane nous attendait Noirot, un beau grand cheval qui était plus qu’heureux de nous aider à ramasser l’eau d’érable. Il traînait sur un attelage un immense baril qui nous permettait de partir très longtemps. Il y avait en tout 5 000 érables sur l’érablière et à chaque année, mon oncle et ses garçons partaient entailler les arbres afin de pouvoir collecter la délicieuse eau sucrée. Il y avait des arbres et des chaudières de métal à perte de vue. En raquettes afin de ne pas s’enfoncer dans la neige, nous allions d’un arbre à l’autre pour finalement verser le tout dans le gros baril. Après des heures de marche et quelques centaines de litres de sève dans notre baril, il était temps de retourner à la cabane se sucrer le bec.

Dès qu’on mettait les pieds à l’intérieur, on pouvait sentir le bon sirop qui bouillait déjà depuis des heures, bien avant qu’on arrive. La sève devait tout d’abord être filtrée, car il pouvait y avoir des indésirables comme des feuilles, des morceaux de bois et même des mouches mortes (Ouach!) Après être passée au fin tamis deux fois plutôt qu’une, l’eau d’érable devait être bouillie pendant des heures afin de caraméliser et devenir du vrai sirop d’érable. Dans la cuisine, ma tante Rosalis avait préparé des fèves au lard, des saucisses et des œufs dans le sirop d’érable… Quel régal!

«Dès qu’on mettait les pieds à l’intérieur, on pouvait sentir le bon sirop qui bouillait déjà depuis des heures.»

La journée ne pouvait être parfaite sans quelques bâtons de tire d’érable et mon oncle Fernand le savait. Il était le meilleur pour choisir le bon moment pour sortir sa sublime concoction. Dorée, sucrée et DÉLICIEUSE comme dans mes rêves… à chaque année, quand le printemps arrive et que les érables du Québec se mettent à couler jusque chez-nous en Alberta, je sais que c’est le temps d’un bon Party sucré!

Bon temps des sucres, tout le monde!

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