le Mardi 28 mai 2024
le Samedi 25 novembre 2023 14:46 Santé

La médecine douce : un remède inusité, mais approuvé par les aînés

La médecine douce est de plus en plus populaire chez les aînés. Bruno Schell est un massothérapeute spécialisé en orthopédie qui étudie aussi la médecine chinoise et prodigue des soins à de nombreux aînés. Photo : Courtoisie
La médecine douce est de plus en plus populaire chez les aînés. Bruno Schell est un massothérapeute spécialisé en orthopédie qui étudie aussi la médecine chinoise et prodigue des soins à de nombreux aînés. Photo : Courtoisie
(IJL - RÉSEAU.PRESSE - LE FRANCO) - Les médecines alternatives gagnent en popularité parmi les personnes âgées en quête de soins doux et non invasifs. En plus de contribuer efficacement au maintien d’un corps en bonne santé, elles parviennent également à pallier la solitude fréquemment ressentie par les aînés et à apaiser les symptômes de certaines maladies courantes.
La médecine douce : un remède inusité, mais approuvé par les aînés
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En règle générale, les médecines alternatives regroupent un éventail de pratiques qui se situent en dehors du champ de la médecine conventionnelle et des protocoles cliniques propres à notre système de santé. 

L’acupuncture, le massage et la digitopuncture sont autant de déclinaisons de ces approches avec lesquelles le massothérapeute Bruno Schell s’est d’ailleurs familiarisé au cours des dernières années en étudiant la médecine traditionnelle chinoise. À sa clinique Strong Orthopedic and Wellness Massage à Calgary, il travaille surtout avec des personnes âgées qui sont à la recherche de traitements alternatifs pour soigner leurs maux. 

«C’est le cœur de mon métier, les populations de 60 à 70 ans, j’en ai vraiment beaucoup. J’adore trouver des solutions pour les personnes qui ont des problématiques spécifiques en prenant en compte le corps de chacun, les restrictions de mobilité, etc.», explique-t-il. 

Des traitements pour tous les maux

Ce Français d’origine constate que la massothérapie peut être particulièrement bénéfique pour les aînés qui souffrent de douleurs chroniques au niveau des lombaires, des hanches et du haut du dos. De plus, les personnes qui souffrent d’arthrose pourraient aussi trouver un soulagement à leur condition puisque les massothérapeutes ont la capacité de manipuler les articulations et ainsi réduire les symptômes.

«Quand je vois des patients qui ont des douleurs spécifiques, j’essaie d’isoler le problème, de voir ce qui est endommagé et de redonner de la mobilité, dépendant de la condition que je traite. Il y a une grande étendue de conditions que je peux traiter», analyse le massothérapeute. 

Mais la pratique de la massothérapie ne se limite pas seulement à soulager les personnes âgées qui ont des douleurs physiques. Certaines techniques de massage peuvent également contribuer au maintien de la masse musculaire qui a tendance à diminuer avec l’âge. D’autres approches sont adaptées pour offrir un moment de détente aux clients, notamment lorsqu’ils vivent du stress ou de l’anxiété.

«Il y a l’aspect mental et physique à prendre en compte», ajoute Bruno Schell, en rappelant que la massothérapie a aussi l’avantage de lutter contre l’isolement, un problème psychologique auquel les populations vieillissantes sont souvent confrontées. «Ce qui est excellent, c’est que lorsqu’on se fait masser, on passe du temps avec quelqu’un. Ça aussi, ça fait un très grand bien», mentionne-t-il.

Qu’est-ce que l’arthrose ? 

C’est une maladie des articulations qui occasionne souvent des douleurs aux mains, aux pieds, aux hanches, aux genoux et à la colonne vertébrale.

Josette Larrivé est naturopathe de formation et pratique le Tui Na. Elle prodigue des soins à des résidents de la Villa Jean-Toupin. Photo : Courtoisie

Adapter sa pratique selon l’âge

Si la massothérapie peut favoriser le bien-être des personnes âgées, le spécialiste tient à noter, en revanche, qu’il vaut mieux consulter un professionnel expérimenté qui a l’habitude de traiter les personnes âgées. Comme le métabolisme des aînés change beaucoup avec les années, les soins doivent souvent être adaptés. «En fonction des groupes d’âge, ce qu’on peut faire ne sera jamais pareil», résume Bruno Schell. 

En effet, le seuil de tolérance à la douleur a tendance à augmenter avec les années, c’est-à-dire que la douleur sera perçue plus tardivement ou à moins grande échelle chez les personnes âgées. Il peut donc arriver qu’un client ne ressente pas de douleur lorsqu’une pression élevée est exercée pendant un massage, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’aucun dommage ne sera causé.

«Les personnes âgées ne signaleront pas forcément leur douleur, car ils ne la ressentent pas de la même façon, mais comme leurs os sont plus fragiles, des fractures peuvent survenir sans qu’on s’en rende compte. Il faut donc utiliser beaucoup de délicatesse au départ», souligne le massothérapeute. 

Cette croyance est partagée par la docteure en sciences naturelles Josette Larrivé, une naturopathe qui s’est spécialisée en aromathérapie et dans le Tui Na. Cette discipline de la médecine chinoise traditionnelle prend en compte les méridiens, des canaux qui acheminent l’énergie vitale dans tout le corps et contribuent à maintenir l’équilibre physique et spirituel.

«Chaque personne est différente, mais on ne peut pas faire les mêmes traitements sur une personne de 30 ans que sur une personne qui en a 90. Vous allez la bouleverser complètement», s’exclame-t-elle

Installée en Alberta depuis deux ans, cette Française d’origine a longtemps résidé à Hawkesbury, en Ontario, où elle possédait sa propre clinique Aromaterii. Depuis quelques mois, elle rend visite aux résidents âgés de la villa Jean-Toupin, à Calgary, dans le but de leur offrir des soins de manière bénévole.

«Ce que je fais, c’est assez basique, car avec les personnes âgées, il faut faire très attention», rappelle-t-elle. La spécialiste raconte, entre autres, utiliser la digitopuncture lorsqu’elle effectue des soins, une méthode similaire à l’acupuncture, mais qui n’inclut pas d’aiguilles. Les points précis du corps sont stimulés manuellement avec la pression des doigts, ce qui contribue à rétablir l’équilibre des méridiens.

«C’est le corps qui se guérit lui-même. Avec la [digitopuncture], je mets le corps en guérison, mais c’est le corps qui se guérit dans les trois ou quatre jours suivant le traitement», explique Josette Larrivé.

Elle note que les traitements légers qu’elle a jusqu’à présent prodigués aux aînés ont déjà permis de soulager certaines de leurs «douleurs mécaniques» et d’apaiser l’inconfort des sciatiques de résidents aux prises avec de l’arthrose ou d’autres conditions qui causent de l’inflammation. 

«Ça apporte un soulagement, c’est ce qu’on me dit. J’essaie aussi de remettre certains méridiens en place et de refaire partir le flux d’énergie pour des personnes qui souffrent de fatigue chronique», conclut-elle.

Glossaire – Prodigué : qui a été donné