le Jeudi 19 février 2026
le Jeudi 19 février 2026 8:00 Plumes jeunesse

Le Mois de l’Histoire des Noirs: une jeunesse éveillée et élevée

Alice Prophète, professeure-enseignante et chercheuse à l’Université de l’Alberta.  — Photo: Courtoisie - University of Alberta
Alice Prophète, professeure-enseignante et chercheuse à l’Université de l’Alberta.
Photo: Courtoisie - University of Alberta

Au mois de février, le Canada célèbre l’histoire des Noirs, mettant de l’avant la culture et le patrimoine afrodescendants du pays. À l’école Alexandre Taché, les élèves s'immergent dans ce courant au travers des activités et des perspectives uniques sur ce mois commémorateur.

Le Mois de l’Histoire des Noirs: une jeunesse éveillée et élevée
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Germina Platel, ISC à l’École Alexandre-Taché

Photo: Courtoisie - Le Franco

Les voix vibrantes de la jeunesse

Durant le mois de février, l’ambiance scolaire porte sur des activités à thèmes de l’identité noire et son impact au fil des années. Discussions animées, dégustations culinaires, et projets artistiques, les élèves font rayonner leurs talents à travers un thème commun. Cette année, le thème étant Excellences noires : un héritage à célébrer, un avenir à bâtir, le corps étudiant aborde ce mois sous cet angle commun. Amélie Hopf, une élève de la 11e année souligne qu’il y avait «une année où l’école avait fait un spectacle où les cultures africaines étaient démontrées». La vitrine des cultures présentés l’intéresse et l’aide à mieux comprendre les autres. L’étudiante relève qu’elle valorise le mois de l’histoire des peuples noirs du fait que c’est fortement appuyé par l’école.

Selon Germina Platel, Intervenante Communautaire Scolaire (ISC) à l’École Alexandre Taché, «C’est important de souligner le mois de l’histoire des Noirs au sein des établissements scolaires, parce que cela permet, bien sûr, de valoriser la contribution des communautés noires, que ce soit à l’histoire ou à la culture». Les nombreuses activités auxquelles participent les élèves servent à mieux comprendre les luttes, les réussites et la résilience des personnes afrodescendantes aujourd’hui et au cours des années. «Cette initiative offre aux élèves noirs surtout la possibilité d’avoir des modèles positifs auxquels ils peuvent s’identifier et se laisser encouragés» ajoute t-elle. Ce mois-ci est non seulement l’occasion de mettre en valeur les activités et la culture, mais aussi un moment d’empouvoirement pour certains jeunes d’origine africaine.

Pour Amélie Hopf, d’ascendance coréenne, l’impact se passe majoritairement à l’école. «Je ne pense pas de ceci hors de l’école ou à la maison toute seule» note t-elle. Alice Prophète, professeure-enseignante et chercheuse à l’Université de l’Alberta appuie les propos d’Amélie, en indiquant qu’il y a des commémorations qui se font tout le mois, et à la fin du mois, «tout est oublié et on passe à autre chose». Les thèmes utilisés le long du mois sont solides. Néanmoins, ils demeurent abstraits pour la plupart.

Un nouvel élan pour progresser

Alice Prophète qui est triplement minoritaire, c’est à dire immigrante, francophone et noire, est convaincue que «ce n’est pas seulement d’inviter des auteurs noirs à présenter, parler, mais c’est d’intégrer les œuvres des personnes noires dans le curriculum» afin de combler le vide ressenti par certains élèves. Afin d’avoir une compréhension approfondie sur l’héritage des immigrants noirs au Canada, tout en laissant un impact durable, il est nécessaire d’aborder ce sujet plus souvent et non seulement durant le mois de février. Pour Germina Platel, «l’intégration des apprentissages reliés au patrimoine noir doivent se dérouler tout au long de l’année et non seulement en février». 

Alors que la commémoration du Mois de l’Histoire des Noirs se poursuit, Alice Prophète espère que les écoles et les institutions aient «au-delà de la commémoration et des journées à thèmes». Le mois de l’Histoire des Noirs devrait être un tremplin vers un engagement durable dans les écoles. De même, elle souhaite qu’on passe «d’un mois de reconnaissance vers une culture de reconnaissance», car il n’est pas suffisant d’avoir des affiches, des conférences et des histoires à thème. «Il faut que les histoires soient intégrées dans le programme» insiste t-elle. Enfin, l’avenir de ce mois de reconnaissance est prometteur. 

Il y a des graines qui sont semés et qui germent, et cela doit continuer, lorsqu’on ne reste pas surtout au niveau de la célébration et qu’on commence à faire des actions

— Alice Prophète