le Mardi 16 avril 2024
le Mercredi 15 mars 2023 10:30 Provincial

Un portail qui facilite le recrutement d’enseignants francophones

Le portail Enseigner en Alberta a été lancé au début de février 2023 par la FCSFA. Crédit : Enseigner en Alberta
Le portail Enseigner en Alberta a été lancé au début de février 2023 par la FCSFA. Crédit : Enseigner en Alberta
Un portail qui facilite le recrutement d’enseignants francophones
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La Fédération des conseils scolaires francophones de l’Alberta (FCSFA) s’équipe pour faire face à la pénurie d’enseignants qui accable la province : le portail Enseigner en Alberta a été lancé au début de février pour faciliter le recrutement et la rétention du personnel dans les écoles.

IJL – RÉSEAU.PRESSE – LE FRANCO

«Avant, une personne qui se cherchait du travail devait faire le tour du site internet des quatre conseils, mais maintenant tout est au même endroit.

C’est vraiment plus convivial et surtout moins compliqué», explique Saulnia Lacombe qui travaille sur ce projet financé dans le cadre de l’Entente Canada-Alberta sur l’enseignement dans la langue de la minorité et l’enseignement de la langue seconde.

En plus de regrouper les offres d’emploi des quatre conseils scolaires, l’initiative vise à encourager les enseignants francophones des autres provinces à faire le saut en Alberta, «un véritable besoin», note Saulnia. «Oui, on essaie d’attirer des gens d’ailleurs, on ne se fera pas de cachettes. C’est très difficile de recruter des enseignants qui parlent français en Alberta», témoigne-t-elle.

D’ailleurs, les personnes qui détiennent une certification professionnelle valide d’une autre juridiction canadienne peuvent facilement obtenir le brevet d’enseignement de l’Alberta, et ce, sans  examen ou formation supplémentaire, rappelle Saulnia Lacombe. «Les étapes à suivre pour effectuer le transfert de certification sont expliquées clairement sur la plateforme et je prends aussi le temps de répondre aux questions des enseignants par courriel», souligne-t-elle.

Les prairies avant les centres urbains et les Rocheuses

En outre, afin «d’attirer des gens», le portail essaie de «vanter les mérites» de la vie en Alberta : salaires plus élevés, faible taux d’imposition, absence de taxe provinciale et paysages à couper le souffle. Une autre section est, quant à elle, consacrée à la description des différentes régions de la province, de sorte à encourager les enseignants à s’installer ailleurs qu’à Calgary et Edmonton. Le recrutement de personnel demeure «encore très ardu» à l’extérieur des grandes villes, surtout dans le nord de la province. 

«Une autre difficulté, c’est que les gens ont tendance à être plus attirés par des milieux urbains que ruraux, explique la gestionnaire de projet. On essaie donc de faire découvrir les régions de l’Alberta et pas seulement les Rocheuses qui, elles, attirent déjà beaucoup d’enseignants du Québec par exemple», précise Saulnia.

L’efficacité du portail reste à confirmer puisque ce sont les employés de chaque conseil qui devront penser à afficher les emplois disponibles dans leurs écoles. Mais plus l’outil «montrera son utilité, plus il sera utilisé au cours des prochains mois et des prochaines années», estime-t-elle.

Fidéliser le corps enseignant 

Selon la FCSFA, ce ne serait pas moins de 25% des enseignants qui quitteraient la profession dans les cinq premières années de leur carrière. Pour remédier à ce roulement de personnel, Saulnia Lacombe affirme que les carrières en enseignement doivent être mieux valorisées. «C’est important de montrer l’impact que l’éducation a sur la vie de tous les jours», raconte celle qui a travaillé comme enseignante et directrice d’école pendant plus de trente ans. 

Outre le portail Enseigner en Alberta, la FCSFA travaille donc au deuxième volet de son projet : la fidélisation de son personnel. Pour y arriver, une activité a été organisée en début d’année afin de souhaiter la bienvenue aux nouveaux enseignants. Un comité a aussi été formé afin de «suivre leur parcours au fil de l’année». Ce travail de rétention est crucial, rappelle Saulnia.

«Si on attire des enseignants, mais qu’on n’arrive pas à les garder, on finira jamais de chercher», conclut-elle.