le Mardi 28 mai 2024

Mai 2016 – mai 2021, un triste anniversaire dans la mémoire des Albertains. Des feux de forêt épouvantables ont eu raison de Fort McMurray au nord-est de la province. La ville située en plein cœur de la forêt boréale a écrit un chapitre dans l’histoire du Canada. 

La centaine de milliers d’habitants a reçu l’ordre d’évacuer le secteur, des milliers de logements sont la proie des flammes et les pertes sont estimées à plusieurs milliards de dollars. De ce drame, Isabelle Joannette a fait un roman. Ayant pris connaissance de la sortie du livre, Mariette Duguay, Acadienne du nord-est du Nouveau-Brunswick, victime de la tragédie témoigne : «J’avais les 2 pieds dedans. C’était ouf, incroyable, triste, et un retour émouvant». 

Couvertures avant et arrière du roman sorti le 1er mars 2021. Crédit : Courtoisie

Technicienne en éducation spécialisée au Québec, Isabelle Joannette, 41 ans, travaille avec des enfants autistes. Son travail l’a inspirée pour écrire des ouvrages pédagogiques pour aider les enfants en difficulté d’apprentissage. Plus tard, sur les conseils de son éditrice scolaire, elle décide d’écrire pour les adultes. 

Son premier roman s’appellera Évacués, en hommage aux victimes des incendies qui ont ravagé Fort McMurray, il y a cinq ans.

En écoutant les nouvelles, Isabelle Joannette a été émue par les propos d’un journaliste interviewant un Québécois qui rentrait chez lui au Québec, suite au drame : «vous venez d’écouter l’histoire d’une personne, mais il y en a 80 000 qui ont dû quitter Fort McMurray et qui auraient, elles aussi, des choses à raconter ». 

Cet extrait sonne comme un déclic chez Isabelle. Elle décide d’en faire son point de départ pour écrire son roman, en inventant des personnages qui racontent l’incendie, l’évacuation et la façon dont ils se remettent de cette tragédie.

Une fiction inspirée de la réalité

L’auteure n’a pas vécu la catastrophe, mais a regardé les nouvelles, lu des articles sur internet, vu des vidéos, écouté des témoignages, et contemplé des photos pour créer des histoires vraies en apparence.

Son chapitre sur l’évacuation a été scrupuleusement respecté dans la chronologie des faits, «je voulais vraiment que l’histoire ait l’air vraie». C’est un roman, car les personnages n’existent pas, mais sont vraisemblables. L’auteure s’est inspirée de ce que les gens ont vécu pour les produire. 

Dévoilement en 2019 d’un Arbre commémoratif des incendies de Fort McMurray en mai 2016. L’arbre a été offert par Downtown Community Garden. Crédit : Courtoisie

Par exemple, pour créer le personnage du pompier, Isabelle s’est documentée sur la profession des soldats du feu, leurs  techniques d’intervention ou encore les outils utilisés.

«Je me suis inspirée de la série Chicago Fire : Caserne 51. Je regarde aussi les séries médicales; ensuite je vérifie sur internet avant d’écrire.» 

À lire aussi : Chasseur au harpon : texte fondateur de la littérature autochtone

Quatre ans de gestation 

«Le titre est venu tout seul : je voulais quelque chose de simple et accrocheur et Évacués, ça dit tout». C’est ainsi que l’auteure explique l’origine du titre de son roman. Elle l’a commencé pendant son congé maternité, en mai 2016, lorsque les feux avaient commencé.

Quatre ans pour l’écrire, une année pour trouver une maison d’édition, six mois pour la  rédaction, correction et révision ont été finalement nécessaires pour savourer le fruit de sa plume.

Trop de détails inutiles; les personnages qui utilisent tous le même type de langage, comme si c’était Isabelle elle-même qui parlait à la place des personnages : de la part des maisons d’édition, ce sont là quelques exemples d’obstacles auxquels Isabelle s’est trouvée confrontée, l’obligeant ainsi à réviser son texte. 

Elle a donc fait des recherches sur les métaphores, les figures de style et les différents types de langage pour les adapter aux personnages de son livre.

Le roman est sorti le 1er mars 2021 et les premiers lecteurs ont déjà pu en apprécier le contenu: «le public a aimé le parler et l’accent différents de chaque personnage, c’était fort et  intéressant d’ avoir superposé ainsi sept vies», rapporte son auteure. 

Lien utile : Éditions La Plume d’Or https://editionslpd.com/

Qui n’a jamais rêvé de sport extrême, d’adrénaline ou de dépassement de soi ? La période estivale approchant à grands pas, le canyoning ou canyonisme se fraie un chemin et trouve progressivement sa place entre l’escalade et la spéléologie tout en flirtant avec les chutes d’eau le long des parois calcaires. Sportif de pleine nature, Guillaume Coupier crée sa propre entreprise, Western Canyoning Adventure, au milieu des Rocheuses canadiennes.

Des débuts difficiles             

Géomètre de formation, Guillaume quitte la France à vélo et traverse l’océan atlantique jusqu’au Canada par bateaux à voiles. Il vise l’Amérique latine comme destination finale mais son escale dans Les Rocheuses aura raison de lui. Celle-ci dure depuis cinq ans.

Il découvre le canyoning dans le Vercors en France, l’année même de son départ pour le Canada. Il est immédiatement séduit. Après avoir étudié le potentiel de cette activité de pleine nature, il crée son entreprise dans les Rocheuses.

Journée mémorable pour Daniel descendant une cascade de 60 mètres avec, en prime, un arc-en-ciel. Crédit courtoisie

Selon ce fan d’escalade qui aime beaucoup l’eau, le canyoning est un équilibre entre le sport d’eau et la verticalité, et lui permet de réaliser son rêve d’enfant. La première chose qu’il a faite, une fois arrivé au pays du sirop d’érable, était de chercher des entreprises de canyoning.

Il n’en trouve qu’une seule à Jasper avec qui il travaille depuis. Aujourd’hui son entreprise se trouve à Abraham Lake, près de Field où l’entrepreneur réside. Ce choix géographique et stratégique lui permettra de développer l’activité à Banff.

Depuis quatre ans, chaque jour est un défi. Malgré un démarrage difficile, il ne lâche pas prise et s’accroche à son projet. «C’est très compliqué pour trouver des permis car c’est un sport nouveau au Canada», explique Guillaume. Il travaille avec Kananaskis pour autoriser l’activité et continue de négocier pour avoir accès à plus de canyons.

matériel de qualité et tout ce dont a besoin le client pour sa sécurité avant tout et pour le plaisir ensuite. Crédit Kyle Singbeil

«Nous n’en avons qu’un seul. Malgré sa pratique depuis plus de trente ans, le canyoning est un sport nouveau donc pas encore reconnu par les parcs qui doivent faire une évaluation de l’activité. Si demain, il y a un oiseau qui niche dans une falaise pour l’escalade, on ne va fermer qu’un petit secteur pour le laisser tranquille. Dans le cas du canyoning on fermera tout le canyon», explique-t-il.

Il ne bénéficie d’aucune subvention, n’a pas de partenaire ou de sponsor et le moindre centime est réinvesti dans son entreprise.

Le canyoning voit ses débuts réels dans les années 1900. Il est présent en Europe, en Nouvelle-Zélande, en Australie, aux Etats-Unis, en Amérique latine et aujourd’hui au Canada. Crédit courtoisie

Des randonnées aquatiques au milieu des montagnes.

Au Canada, les personnes ne sont pas tellement familiarisées avec l’activité, et les périodes de grands froids ne facilitent pas son expansion. En vingt ans, près d’une cinquantaine de canyons dans Les Rocheuses ont été explorés.

Guillaume Coupier s’est entouré de professionnels de la montagne, des pionniers qui ont ouvert des canyons il y a près de trente ans. Lorsqu’un canyon est découvert, il faut avancer et regarder ce qu’il y a à l’intérieur en bravant tous les obstacles.

Crevasse au cœur des Rocheuses. Crédit Kyle Singbeil

Dans les glaciers, c’est là où se trouvent les plus grandes routes de canyoning, les plus longues et les plus complexes techniquement car les canyons ont été forgés par l’eau des glaciers produisant de gros débits d’eau.

Les techniques spécifiques sont différentes par rapport à l’ escalade. Il faut maîtriser la manipulation des cordes qui au contact de l’eau ajoutent un danger. Novice comme expert, l’activité reste accessible à tout le monde. Il faut être capable de marcher quatre ou cinq km, mais il y a des possibilités de quitter le canyon à tout moment si besoin.

Aujourd’hui, l’équipe se compose d’une dizaine d’explorateurs dans Les Rocheuses. «Si on atteint la centaine, ce serait bien», espère Guillaume qui souhaite créer une communauté de canyoning: «heureusement que des clients reviennent cette année pour prendre des cours. On a créé  une association canadienne du canyoning», se réjouit-il.

Saut dans l’inconnu, sensations assurées ! Crédit Kyle Singbeil

Il est directeur et seul propriétaire de l’ entreprise et les pionniers sont derrière lui, le soutiennent et l’aident énormément. Ils le guident pour l’entreprise. «John-Paul Kors, ancien secouriste de Parcs Canada, est un des guides. Son fils commence cette année à guider pour moi», déclare le jeune entrepreneur.

La saison s’annonce prometteuse. Elle va du 1er juin au 15 septembre. Guillaume espère la prolonger en achetant du matériel pour équiper ses clients de combinaisons sèches et les guider ainsi plus longtemps.

Les réservations affluent. Il travaille avec Rockies Héli Canada qui transporte les clients en haut des montagnes. «On est les premiers au Canada à faire de l’héli-canyoning», arbore-t-il fièrement. 

Liens utiles :

Rencontrer un artisan dans son propre atelier et l’observer travailler en utilisant les moyens technologiques actuels, c’est ce qu’on appelle un économusée. Originaire du Québec et déjà présent dans quelques pays d’Europe, ce concept s’est exporté en Alberta. Trois économusées ont été inaugurés par le CDÉA depuis septembre 2018 : The Old School Cheesery, Healing à la Source, et Paradis Valley Honey.

A tout seigneur tout honneur, Patrick Dupuis est le premier artisan à adhérer au concept de l’économusée. Avec sa fromagerie The Old School Cheesery à Vermilion, voilà près de trois ans qu’il partage son produit, sa passion et son histoire. 

Patrick Dupuis en démonstration de ses produits dans lun magasin de la ville de Calgary. Crédit: courtoisie.

Il y propose de nombreux produits. Sur sa liste gourmande, on peut trouver des cheddars fumés ou vieillis, du fromage en grains pour les fanatiques de poutines, et différents bries. Il espère prochainement offrir aussi une vodka au goût subtil, et au non rêveur, La Voie Lactée.  

Old School Cheesery : Taste of Quebec Crédit courtoisie

«Le tourisme alimentaire est très populaire. Les visiteurs veulent voir comment leurs produits sont faits», déclare-t-il au Conseil de Développement Économique de l’Alberta. Deux autres entreprises artisanales lui ont depuis emboîté le pas.

De l’art à la thérapie     

Noëlla Somerville, originaire de la ville de Québec, a déménagé au Lac-La-Biche en 2000 pour voir son neveu grandir. Néophyte en la matière, jamais un jour elle ne pensait devenir artiste. «Le seul art que je faisais c’était de gros livres à colorier que ma mère m’ achetait, gros car je passais trop vite à travers», se souvient Noëlla.

Noëlla en pleine œuvre. Après avoir essayé la culture de la pierre de savon, la peinture portrait, elle optera pour le vitrail, sa véritable passion. Crédit : courtoisie

Son père fabriquait le bois dont elle se rappelle encore les odeurs. Une fois en Alberta son beau-père lui propose des cours artistiques et sa première expérience est son bâton de marche. Elle travaille le cuir et le vitrail qui se révélera être sa passion.

Elle possède une multitude de couleurs de vitres et de textures et peut passer des heures à choisir une couleur, une éternité synonyme d’apaisement et de guérison. Elle croit en la guérison par la couleur et par la création, et quand on crée «tu oublies le temps, c’est une magie, tu vois le résultat et tu es fière», explique-t-elle.

Noëlla Somerville en compagnie de ses objets artisanaux. Crédit : courtoisie

Elle étudie le chamanisme depuis près de 20 ans. Elle est donc capable d’aller dans d’autres réalités pour aller chercher des informations et guérir les gens. C’est son côté holistique qui a inspiré le nom de son entreprise Healing à la Source.

«On va à l’intérieur de soi pour guérir, donc à la source, pas à l’extérieur; l’art, c’est aussi avec les maux, pas que des mots», développe-t-elle. Elle décide de vivre de sa passion et crée son entreprise Healing à la Source après le décès de son mari. «J’avais pris des cours pour l’aider à guérir. Je n’ai pas guéri son corps mais j’espère avoir guéri un peu son âme», confie-t-elle. 

Devanture de l’atelier de Noëlla Somerville Healing à la Source. Crédit : courtoisie

Il y a deux ans, elle concrétise son rêve en achetant une maison dont le rez-de-chaussée servira d’atelier. Le premier étage sera son nid douillet. Aujourd’hui, elle est fière de faire partie d’un groupe d’artisans pour une meilleure visibilité. Sans le concept d’économusée, il lui aurait été difficile de vivre de son art et de partager son histoire du vitrail avec les autres.

À lire aussi : L’artiste crie et francophone Honey Constant, passionnée pour sa culture

Un miel aux saveurs paradisiaques

C‘est à Watino dans le nord-ouest de la province que la famille Paradis élève des abeilles depuis sept générations. Pour Ginette, la propriétaire, «l’économusée permet de partager leur histoire généalogique et d’éduquer à travers l’aventure, le tout dans une atmosphère bilingue», explique-t-elle. 

Un apiculteur de Paradis Valley Honey en plein travail. Crédit : courtoisie

Son entreprise, elle l’a créée avec son conjoint Danny en 2003 dans la région de Rivière-la-Paix avec un désir profond de partager leur histoire en tant qu’artisans à l’œuvre avec le public. «Avoir l’équipe de l’économusée derrière nous était vraiment un trésor». 

Cette expérience positive leur a permis de travailler avec du beau monde, une belle équipe, dans un coin où la solitude pourrait peser, et de doubler d’espace la taille de l’exploitation. Avant l’approche du CDEA, cette famille d’apiculteurs avait un guide qui expliquait leur histoire, les bénéfices de la ruche et aujourd’hui, c’est un auto-guide qui s’en charge, permettant ainsi aux touristes de tous âges de venir visiter à leur rythme le sanctuaire des abeilles.

La famille Paradis, avec Ginette et Danny au milieu. Crédit : courtoisie

La plus grosse production de miel se trouve à Rivière-la-Paix. Malgré une concurrence existante, la famille Paradis est la seule à accueillir un public pour explorer le monde des abeilles. Ceci est en soi une véritable reconnaissance internationale sur le plan touristique.

Liens utiles :

https://www.facebook.com/healingalasource/

https://www.oldschoolcheesery.com/

https://bit.ly/3xwS8dv

Pour honorer la culture autochtone, le groupe scolaire FrancoSud a mis en place un concours de dessin organisé par quatre membres du personnel, une équipe composée de deux conseillers pédagogiques et de deux enseignants des écoles  du Nouveau-Monde et La Source. Un jury divulguera les résultats le 21 juin.

Lors d’une formation sur les conversations courageuses, un comité se crée et s’interroge sur la taille d’un espace suffisant pour permettre aux élèves autochtones de partager leur culture. Ces derniers avaient émis le souhait également  de créer un projet dans les écoles qui reviendrait d’une année sur l’autre. Toutes ces phases de réflexion et de discussions ont abouti à la semaine de la reconnaissance autochtone.

Statue représentant Sitting Eagle alias John Hunter, un des pionniers autochtones de la ville de Calgary et Chef du peuple Première Nation Stoney Nakoda. Crédit: Salima Bouyelli

C’est en discutant avec leurs élèves d’origine Métisse, Inuit et Premières Nations que les quatre organisateurs lancent ce projet de création d’un logo. Selon leurs élèves, tout comme il existe la journée du chandail orange ou la journée nationale du peuple autochtone le 21 juin, il était tout à fait logique que la semaine de la reconnaissance autochtone soit proclamée en la symbolisant par un logo.

«Ce sera la première année au mois de septembre prochain qu’aura lieu la cérémonie», annonce Fanie Boucher, conseillère pédagogique au sein du groupe scolaire et l’une des organisatrices du projet. Le concours est ouvert à tous les élèves, quel que soit le niveau de classe, pour permettre à tout le monde de participer et de s’impliquer dans cette reconnaissance.

Fanie Boucher: originaire du Québec, d’abord enseignante puis conseillère pédagogique pour FrancoSud depuis 20 ans dans l’inclusion, l’éducation de la réconciliation. Son mari et ses enfants sont issus du peuple Première Nation. Crédit: courtoisie

«Comme toutes nos écoles sont sur le Traité numéro 7, traité signé le 22 septembre 1877, on veut faire la Semaine de la Reconnaissance toujours le lundi le plus près du 22 septembre», explique Fanie.

Déroulement des festivités

Même si le projet n’est pas terminé, on peut d’ores et déjà  affirmer qu’il y aura une cérémonie d’ouverture, accompagnée d’activités de lancement, avec des plans de leçons préparés par les enseignants. Tout cela durera 3 semaines. Suite à cela, la cérémonie de clôture se fera virtuellement avec les 14 écoles.

Oeuvre collaborative avec un artiste autochtone à l’école La Vérendrye. Crédit: courtoisie

«On avait pensé faire la reconnaissance autochtone en juin et d’y inclure la journée du 21 juin mais le bassin d’invités autochtones à aller chercher en Alberta est limité», déclare Fanie Boucher. «De plus, il n’y a pas grand monde qui connaît la signature du traité et c’est là une opportunité de commencer par quelque chose de spécial d’où le choix du mois de septembre» ajoute-t-il.

Les familles ont été séduites par ce projet. C’est une fierté et un honneur à la fois que leurs enfants contribuent à leur façon à l’Histoire, comme un devoir de mémoire: «Les élèves vont animer virtuellement la cérémonie, le logo y sera présenté et des capsules vidéos diffusées», affiche fièrement la conseillère. 

Affiche du concours de dessin organisé par le groupe scolaire FrancoSud. Plus d’une cinquantaine de dessins ont été enregistrés. Crédit: courtoisie

Il est possible que plusieurs logos soient sélectionnés; la tâche incombera alors au graphiste d’en extraire les éléments majeurs pour constituer le logo final.

«Le gouvernement du Canada reconnaît les Premières Nations, la Nation Métisse et les Inuits en tant que peuples autochtones du Canada, qui sont constitués en collectivités distinctes ayant des droits et leur propre histoire, y compris avec la Couronne». 

Source : Ministère de la Justice – Gouvernement du Canada

Liens utiles : 

Ministère de la Justice

https://www.justice.gc.ca/fra/sjc-csj/principes-principles.html

Traité Numéro 7 :

https://bit.ly/3prK22Z

Le 5 mai dernier a eu lieu la première édition de la finale de l’Ouest du concours Ma thèse en 180 secondes (MT180). En collaboration avec trois universités de l’Ouest canadien dont l’Université de l’Alberta (U of A),  l’Association Francophone pour le Savoir (ACFAS) invitait les étudiants à participer à un concours consistant à présenter une thèse en 180 secondes. David Rosychuk, un jeune prodige de la linguistique, originaire d’ Edmonton a séduit le jury.

«Considérez un homme. Philip», c’est par ces quelques mots que David Rosychuk, vingt-trois ans, affronte le jury pour le convaincre de ses recherches.

David Rosychuk, étudiant du campus Saint-Jean vainqueur de la première édition de l’ouest MT180 secondes. Crédit : Courtoisie.

De la chimie à la linguistique

Il étudie la chimie lorsqu’un jour, lors de sa deuxième année de baccalauréat, il décide de suivre un simple cours d’introduction à la linguistique délivré par Anne-José Villeneuve, professeure à l’Université de l’Alberta. Il tombe sous le charme de la matière et comme une évidence, de la linguistique. Il choisit d’en faire son sujet de thèse. 

Il postule alors en tant qu’assistant de recherche de la professeure qui deviendra sa superviseure. «Les chimistes tendent parfois vers la sociolinguistique et le père de la sociolinguistique variationniste était chimiste d’abord», explique le jeune étudiant du Campus Saint-Jean

Anne-José Villeneuve : professeure agrégée de linguistique française au Campus Saint-Jean et professeure associée au Département de linguistique de l’Université de l’Alberta. Sa recherche porte sur la variation et le changement linguistiques, le bilinguisme, le contact linguistique et l’enseignement des langues. Crédit : Courtoisie

Intéressé par les langues en général et par le français en Alberta en particulier, ce sujet lui tient à cœur pour diverses raisons. Papa d’origine ukrainienne et maman d’origine irlandaise, cela n’a pas empêché David et sa grande sœur d’intégrer un système scolaire en langue française. 

Entre sa famille originaire de Falher, au nord de la province albertaine, et ses amis, il a grandi et étudié dans un environnement francophone à Edmonton. «Je voulais être comme ma sœur, dans une école d’immersion», avoue en souriant le vainqueur du concours. Il s’implique beaucoup dans la communauté et dans la recherche communautaire grâce à ses travaux.

Un public au rendez-vous, un jury charmé, une victoire remportée

Il s’est inscrit à la dernière minute, le 15 avril, dernier jour des inscriptions. Nombre fétiche, treize candidats au total venant de trois universités différentes vont se battre pour le titre : l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université Simon Fraser (SFU) et l’Université de l’Alberta (U of A). 

C’est chez lui qu’il enregistre son discours avant de l’envoyer à l’ACFAS. Le jour de la présentation, non moins d’une centaine de personnes sont connectées virtuellement pour écouter les performances des participants. 

Affiche du concours MT180 avec David Rosychuk. Crédit : Capture d’écran

Devant un jury concentré pour analyser un potentiel, un seul candidat se distingue dans la catégorie Maîtrise. David Rosychuk remporte la somme de 750 $ qu’il investira dans ses études de recherches. 

Actuellement, il existe très peu d’études sur le français en Alberta dans les cours de linguistique d’où ce désir de poursuivre une maîtrise. «J’étudie le français parlé en Alberta, le spontané, mais surtout la grammaire et la morphosyntaxe et les changements dans la langue.» 

Le concours MT180 a représenté un véritable entraînement pour la soutenance de sa «vraie» thèse prévue en septembre prochain. «Ça me met sur la bonne piste mais j’ai beaucoup de travail à faire» déclare David avec beaucoup d’humilité. 

William Labov, né en 1927, est un enseignant américain en linguistique et un des fondateurs de la sociolinguistique moderne. Crédit : Courtoisie

«Une centaine de pages, avec tellement de détails est différent de MT180 avec un public plus général où il faut donner un résumé de tout. C’est un grand document qu’il faut résumer tout en inspirant la passion du public», compare-t-il.

Hormis sa thèse intitulée Nul de plus fin que le temps : étude sociolinguistique de l’Alberta qu’il compte soutenir en septembre prochain, il travaille aussi sur un autre projet, le français québécois avec la même professeure Anne-José Villeneuve.  

«Maintenant considérez une femme. Huguette».

Des fleurs, des chocolats, un cadre photo, un objet fabriqué avec grand soin par un écolier ou juste un poème, qu’importe! La fête des mamans, d’origine grecque, restera toujours un souvenir inoubliable dans la mémoire des enfants. Ces derniers ne lésinent pas sur les moyens pour exprimer leur amour envers leur maman.  Pas seulement. Les grands aussi célèbrent ce moment précieux avec celle qui leur a donné la vie.

Françoise Sigur-Cloutier,  a travaillé pendant 18 ans pour Radio Canada, elle est au courant de tout, écoute la radio sur son Ipad et sur son cellulaire en même temps; elle regarde la télé qui est «kaput maintenant», révèle cette ancienne présidente de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF). Elle regarde tout en même temps, «je suis multimédia», se qualifie-t-elle en éclatant de rire. Mais qui est-elle ?

Françoise, jeune maman immigrante au Canada, à 24 ans avec ses 3 enfants :
Claire 3 ½ ans, Isabelle 2 ½, et Laurent 1 an. Crédit: Courtoisie

«Je rends folles mes filles», reconnait Françoise d’un air guilleret . Elle a beaucoup contribué au développement de la francophonie dans l’ouest canadien et continue toujours son engagement. Cette francophonie qui a été son outil d’intégration en Alberta. Elle a été la première employée francophone de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA) régionale de Calgary en 1973, jadis la Société franco-canadienne. 

Native de Toulouse, dans le sud de la France, Françoise est maman de deux filles et enceinte du troisième lorsqu’elle pose le pied au Canada en 1967. Deux ans plus tard, elle choisit la ville de Calgary en Alberta pour s’y installer avec sa petite tribu. Jusqu’à aujourd’hui elle se considère toujours immigrante.

Elle parraine ses parents. Marguerite, sa mère de quatre-vingt-dix-huit ans aujourd’hui, les a rejoints en 1989 et restera, elle, au Canada. Pas son père. «Ma mère ne s’est jamais épanouie comme ça à Calgary», constate positivement Françoise. 

Les 3 générations avant Covid-19 : Marguerite Sigur, Françoise Sigur-Cloutier et ses 2 filles : Claire Brigliadori, 55 ans, au milieu, et Isabelle Brigliadori, 54 ans, à droite. Crédit : Courtoisie

D’une province à l’autre

Elle habite à Calgary de 1969 à 1990 où elle se remarie avec Michel qu’elle appelle son coco depuis 37 ans. La famille représente énormément pour Françoise Sigur-Cloutier. C’est sacré. Elle quittera la ville albertaine de la rose sauvage pour la Saskatchewan. 

Elle y restera jusqu’en 2019 où elle reviendra à Calgary. «C’est parce que ma mère commençait à vieillir que j’ai décidé de revenir à Calgary», confie l’ancienne toulousaine. La famille habite dans une maison bigénérationnelle car une de ses filles partage la maison avec elle.

Cinq générations réunies autour de Marguerite Sigur en septembre 2020. Crédit: Courtoisie

Marguerite Sigur s’est beaucoup impliquée dans la communauté et aujourd’hui Françoise pense avec beaucoup d’amour que sa mère, à 98 ans, «peut les quitter n’importe quand», dit-elle, en passant à travers toutes les récompenses et les prix que celle-ci a reçus. 

Une relation fusionnelle

Très proche de sa mère, la relation de Françoise avec ses deux filles est aussi fusionnelle. Lorsqu’elle décrit la fête des mères, c’est de façon luxueuse et raffinée qu’elle la célèbre : «homard et champagne même pour la fête des Mères car c’est une célébration importante». 

Après ce repas royal, elles se rendent dans une pâtisserie française de Calgary. Cette année, «on ne sait pas comment on va faire car on vient de recevoir une alerte Covid, ça veut dire qu’on ne va pas faire la fête des mères ?», s’interroge-t-elle. «De toute façon, on a fêté Noël par zoom, on fêtera la fête des Mères par zoom», se résigne-t-elle.

Françoise avec sa fille et ses 2 petits fils Alexandre et Nicolas. Crédit: Courtoisie

La fête des Mères  est un événement important pour Françoise Sigur-Cloutier qui a beaucoup œuvré dans des groupes féministes. La maternité est quelque chose d’extrêmement cher à ses yeux. Chaque fois qu’elle donne son CV, elle ajoute que son plus beau rôle est celui de maman. 

Elle ne dit pas que toutes les femmes doivent se définir par le rôle de mère, mais elle définit sa propre personne aussi par son rôle de mère; ce rôle l’a définit autant que tout le reste de sa carrière, tout le reste de ses études ou plus encore, que tout le reste de sa contribution à la communauté francophone ou à la communauté en général. 

«Tout le temps je me définis comme mère de trois enfants, grand-mère de quatre petits-fils et arrière grand-mère d’un petit-fils que je n’échangerai pour rien au monde même si j’avais souhaité une petite-fille», résume-t-elle.

Le 7 novembre 2020, la Fondation franco-albertaine en partenariat avec l’ACFA a invité des participants à des discussions vitales sur le leadership de la francophonie albertaine. Aujourd’hui, elle souhaite diffuser ses résultats. Ainsi,  le 20 avril dernier, elle a convié ces mêmes participants ainsi que tout organisme ou individu susceptible d’être intéressé à une rencontre virtuelle pour  débattre de ses  conclusions.

IJL-RÉSEAU.PRESSE-LEFRANCO

L’institution de bienfaisance au service de la francophonie albertaine a été créée en 1995 par la communauté francophone de l’Alberta, avec l’aide de l’Association canadienne-française de l’Alberta (ACFA), partenaire philanthropique et du soutien financier de Patrimoine canadien. 

Il existe 191 fondations communautaires à travers le Canada avec deux principaux volets et «112 différents fonds de dotation qui couvrent différentes causes pour différentes choses», affirme M. Lavoie, le directeur général de la Fondation franco-albertaine à Edmonton. Le premier volet est la mise en place de fonds de bienfaisance où les personnes soutiennent un projet de façon permanente. 

Joël F. Lavoie, directeur de la Fondation franco-albertaine. Crédit : Courtoisie.

Le second volet des fondations communautaires au Canada est d’avoir des fonds qui ne sont pas spécifiques, «les gens donnent à la fondation en lui laissant la liberté d’utiliser ces fonds comme elle le souhaite», précise-t-il. 

En s’interrogeant sur le meilleur investissement de ces donations pour la francophonie, la Fondation opte pour le leadership citoyen. Pour Marcel Préville, un des membres du groupe de travail sur le leadership, «un leader citoyen, de par son engagement civique, est conscient de l’influence de ses choix et de ses actions sur la francophonie».

Marcel Préville lors de la conférence de presse de présentation des Signes vitaux et de lancement des Conversations vitales le 7 novembre dernier. Crédit : Courtoisie.

Des outils pour les organismes et les participants

Au mois de novembre dernier, plusieurs outils ont été mis en place pour animer ces conversations vitales. De celles-ci, il en ressort que le concept de leadership citoyen est accessible à tout le monde dans un contexte minoritaire. «C’est souvent juste de choisir de parler en français avec ses enfants, d’aller chercher les services en français ou de consommer des médias francophones», explique M. Lavoie.

Thomas Pomerleau, lors du lancement du Fonds Henri-Lusson. Crédit : Courtoisie.

Une autre option consiste à rassembler des personnes de son entourage en visioconférence pour discuter du sujet sous forme de questions ou de jeux. Les travaux obtenus à la fin de ces groupes de discussions permettent de faire grandir l’espace francophone.

Un tour de table a été effectué auprès de 290 participants afin qu’ils donnent leur propre définition du leadership. Une vingtaine de mots en sont ressortis comme respectueux, capable,  rassembleur, communauté, altruiste, positif ou encore réaliste

Les résultats de la Fondation franco-albertaine confirment l’importance du leader citoyen car son influence peut impacter la communauté francophone et l’objectif est d’accroître la visibilité et la force de la francophonie.

Connaissance, appartenance, implication et leadership 

Le leadership citoyen aux objectifs multiples se traduit de façon multiple. Non seulement il met en avant la francophonie en la valorisant et en la promouvant, mais il veille aussi à sa pérennité tout en respectant des valeurs comme l’inclusion ou la diversité. 

Dany Bazira à la conférence de presse de présentation des Signes vitaux et de lancement des Conversations vitales, le 7 novembre dernier. Crédit : Courtoisie.

Le leader doit aussi s’impliquer au sein de l’organisation par le biais du bénévolat en participant aux activités, en siégeant au conseil d’administration ou en encadrant des jeunes.

La Francophonie Jeunesse Alberta (FJA), présente à cette conférence, donne des stages et des animations sur le leadership. Créée en 1972 et se composant de jeunes entre 14 et 25 ans, cette association a formé des jeunes responsables qui ont fait preuve d’un leadership remarquable. 

Logo de La Fondation franco-albertaine: Assurer l’épanouissement de la francophonie albertaine par le biais de la promotion, du développement et de l’établissement de la philanthropie. Crédit : Courtoisie.

C’est une association très dynamique «qui n’a jamais eu de souci pour renouveler ses membres du conseil d’administration, et avec une grande expertise dans le leadership», souligne monsieur Lavoie.

La fondation franco-albertaine donne jusqu’au 17 septembre prochain aux participants pour ouvrir et animer des discussions, partager leur réflexion, et en divulguer les résultats dans un rapport final.

Pour informations :

Définition du leadership citoyen :  https://www.youtube.com/watch?v=7ie4C-cKQP8

En savoir plus sur la Fondation Franco-Albertaine : https://fondationfa.ca

Voilà plus d’une année que le Coronavirus sévit aux quatre coins du monde. Aujourd’hui les chiffres ne sont malheureusement pas très rassurants. La courbe est à la hausse en Alberta et les mesures sanitaires sont de plus en plus strictes. Aucun secteur n’a été épargné. Les groupes scolaires sont de plus en plus pointés du doigt quant aux vrais chiffres du nombre de cas de COVID-19 dans leurs établissements. 

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Via la messagerie de notre site web, un parent affirme que le site Sos-Covid partage sur la toile les chiffres de plusieurs cas de Covid-19 dans les écoles publiques d’Edmonton. « 16 personnes en 6e année », annonce-t-il. Ce parent aurait contacté le Conseil Scolaire FrancoSud à ce propos.

Sans préjuger toutefois de la formulation utilisée, l’organisme n’aurait pas souhaité répondre à sa demande pour des raisons de protection de la vie privée. Certes, les avis divergent car, bien que le conseil scolaire n’ait pas trace de cette demande, FrancoSud a volontiers fourni ses chiffres dans le cadre de notre article.

FrancoSud rassure son public

«Soyez assurés que le bien-être et la sécurité de nos élèves, de leurs familles et de notre personnel sont nos priorités absolues et qu’aucun effort n’a été mené pour minimiser les risques et protéger notre communauté scolaire». Voilà ce qu’on peut lire sur le site web du groupe scolaire Francosud.

«On a eu plusieurs cas de Covid depuis l’année dernière», affirme Antoine Bégin, le directeur de communication de FrancoSud. Plusieurs mesures ont été mises en place et sont disponibles sur le site web du groupe scolaire. Ce dernier communique de manière presque quotidienne avec le Service de Santé de l’Alberta (AHS).

Ajustement COVID-19 avec le respect des mesures sanitaires à Notre-Dame-de-la-Paix de Calgary. Crédit: courtoisie

Lorsque un cas se présente, «les personnes sont avisées», rassure Antoine Bégin. Les personnes en contact sont mises en isolement et «on suit les mesures d’AHS et d’Alberta Education», poursuit-il.

FrancoSud adopte les mêmes consignes que les trois autres conseils de la Province. AHS et Education Alberta leur dictent une ligne de conduite à respecter en matière de code COVID-19 grâce à un guide mis à jour le 22 avril : «C’est la bible suivie par toutes les écoles», explique le responsable communication.

«Malgré toutes les mesures en place, nous pouvons confirmer qu’à ce jour, il y a eu 69 cas de COVID-19 à travers nos 14 écoles», affirme Antoine Bégin, «ce qui est faible compte tenu des 3560 élèves et plus, et des 325 membres du personnel  que comptabilise FrancoSud».

Un élève du groupe scolaire FrancoSud travaillant sur un projet de science à l’école Notre-Dame-de-la-Paix de Calgary, année scolaire 2020-2021. Crédit: courtoisie

La sécurité et la santé des élèves d’abord

Pour Monsieur Lessard, directeur du Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) «le nombre de cas dans les écoles augmente au fur et à mesure que le nombre de cas augmente en général». Dans ce cas, l’ isolement préventif est préconisé.

Portrait Robert Lessard, directeur du Conseil scolaire Centre-Nord. Crédit: courtoisie.

En termes de chiffres avec près de 3700 élèves sur 19 écoles, il y a eu, fin mars, moins de 1% de personnes testées positif à l’école tous publics confondus, ce qui «est assez bien dans le contexte», se réjouit le directeur.

Les plans de relance sont assez robustes et chacune des écoles a été appelée à développer des particularités de leur plan. «La Covid nous a appris quelque chose, c’est que ça change continuellement et il faut être prêt à s’ adapter sur une base régulière», rappelle-t-il.

École Michaëlle-Jean à Edmonton. Crédit: courtoisie

Le CSCN ne publie pas ses chiffres tels quels car on peut les visualiser sur une carte interactive du ministère de l’Éducation mentionnant le nom des écoles dont le nombre de cas est supérieur à cinq.

Parents et écoles, une collaboration réussie

En cas de symptômes les parents communiquent aussitôt avec l’école car c’est le point départ pour continuer à assurer le fonctionnement des établissements. 

Après plus d’une année d’expérience, les transitions de l’enseignement présentiel vers le virtuel se font de façon moins inquiétante lorsque la situation se présente. Les parents ont admis que la pandémie est dans notre société, il faut vivre et composer avec.

École Alexandre-Taché de Saint-Albert. Crédit: courtoisie

Monsieur Lessard échange régulièrement avec ses homologues des trois autres conseils sur les stratégies et les solutions. «Lorsque la province ou le ministère de l’Éducation nous dit qu’il est temps de pivoter à cause de la situation de la région, on pense à se mettre en mode solution, on active nos protocoles plutôt que de comparer nos statistiques».

Liens utiles :

Directives établies par AHS

Carte scolaire du Covid-19

Nouvelles mesures du gouvernement

 

 

La communauté musulmane vient de fêter la fin du Ramadan qui a débuté le 13 avril dernier. La petite fête de l’Aïd El-Fitr a été, cette année encore, perturbée par le contexte sanitaire. Malgré tout, cette célébration religieuse, familiale et culinaire est toujours attendue avec impatience et délectation au sein des pratiquants.

Petits fours salés à déguster en famille ou entre amis. Crédit : Courtoisie

Les gâteaux traditionnels sucrés de l’Aïd El-Fitr ont comme un goût salé à cause de la Covid-19. Qu’à cela ne tienne, les familles ne se laissent pas démoraliser pour autant et se retroussent les manches avant de se mettre aux fourneaux. Ils y confectionnent des baklawas, des makrouds, des cornes de gazelle et autres feuilletés. Fourrés d’amandes à la saveur d’eau de fleur d’oranger ou à la saveur miel et eau de rose, ces pâtisseries ravissent les papilles.

La fête est virtuelle

Pour Fatima Legrou, de Fort McMurray, «cette année, la fête est virtuelle. On se connecte avec nos amis et ma sœur qui est à Montréal. On décore la maison pour faire quelque chose entre nous», explique-t-elle.

Fatima Legrou, infirmière de 36 ans, accompagnée de ses 2 enfants de 5 et 2 ans et de son époux Adham. Crédit : Courtoisie

Naturellement, elle a fait des gâteaux les derniers jours du Ramadan avec sa maman qui lui a rendu visite, pour que tout soit prêt le jour J. Elle n’a pas pu se rendre dans une mosquée à cause du nombre de personnes limité à dix dans les lieux de culte.

L’Aïd El-Fitr, c’est aussi une fête pour les enfants. Ils reçoivent des cadeaux et, comme le veut la tradition, de l’argent aussi de la part des parents et des proches. Mariam la petite fille de Fatima âgée de cinq s’initie déjà aux traditions en rappelant à sa maman «qu’après le jeûne, il y a le cadeau». 

Fatima Legrou et sa fille de 5 ans en tenues traditionnelles marocaines et les ballons de Aïd El-Fitr de 2020. Crédit : Courtoisie

Baklawas, makrouds et sablés à la confiture se bousculent devant votre porte

Chez la famille El Mejdani, «l’Aïd se fête comme un anniversaire», explique Saïd, le chef de famille, enseignant en informatique à Fort McMurray. Son épouse Hafida a commencé à préparer des gâteaux comme les boules de neige à base de noix de coco et de miel.

Gâteaux confectionnés par Hafida, épouse de Mr. Said El Mjedani pour célébrer la fin du Ramadan. Crédit : Courtoisie

Comme les restrictions se sont durcies depuis quelques jours, la célébration se fait à la maison comme tous les anniversaires ou fêtes de cette année, avec des jeux, des cadeaux et les appels en visio avec les proches «pour rendre le moment un peu spécial», confie monsieur El Mejdani. 

La famille El Mejdani s’est levée tôt ce matin comme en témoigne l’horloge derrière elle pour effectuer les prières de l’Aid el fitr.
Mr. Said El Mejdani, le chef de famille est récipiendaire du Prix de l’Excellence Nationale pour ses travaux en informatique, remis en personne par le Premier Ministre Justin Trudeau en 2019. Crédit: Courtoisie

La fête est aussi et surtout un moment de partage et d’échange d’assiettes de gâteaux et, pour ne pas faire d’entorse à la tradition, la famille a trouvé une solution en déposant une assiette de ces douceurs mielleuses aux amandes devant chaque porte de leurs proches.

Ainsi, les règles de distanciation et autres mesures sanitaires sont respectées et la surprise de trouver des baklawas, samsas, cornes de gazelle ou makrouds n’en sera que grandement appréciée.

Gâteaux de l’Aïd El-Fitr : sablés à la confiture, baklawa, griwech avant et après la cuisson. Crédit : Salima Bouyelli.

Les gâteaux traditionnels orientaux ne diffèrent pas énormément d’un pays à l’autre. Ni dans l’appellation, ni dans la composition.Traditionnellement, les ingrédients de base sont les amandes ou les pistaches, le miel, la farine et les arômes.

Si quelques récalcitrants cherchent à les diviser, il suffit juste de les réunir autour d’un thé à la menthe bien parfumé, accompagné de quelques feuilletés aux amandes pour les réconcilier.                                                                                                                                                                                                                                                                             

 

Le 1er mars 2018, le gouvernement de Rachel Notley déclare le mois de mars comme mois de la francophonie albertaine. En effet de plus en plus d’ albertains s’intéressent à la langue française et ont le français comme deuxième langue. En dix ans, la population albertaine qui s’exprime dans la langue de Molière a augmenté de près de 20% et cette augmentation constante a suscité l’intérêt de l’association Africa Centre pour le public francophone.

IJL Réseau.Presse Le Franco

Une fois en Alberta, l’une des priorités pour les nouveaux arrivants francophones est de trouver un logement, un travail, ou une école pour leurs enfants. Pour cela, le sol canadien foulé, ils sont orientés vers des structures qui les aident à s’installer. Africa Centre est l’une d’elles. Elle est anglophone.

«Il y a une grosse proportion de francophones qui viennent chez Africa Centre car c’est une grosse structure et nos programmes sont nombreux», explique Sharif Haji, le directeur exécutif de Africa Centre.

Sharif Haji : directeur exécutif de l’association Africa Centre depuis septembre 2019 (17 mois). D’origine somalienne, il est en AB depuis onze ans. Crédit: courtoise

L’objectif de l’organisme est de réunir les immigrants de tout bord venant d’Afrique en leur offrant tous les services possibles. Il a commencé par une clientèle anglophone puis a réalisé que la communauté francophone en Alberta n’était pas négligeable et serait potentiellement intéressée par ses services.

«Il y a un désir réel de s’adjoindre de l’expérience et de l’expertise d’un francophone comme moi pour pouvoir s’ouvrir à cette communauté qui grossit de plus en plus», affirme Firmin Guédalé, le secrétaire du conseil d’administration de l’association. 

«La communauté anglophone peut ainsi tirer profit de cette communauté francophone». Au Canada depuis une trentaine d’années, une dizaine en Alberta, Firmin, d’origine ivoirienne, entend parler des difficultés au niveau des avancements et des financements de cette association et décide de s’impliquer.

Firmin Guédalé : enseignant de technologie dans le secondaire à Edmonton. Crédit: courtoise

«C’est pour développer ce sentiment d’ appartenance à l’Afrique, anglophone ou pas, que l’organisme existe», poursuit-il. C’est un organisme qui se veut rassembleur car cette dimension africaine se trouve en Afrique certes mais aussi en Europe, en Amérique ou aux Antilles. 

Quoi qu’on en dise, «l’avenir de la langue française se joue vraiment en Afrique, dans cette diaspora africaine. Il existe près de trois cent millions de francophones dont la majorité se trouve en Afrique», précise le secrétaire de Africa Centre.

Un membre du programme pour jeunes YEGTheComeUp, lors du gala de la journée de l’Afrique. Crédit: courtoise.

Les anglophones s’intéressent de plus en plus à la langue française et à sa culture, l’association leur donne cette opportunité de découvrir la francophonie grâce à des cours de langue française.

Le «parasol» de l’afrique 

La stratégie adoptée chez Africa Centre se veut rassembleuse, fédératrice aussi. Pour cela, elle propose aux organisations francophones un membership. «On veut être une sorte de parasol de toutes ces organisations francophones d’origine africaine», souligne Firmin. 

Tous les pays sont quasiment représentés et de nombreuses organisations des pays africains sont membres de Africa Centre. D’ailleurs, des partenariats sont en négociation avec des structures francophones comme la FRancophonie Albertaine Plurielle (FRAP) pour monter des projets communs et chercher des financements de façon conjointe.

Hiba Mohammed, recipiendaire d’un certificat d’accomplissement. Crédit: courtoise

Le défi à relever aujourd’hui est celui du Covid-19 qui freine certains services comme l’aide alimentaire ou matérielle aux nouveaux arrivants. Depuis près de quatre ans que les francophones fréquentent Africa Centre, l’association doit faire comprendre aux bailleurs de fonds que la francophonie est une réalité.

FRAP et Africa Centre, une équipe complémentaire

«Nous sommes en train de formaliser nos relations avec Africa Centre en tant que partenaire», révèle Alphonse Ahola, directeur général de la FRAP à Edmonton. En effet, les deux associations se sont déjà rencontrées et ont travaillé sur des dossiers communs depuis l’arrivée de la nouvelle direction générale de l’association Africa Centre. Il faut dire qu’avant les élections du nouveau directeur, aucune coopération n’existait.

Alphonse Ahola, directeur général de la Frap, a le mandat de coordonner les services d’établissement dans les écoles en Sakatchewan, en Alberta, au Manitoba et dans les Territoires du Nord-Ouest. Crédit: courtoise

Alors les membres de l’association Africa Centre contactent ceux de  la FRAP courant mars et leurs proposent de travailler main dans la main. Aux prémices de cette coopération, plusieurs projets sont déjà en gestation. La FRAP, en tant qu’association francophone bien implantée dans la province, a profité de cette opportunité pour être le partenaire principal de Africa Centre en matière de relation avec la partie francophone de l’Afrique au Canada.

«Africa Centre ne fait pas de l’établissement en tant que tel mais peut nous référer des personnes qui ont besoin de nos services et vice versa. Des programmes comme Edmonton Covid-19 Rapid Responsive Collaborative (ECRRC) comporte 13 organisations d’établissement à Edmonton dont la Frap et Africa centre», détaille le directeur de la Frap. Alphonse rencontre Sharif chaque mois, ce qu’il ne fait pas avec les autres organismes, «Nous avons  l’intention de donner une importance particulière à cette collaboration, Sharif a beaucoup de bonnes idées et semble apprécier le concours que je peux apporter à cela», affiche Mr. Ahola avant de conclure : «c’est prometteur et c’est notre rôle en tant qu’africain de mettre nos efforts  en commun, cela ne sert à rien de travailler dans son coin».