le Samedi 24 février 2024
le Mercredi 20 Décembre 2023 14:47 Plumes jeunesse

Plumes jeunesse – 6e Édition – Projet 3 – Article journalistique

Illsutration : Andoni Aldasoro
Illsutration : Andoni Aldasoro
Les bienfaits et enjeux de la diversité culturelle pour la francophonie. Les jeunes étaient invités à respecter le thème énoncé, tout en suivant les principes journalistiques et en incluant des éléments essentiels tels qu’un bon titre, une structure particulière au journalisme, dite de la pyramide inversée, et de bons interlocuteurs. Tout un programme!
Plumes jeunesse – 6e Édition – Projet 3 – Article journalistique
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Juliet Saumure Campbell (à droite) en compagnie de Nathalie Lachance, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA). Photo : Courtoisie

L’inclusivité : son rôle important dans francophonie albertaine

Pour la francophonie, la diversité culturelle peut se manifester de plusieurs façons. Chaque individu vit une culture moralement différente des autres. Comme communauté, comment pouvons-nous intégrer cette diversité dans notre société et l’approcher d’une manière accueillante? Nathalie Lachance, Alphonse Ndem Ahola, Rose-Eva Forgues-Jenkins et Robert Lessard ont accepté de donner leurs opinions sur ce sujet fondamental qui contribue à la prospérité de la francophonie.

L’intégration des immigrants francophones dans la société

La francophonie connait plusieurs enjeux. Souvent, en pensant à la diversité culturelle, le premier mot à venir en tête est l’immigration. Afin qu’une communauté soit réunie à son potentiel maximal, il faut tout d’abord reconnaitre les enjeux auxquels les immigrants font face au quotidien et comment ils peuvent franchir ces obstacles. La francophonie albertaine possède plus que jamais une culture enrichie et une diversité qui est constamment en train de s’élargir. 

Nathalie Lachance, présidente de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), partage ses pensées sur la multiculturalité de sa communauté. «Je pense qu’on peut apprendre de ta génération. Nos écoles sont plus multiculturelles et plus diversifiées culturellement, dans les écoles catholiques et publiques, que beaucoup d’organismes communautaires.» 

Alphonse Ndem Ahola, directeur général de Francophonie Albertaine Plurielle (FRAP), appuie ce point avec véhémence. «On est divers, on est particulier, on est différent. On peut l’être par la couleur de sa peau, on peut l’être par sa taille, on peut l’être par ses capacités physiques.»

Les francophones LGBTQ+

Un enjeu insuffisamment reconnu par la francophonie est l’inclusion des francophones LGBTQ+. Le Comité FrancoQueer de l’Ouest (CFQO) est officiellement établi, il y a seulement quatre ans, malgré que des francophones queers existent depuis toujours. «La diversité, c’est à différents niveaux […], c’est la diversité culturelle, mais c’est la diversité du genre également», déclare madame Lachance en parlant des particularités d’un milieu pluriel. 

Pour Rose-Eva Forgues-Jenkins, coordonnatrice de programmation à CFQO, un enjeu auquel font face les francopĥones queer, c’est la difficulté d’articuler son identité en français. «La langue française […], c’est une langue très genrée, normalement on voit juste les pronoms « il » et « elle ». C’est vraiment important de représenter des différents néo-pronoms et de représenter les différents genres qu’on peut avoir.» 

Afin de bien représenter une francophonie plurielle, il faut tout d’abord commencer par trouver une façon d’inclure toutes les cultures, les identités et les modes de vie. Robert Lessard, directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN), croit que cela est un élément indispensable pour la communauté scolaire. «L’école est un reflet de la société. On essaie de travailler très fort pour enrayer ça puis donner un milieu scolaire où les jeunes peuvent grandir en étant acceptés dans un milieu bienveillant […] où tout le monde est accueilli.»

La francophonie albertaine en dix ans

La diversité culturelle francophone ne cesse de s’épanouir. Avec l’inclusion au cœur de cette diversité, à quoi ressemblera-t-elle dans dix ans? Monsieur Lessard croit que «les gens vont être beaucoup plus tolérants, beaucoup plus unis dans leur vision de ce qu’ils veulent voir de la francophonie, particulièrement dans nos écoles». 

En même temps, madame Lachance s’attend à ce que la diversité francophone continue de changer. «Dans dix ans, j’espère qu’on aura une façon d’avoir de plus en plus d’événements qui nous permettront de mettre en valeur ce que tous et chacun d’entre nous apportent.» 

Une majeure partie de la prospérité de cette pluralité francophone est l’immigration. Dans un organisme comme la FRAP, monsieur Ndem Ahola accueille plusieurs familles africaines. «Je pense que l’avenir de la francophonie repose essentiellement dans notre capacité à pouvoir inclure […] et de leur donner la chance de construire la francophonie de demain.»

Nous voyons de plus en plus dans nos écoles et dans la société une diversité culturelle riche et grandissante. Cette diversité culturelle nous parvient de différences visibles, mais ils peuvent également être des différences morales. Madame Forgues-Jenkins conclut en disant : «J’aimerais que tout le monde se voie représenté par la francophonie».

Juliet Saumure Campbell, journaliste, École Maurice-Lavallée, 11e année

Citer les inégalités et reconnaître ses faiblesses, c’est un pas vers un meilleur avenir dans la communauté. Mirta Toledo, CC BY-SA 4.0 – Wikimedia Commons

Une approche vers la clarté dans cette diversité

En Alberta, la communauté francophone est composée d’individus venant des quatre coins du monde. Cela crée une diversité culturelle, un point de force. Aussi bien que cela puisse paraitre, il y a des problèmes qui se profilent à l’horizon.

Selon Statistique Canada, le nombre de francophones dans la province a augmenté de 35,7% entre 2001 et 2016. Justement, ceci s’avère être la plus grande hausse de francophones dans toutes les provinces du Canada.

La francophonie qui rayonne de diversité

Parmi ces chiffres, on y retrouve une grande multiculturalité. Par exemple, Ilham est une francophone originaire de l’Algérie. Elle a déménagé de Montréal en Alberta cette année. «J’ai réussi à me faire des amis, des nouvelles connaissances. C’était assez bien et agréable de s’intégrer ici.» «Quand je suis venu, je ne savais pas qu’il y a autant de programmes en français. J’étais assez surprise qu’il y avait des écoles francophones», a-t-elle répondu avec enthousiasme.

Parallèlement, Sasha est venue de Gatineau, au Québec, il y a quelques années. Dans sa perspective, elle était «contente qu’il y ait des écoles francophones, donc cela m’encourageait et encourageait les autres à parler en français». «J’aime être fière de ma langue et avoir des opportunités ici, même si c’est majoritairement anglophone», a-t-elle dit.  

Ainsi, c’est la francophonie qui unit ces jeunes adolescentes à l’école. Ce qu’a ressenti Ilham et Sasha, c’est ce que n’importe quelle personne espère ressentir à son arrivée dans un nouvel endroit. Ces deux jeunes ont été chaleureusement accueillies dans leur nouvelle patrie. 

Se mettre à l’œuvre

La langue de Molière apporte une liaison de cultures en Alberta. Ce regroupement de cultures est vital afin de créer une communauté émergente et vibrante. Cependant, il y a encore des obstacles à surmonter quand il s’agit d’avoir une communauté riche en multiculturalisme. 

D’après l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), «nous ne pouvons passer sous silence la réalité du racisme systémique, des inégalités et des gestes d’intolérance qui se déroulent toujours au sein de nos propres communautés». Conséquemment, il y a donc encore des ponts à bâtir.

Comme l’a dit le célèbre militant des droits de l’Homme, Martin Luther King Jr, «une injustice commise quelque part est une menace pour le monde entier». Certes, les injustices commises dans notre milieu francophone sont défavorables, car elles risquent d’affecter un grand nombre de gens. 

Du 2 au 11 novembre 2023, une tournée a été organisée par le Pont Cultural Bridge. Intitulée «Et si on définissait nos couleurs», elle a pris place dans six endroits différents de la province. Elle a sensibilisé le public au racisme et à la discrimination dans la communauté francophone. Le but de cet évènement était de conscientiser la communauté à propos des injustices raciales afin de concevoir une «nouvelle génération antiraciste». Pour en savoir plus sur cette tournée et son impact, la rédaction a contacté, sans réponse, le Pont culturel.

C’est en citant ces inégalités que s’amplifie la francophonie en Alberta. Reconnaitre ses faiblesses, c’est un pas vers un meilleur avenir dans la communauté. Il est tout à fait possible de remplacer des expériences désagréables par d’autres, comme celles d’Ilham et de Sasha. En procédant d’une telle manière, la citation de Gandhi est révélée : «Soyez le changement que vous désirez voir dans ce monde».

Kristy Murangwa, journaliste, École Alexandre-Taché, 10e année

Le drapeau de la francophonie albertaine est le symbole de la communauté en Alberta. Photo : Archives Le Franco

Les avantages et les défis de la culture francophone 

En Alberta, les francophones rencontrent tout le temps des défis à surmonter parce que la langue française est minoritaire. Je vais parler de ça dans mon entrevue avec madame Dorianne de l’École Boréale et madame Maryse de l’ACFA régionale.

Les avantages

La diversité culturelle est une richesse pour la francophonie parce que tu peux élaborer ton vocabulaire, ça peut te servir à l’étranger, car le français est l’une des langues les plus parlées au monde. 

Les activités comme le RAJE, les Jeux francophones et le Mois de la francophonie aident les gens à se retrouver. La francophonie a pour but de promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique, de promouvoir la paix et d’appuyer l’éducation.

Les valeurs de la francophonie sont la solidarité, la diversité, le partage d’expériences, l’engagement et la concertation. Les activités sportives (RAJE, Jeux francophones) et les festivals en français sont des moyens ou des lieux de rencontre pour les francophones avec leurs amis, leur famille ou avec toutes autres personnes, dans un même lieu. Les francophones qui arrivent en Alberta ont besoin d’aide et d’orientation pour pouvoir s’orienter, car, ici, en Alberta, c’est beaucoup plus en anglais. Ce qui veut dire que le français est une langue minoritaire en Alberta et que les nouveaux arrivants francophones ont besoin d’aide des associations francophones pour pouvoir s’orienter et c’est pour ça que les associations francophones sont importantes. 

Les associations francophones comme l’ACFA, la FRAP et le PIA ont beaucoup aidé les francophones dans le besoin. Quand tu viens de déménager en Alberta, les associations francophones sont là pour t’accueillir, pour te présenter des activités en français, pour trouver des amis en français, des emplois en français, ils sont là pour te guider. 

Comme l’a dit madame Maryse dans son interview, le rôle de l’ACFA et des autres associations francophones est de représenter les populations francophones de l’Alberta et elles favorisent le sentiment d’appartenance communautaire francophone en Alberta. «La francophonie albertaine constitue une communauté pluraliste et inclusive au sein de laquelle tous les Albertains et Albertaines peuvent se reconnaitre et s’épanouir en français.»

Les défis

En Alberta, le français est une langue minoritaire, comme l’a dit madame Dorianne dans son entrevue. Les francophones ont des difficultés à se faire servir en français chez le docteur, dans les magasins, chez le dentiste, à trouver des emplois en français, des écoles en français, d’autres francophones, des chansons en français, des ressources en français, des jeux en français, des activités en français… Même à Service Canada, ça devrait être bilingue, mais c’est très rare de se faire servir en français. 

Quand on est dans un endroit majoritairement anglophone, souvent on va se faire assimiler. «On n’est pas seul, donc tu dois aller voir les associations francophones et il y a aussi beaucoup plus des francophones que l’on pense, donc on doit être fier et on doit pas oublier notre culture et notre langue.» 

Pour les migrants francophones, ne vous inquiétez pas parce que, pour vous orienter, il y a des groupes sur les réseaux sociaux. Il y a aussi beaucoup d’associations francophones, les collègues de travail et, avec Internet aussi, vous pouvez vous orienter très facilement. N’oubliez pas de toujours parler en français et soyez-en fiers, car on est tous là pour vous.

Mahamat Alifei, journaliste, École Boréale, 9e année