le Mardi 21 mai 2024

Depuis septembre 2021, Radio Diaspora Inter (RDI-TV), en collaboration avec Radio Intrépide Inter de Montréal, émet à partir du web à l’attention des Haïtiens d’Edmonton, mais aussi de toute la diaspora de la planète. Elle espère attirer d’abord les jeunes afin qu’ils aient l’occasion de mieux connaître leur pays d’origine.

Ijl – Franco.Presse – Le Franco

«RDI n’a pas de fréquence en FM, mais elle émet sur les réseaux sociaux via Facebook, Twitter et YouTube, ce qui la rend plus accessible», soutient le président-directeur général Azael Aldajuste, journaliste politique à Radio Intrépide Inter de Montréal.

Au lancement officiel, le 5 septembre dernier, les membres de la communauté, accompagnés de représentants d’autres organisations d’immigrants francophones, ont accueilli avec joie ce projet. «RDI peut compter sur le soutien de l’Organisation Haïtienne d’Edmonton (OHE) qui a, entre autres, pour mission de faire la promotion des entreprises et organisations haïtiennes qui œuvrent dans la société canadienne, notamment en Alberta», souligne Alice Prophète, membre fondateur et coordonnatrice de l’OHE. 

DJ Barry a animé la cérémonie de lancement de la webradio. Crédit : Courtoisie

«L’OHE encourage fortement ce genre d’initiatives qui permet de véhiculer plus aisément la culture haïtienne», ajoute-t-elle. Créée en 2010 à Edmonton, l’organisation appuie, entre autres, les nouveaux arrivants haïtiens dans leur processus d’intégration. 

Rodrigue Laurent, un Haïtien vivant à Edmonton depuis 2007, est aussi favorable à la création de cette webradio. Il se questionne tout de même sur la pérennité de celle-ci afin qu’elle demeure un média permanent au service de la communauté.  

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Des émissions en créole

Selon le directeur général, Wilbert Platel, «RDI s’est donné pour mission de former, d’informer et de divertir en abordant les problématiques de la société haïtienne, autant au pays qu’à l’extérieur». Selon lui, elle est «une voie pour éclairer, un phare pour éduquer», surtout pour la jeunesse haïtienne par qui le vent du changement pourrait souffler dans le pays.

Ainsi, la webradio propose une riche programmation d’émissions dont les titres sont en créole. Il y a tout d’abord l’émission phare Founijé, un coup d’œil sur notre actualité, et Dis-moi paw (Dis-moi ton mot) qui aborde, quant à elle, les réalités sociales des immigrants haïtiens et parle des meilleures pratiques pour s’intégrer dans sa communauté d’accueil. 

Ensuite, Tikozé sou istwa dayiti (Causerie sur l’histoire d’Haïti) nous fait découvrir l’histoire et les grands personnages de ce pays ayant apporté des révolutions. L’émission Dwa pwopriété (Le droit de propriété) instruit la diaspora sur les étapes pour acquérir une maison sans se faire duper. Finalement, Tourisme et culture présente les sites à découvrir dans ce pays.

Wilbert Platel a également annoncé la mise en ondes prochaine d’une émission vouée à l’économie et à l’entrepreneuriat, Parlons d’affaires

La création d’une radio, une ambition pertinente 

L’idée d’une webradio pour former la jeunesse est une ambition pertinente quand on connaît l’histoire et le contexte politique et socioéconomique complexe de Haïti. Haïti est un pays francophone situé dans les Caraïbes, en Amérique du Nord, où les habitants parlent le créole, une langue dérivée du français et du dialecte local. Avec le Canada, Haïti est le seul pays, dans cette zone, où le français est une langue officielle. C’est pour cette raison qu’Haïti est membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis la création de l’organisme. 

La diaspora haïtienne au Canada est estimée à plus de 165 000 personnes selon le recensement de 2016. Elle est en majorité installée au Québec et en Ontario, mais on la retrouve aussi en Alberta avec plus de 2000 personnes. Depuis plusieurs années, le pays fait face, de manière récurrente, à des pressions politiques, marquées par des coups d’État, et à d’importantes catastrophes naturelles, dont des tremblements de terre, en raison de son emplacement géographique. 

C’est donc un État fragile, aux institutions gouvernementales en crise et aux conditions de vie difficiles. En 2021, l’Organisation des Nations unies (ONU) estime que près d’un tiers de la population haïtienne aurait eu besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Le dernier incident politique en date est l’assassinat du président Jovenel Moïse, le 7 juillet dernier, suivi en août d’un tremblement de terre d’une magnitude de 7,2 dont le bilan s’élève à plus de 2207 morts et 12000 blessés.​​

 

 

Dès le mois d’août 2021, Miles Muri va diriger pleinement les écoles Saint-Christophe et Sans-Frontières. Éric Dion, le directeur général adjoint du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN), précise d’ailleurs que la direction de deux écoles par une seule et même personne n’est pas un fait nouveau. Ce choix éclairé de la part du conseil scolaire est d’abord lié aux caractéristiques de ces deux établissements. 

L’École Saint-Christophe est établie à Wainwright, une petite commune du centre-est de l’Alberta de plus de 6000 habitants (recensement 2016) et l’École Sans-frontières à Lloydminster, une ville qui s’étend aussi bien sur le territoire Albertain que saskatchewanais.  Ensuite, ces deux écoles ont un effectif combiné  d’une soixantaine d’élèves, soutient M. Dion. Pour le CSCN, «c’est une question d’efficacité», explique le directeur général adjoint.

Miles Muri va diriger pleinement les écoles Saint-Christophe et Sans-Frontières. Crédit : Courtoisie.

Il ajoute que depuis trois années déjà, ces deux écoles fonctionnent sous une même direction. Autre détail à souligner, ces deux villes ne sont pas tant éloignées l’une de l’autre, elles sont distantes d’une heure et quelques minutes en voiture. 

Ce qui est plutôt attendu du nouveau directeur, selon  Éric Dion, «c’est de «booster” ces écoles francophones dans ces deux villes en augmentant le nombre des inscriptions». Le Conseil scolaire espère en outre, l’amélioration continue des apprentissages et la continuité d’un climat scolaire favorable aux apprenants. 

Un directeur en terrain connu

Avec près de 27 années d’expérience dans le milieu éducatif, Miles Muri est passé d’enseignant à directeur d’école, puis conseiller pédagogique. Il détient un baccalauréat en éducation de l’Université de la Saskatchewan et une maîtrise en éducation de l’Université d’Ottawa. 

L’École Sans Frontières de Lloydminster. Crédit : Arnaud Barbet

À la tête des Écoles Saint-Christophe et Sans-Frontières, il ne s’agira donc pas pour lui d’un nouveau défi.  Non seulement, il en a déjà assuré l’intérim (septembre à décembre 2020) et a occupé une fonction similaire en 2014, en tant que directeur de l’École Père-Mercure à North Battleford, et de cette même école Sans-Frontières. Mais, à cette époque, cette dernière était du ressort du Conseil des écoles fransaskoises (CEF). Cependant, depuis juillet 2015, elle est sous la gestion du CSCN. 

Par ailleurs, il a été directeur de l’École secondaire Collège Mathieu à Gravelbourg, puis directeur du Centre d’éducation virtuelle et d’innovation (CÉVI) pour le compte du CEF.  Il s’appuyait d’ailleurs sur les nouvelles technologies pour pallier son absence physique. Ce qui ne le dispensait pas d’être présent quand il le fallait dans ces écoles.

Il pouvait compter en outre sur des équipes dynamiques pour l’accompagner. Cette expérience de gestion à distance, son intégrité et son amour pour les élèves et le milieu scolaire seront à nouveau mis à profit.  Comme il le dit si bien, «le contexte est favorable au télétravail en raison de la pandémie».

L’École Saint-Christophe de Wainwright. Crédit : Courtoisie.

Il pourra ainsi avoir des rencontres virtuelles, partager des documents ou encore collaborer avec ses équipes sur les plateformes communes. Avec les parents d’élèves, il va privilégier les réseaux sociaux ou des vidéos YouTube pour passer des messages ou donner des informations. Comme précédemment, lorsqu’il était en poste dans ces deux écoles, le directeur envisage de s’installer dans la ville de Wainwright pour ses nouvelles fonctions. 

Loin de ses bureaux, ce père de famille originaire de la Saskatchewan entretient une passion pour la menuiserie et le bricolage de vieilles voitures. Ces deux domaines lui permettent, dit-il, «de s’épanouir en se servant de ses mains, contrairement au travail cérébral que lui impose sa fonction de directeur». 

 

La FRAP a réussi à stabiliser les services d’établissement

Deux ans après avoir récupéré le mandat du Centre d’accueil et d’établissement (CAE), à travers le Portail d’Accueil des Services d’Établissement (PASE), la Francophonie Albertaine Plurielle (FRAP) se trouve sur la bonne voie.

Propos recueillis par Carol Offi

Où en est la FRAP après deux ans d’activités ? 

La FRAP a commencé ce mandat d’établissement et d’intégration des nouveaux arrivants en 2019. Pour notre première année, nous avons travaillé avec un agent fiscal. Je tiens à souligner que nous n’avions aucune expérience de l’établissement, cependant nous avons atteint la cible définie par notre entente en termes de clients à servir soit 900 personnes. En 2020, nous avons dépassé notre cible qui était de 800 clients pour atteindre 819.

Quelles sont les activités majeures de l’année fiscale 2020?

Tout au long de l’année dernière, nous avons accueilli des familles de nouveaux arrivants en leur donnant des informations et l’orientation dont elles ont besoin pour commencer harmonieusement leur processus d’établissement. 

Nous avons facilité les inscriptions des élèves nouveaux arrivants dans les écoles du conseil scolaire. Nous avons accompagné ces élèves et leurs parents tout au long de l’année scolaire pour leur permettre de s’intégrer à l’école et réussir leur année scolaire.  

Nous avons organisé la Journée d’Accueil des Nouveaux Arrivants (JANA), qui permet à tous les organismes partenaires de donner des informations sur les ressources disponibles au sein de la communauté; la Semaine d’Orientation des Nouveaux Arrivants (SONA) dans le cadre des services d’établissement dans les écoles pour informer les parents sur les services disponibles aussi bien dans les écoles que dans la francophonie.

Nous avons recruté des moniteurs qualifiés et compétents pour soutenir les élèves dans leurs travaux scolaires à travers notre programme « Espace Études ». Nous avons organisé des camps d’été en ligne pour les élèves et le Christmas Bureau pour la distribution des cadeaux de Noël aux familles des nouveaux arrivants. 

À côté de cela, nous avons distribué 120 ordinateurs portables aux familles des nouveaux arrivants et 50 téléphones portables avec un crédit de communication pour trois mois. Une vingtaine de personnes ont été formées à l’utilisation des moyens de communication en ligne.

La FRAP bénéficie d’un nouveau programme au niveau régional, pouvez-vous en dire plus?

La FRAP a été choisie pour coordonner le programme des Travailleurs en Établissement dans les Écoles (TEE) dans les Prairies et les Territoires du Nord-Ouest. Ce qui veut dire que la FRAP va appuyer les organisations francophones qui font les services d’établissement dans les écoles à travers l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba et les Territoires du Nord-Ouest. Il s’agit pour la FRAP d’harmoniser le programme des TEE tout en respectant les spécificités de chaque province et territoire.

La FRAP va en outre former ces TEE, élaborer des ressources documentaires, des vidéos et du matériel de sensibilisation sur le programme des TEE à travers les Prairies et les Territoires du Nord-Ouest. La FRAP va par ailleurs faciliter la collaboration entre les pourvoyeurs de services TEE, les conseils scolaires, et l’IRCC. Je souhaiterais ajouter que la FRAP a décroché ce nouveau mandat grâce à son expérience et la qualité du travail fait par les TEE dans les écoles du Conseil Scolaire Centre-Nord (CSCN) à Edmonton et Fort Mc Murray.

Comment la FRAP est-elle passée au travers de la Covid-19?

La FRAP a pu organiser toutes les activités prévues à son calendrier malgré la Covid-19 et les employés ont fait preuve d’ingéniosité pour s’adapter aux circonstances.   Nous avons offert les services d’établissement et d’intégration à distance et effectué plusieurs activités en ligne.

Quelles sont les innovations pour l’année fiscale qui a démarré depuis le 1er avril 2021?  

Cette année, nous allons procéder à la mise en place de la bibliothèque informatique, ce qui permettra aux nouveaux arrivants d’utiliser les ordinateurs de la bibliothèque de la FRAP chaque fois qu’ils en ont besoin. La FRAP fait partie avec 12 autres organisations anglophones de l’initiative Edmonton Covid-19 Rapid Response Collaborative (ECRRC) qui consiste à apporter aux personnes touchées par la Covid-19 un soutien financier et matériel, aussi bien pour les francophones que pour les anglophones.  Nous offrons aussi du transport aux personnes qui n’ont pas les moyens de se déplacer pour aller se faire vacciner.

Au cours de cette année, nous allons continuer à former les nouveaux arrivants et les immigrants aux outils informatiques et continuer à faire des dons d’ordinateurs.  Ce qu’il faut retenir, c’est que la Frap prend de l’envergure et qu’elle a réussi à stabiliser les services d’établissements qui traversaient une très grosse crise il y a deux ans. La FRAP bénéficie de la confiance de l’IRCC et nous allons saisir cette occasion pour demander plus de ressources pour les nouveaux arrivants et mieux travailler à la réussite de leur intégration. 

L’histoire de la communauté francophone de Brooks est intimement liée à celle de Sa Eva Katusevanako jusqu’à ce jour. Partie de rien, l’Association Francophone de Brooks (AFB) est aujourd’hui une communauté forte et dynamique dont le leadeurship du directeur a réussi à faire instaurer de nombreux services et ressources en français dans la ville.

Arrivé en décembre 2003 à Brooks pour travailler à JBS, la plus grande industrie de production de viande du Canada, Sa Eva fait le constat d’une francophonie quasi minoritaire, isolée et instable. Sans infrastructures d’accueil, les quelques familles quittaient la ville lorsque les enfants étaient en âge d’être scolarisés ou que les parents perdaient leur emploi, soutient-il. Inspiré par le cas du Centre d’Accueil pour les Nouveaux Arrivants Francophones (CANAF) de Calgary, alors géré par des compatriotes congolais, il décide de créer une structure similaire à Brooks.

L’aventure commence alors en 2004 avec l’appui technique des structures d’accueil francophones de Calgary. Avec une solide expérience de négociateur en tant que juriste de Droit international de l’Université Paris II en France et d’ex-conseiller en relations internationales de la République démocratique du Congo, son pays d’origine, Sa Eva a réussi a décroché son premier financement qui lui permet d’acquérir et d’équiper le bureau de l’AFB.

L’ouverture d’une école francophone, le premier challenge

L’un des premiers challenges de l’AFB a été de susciter la création de la première école francophone de Brooks, ce qui a contribué à stabiliser la communauté francophone. « Après la création de cette école francophone, nous avons eu des parents francophones qui ont commencé à venir à Brooks avec des enfants en âge de scolarité », explique-t-il. Ouverte en 2004, l’école Ruisseau affiliée au Conseil scolaire Francosud offre des cours de la maternelle à la 12e année.

Sa Eva est le directeur et fondateur de l’Association des francophones de Brooks. Crédit : courtoisie.

D’autres actions de l’AFB ont permis d’implanter solidement la communauté francophone. D’abord la création de la maison des jeunes ouverte en 2010, mais aussi l’arrivée de deux officiers bilingues à la GRC en 2007 ainsi qu’une autre ressource bilingue à Service Canada en 2010 et de divers travailleurs francophones. Pour le directeur, ces actions ont permis d’accroître la population francophone de Brooks, évaluée à ce jour à près de 450 personnes. L’association est également initiatrice du Franco festival de Brooks, un évènement culturel pour valoriser la langue française. Ledit festival s’est déroulé au mois de septembre 2020 avec un public limité à 50 personnes en raison de la Covid 19.

Une solide expérience au service de la francophonie 

« J’ai mis toute mon expertise acquise au Congo au service de la francophonie », déclare Sa Eva. Soit 13 années à de hautes fonctions dans son pays, notamment au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, mais aussi au ministère de l’Éducation et dans certaines facultés de droit et de sciences économiques et juridiques de son pays.

C’est justement à la faveur d’une mission dans le cadre de la coopération internationale qu’il décide de s’établir au Canada en raison du contexte sociopolitique difficile de son pays. Sa Eva se dit fier de la visibilité de la communauté francophone à Brooks. « Il y a beaucoup d’amélioration, l’AFB est en train de se développer ». Tous les projets et programmes de l’association se poursuivent avec le financement de Patrimoine Canada et du ministère de l’Immigration (IRCC). Il s’agit entre autres du plaidoyer pour l’instauration de services en français, du programme d’encadrement et d’intégration des jeunes immigrants, ayant permis à plusieurs d’entre eux d’obtenir un premier emploi. Ces jeunes sont leaders en matière de bénévolat à Brooks, confie Sa Eva, fier.

Les itinérants d’Edmonton raffolaient de sa vinaigrette au piment. Petit à petit, Joseph Dongo, originaire de Côte d’Ivoire, s’est lancé dans une aventure entrepreneuriale. Aujourd’hui, son produit s’impose dans les assiettes des consommateurs de sa communauté, et même au-delà.

Joseph Dongo a démarré la fabrication industrielle de sa vinaigrette, commercialisée sous la marque Candelice, en mars 2020, au début de la pandémie. Avant cela, il cuisinait à ses heures perdues. C’est à son domicile qu’il concoctait cette recette.

Une fois par mois, il faisait à manger pour les itinérants de la ville d’Edmonton, en reconnaissance à la Food Bank dont il était bénéficiaire.

Les produits de la Marques Candelice dans les rayons d’un magasin africain sur la 118 avenue. Crédit: Carol Offi.

Au menu de ces repas, il y avait notamment des sandwichs avec sa vinaigrette faite maison. Très tôt, il s’aperçoit que la vinaigrette est très demandée par les récipiendaires. « Ils voulaient toujours du pain avec de la vinaigrette », se souvient-il. Joseph, alors en quête d’emploi après un diplôme en génie des matériaux à la Northern Alberta Institute of Technology (NAIT), finit par nourrir l’idée d’en faire un business.

À ce stade, il veut se rassurer de la qualité de son produit, alors il le fait tester auprès de ses amis et des personnes de sa communauté. Tout comme les itinérants, ces derniers en redemandent. Convaincu, Joseph se lance dans les démarches administratives auprès de la province et de la Ville pour obtenir tous les agréments nécessaires à la commercialisation. Six mois plus tard, il concocte la recette inédite de la vinaigrette au piment, un ingrédient très présent dans les cuisines africaines.

Les produits Candelice bénéficieent de la Licence City of Edmonton. Crédit: Carol Offi

Le piment fait la différence

Le succès est au rendez-vous, les clients en raffolent. « Les produits Candelice ne manquent point chez nous. Je préfère surtout la vinaigrette épicée avec les grillades », a confié Jean-Marc Eliaka.

Même son de cloche chez Colette Aké. En plus du bon goût, elle les trouve fluides et à la fois onctueuses. Colette soutient qu’elle ne se donne plus la peine d’en faire elle-même comme auparavant. La vinaigrette « made by Dongo » est l’accompagnement parfait de ses sandwiches pour le travail, affirme-t-elle.

Qu’est-ce qui fait la différence ? Joseph soutient que ses articles sont faibles en sodium et en cholestérol. Il poursuit en disant qu’ils sont quasi-bio, fait à base d’huile de Canola, d’ingrédients végétaux et d’épices exportées d’Afrique. Notamment le clou de girofle, aux nombreuses vertus sanitaires.

La distribution de masse, un défi 

La qualité et le goût de ses articles ne font pas défaut, mais son plus grand défi est celui de la distribution. Après quelques mois de ventes directes, les articles sont désormais présents dans 7 épiceries d’Edmonton, dont 5 africaines, une pakistanaise et une hindoue.

Une copie de son agrément de l’Alberta Food Safety. Crédit : Carol Offi

Avec environ 500 boites écoulées par mois, l’entrepreneur fait face à plusieurs obstacles : celui du financement pour agrandir son affaire et minimiser les coûts de production. Ce qui lui permettrait d’augmenter sa production, être plus compétitif et présent dans les supermarchés albertains. Sans emploi, Joseph a dû s’autofinancer avec l’appui d’un proche. Il a démarré avec 2500 $ et investit aujourd’hui près de 20 000 $ pour faire tourner son affaire.

Un esprit créatif

La vinaigrette n’est pas sa première trouvaille. Lorsqu’il finit sa formation à NAIT, Joseph se lance dans la conception d’un appareil de chauffage électrique pour voiture (Automobil Heater System), pour lequel il détient un brevet de propriété intellectuelle canadien et états-unien. Le manque de financement le conduit cependant à ranger cette invention au tiroir, sans l’abandonner pour autant.

La vinaigrette au piment, au premier plan avec l’étiquette rouge. Crédit: Carol Offi

Marié et père de deux enfants, monsieur Dongo arrive en 2014 à Edmonton depuis la Côte d’Ivoire. Dans son pays, il a été 15 ans durant, ingénieur qualité à la Société ivoirienne de Raffinage, l’entreprise publique assurant le raffinage du pétrole brut et la distribution de produits pétroliers dans le pays.

Outre, les difficultés ordinaires à tous nouveaux arrivants, il a dû faire face à une lourde chirurgie du cœur, pour cause de crise cardiaque. Durant les deux ans de convalescence qui suivent, il se forme et obtient son diplôme canadien en génie des matériaux. Le secteur du pétrole étant en berne en Alberta, il se consacre depuis lors à sa propre affaire avec beaucoup de détermination pour prendre place dans les cuisines albertines.