Raconter l’histoire, une histoire à la fois

Écrit par : Mélodie Charest

11 septembre 2021

«Comment [la langue] fait-elle pour vivre? Comment fait-elle pour s’intégrer à la culture? ». Ce sont des questions qui ont hanté Richard Migneault et Émilie Guilbeault-Cayer. Avec la collaboration d’une dizaine d’auteurs et de scientifiques, de partout en Amériques du Nord, ils ont publié un recueil de nouvelles De racines et de mots : Persistance des langues en Amérique du Nord. 

Richard a fait la rencontre d’une jeune historienne et éditrice, Émilie Guilbeault-Cayer, lors de ses conférences à l’Université de Sherbrooke, au Québec. Bien qu’une différence d’âge les sépare, leurs passions en littérature et en histoire les poussent à additionner «toutes [leurs] folies», comme le dit l’homme de lettres qui a fait ses preuves depuis bien des années. C’est donc d’un hasard que la nouvelle historique a fait son apparition dans le monde des Lettres. 

Que ce soit concernant le contenu ou le contenant du recueil, Richard Migneault promet des surprises aux lecteurs : «Les personnages qui sont dessinés sur la couverture et sur la quatrième de couverture sont tous des personnages qui sont dans le livre». Crédit : Mélodie Charest.

Cet ovni littéraire est une manière de raconter aux lecteurs «une histoire, mais aussi l’histoire». Dans le recueil publié aux éditions Septentrion, ce sont treize plumes, tenues autant par des doigts de romanciers que d’historiens et d’ethnographes, qui ont créé des histoires sur des bases historiques solides.

Bien que la création d’un nouveau genre littéraire soit un exploit en soi, il fallait également trouver une thématique pour lui donner une autre dimension. Contemporaine et historique à la fois, la persistance des langues en Amérique du Nord s’est imposée aux deux universitaires québécois. Pour Richard, c’était «une thématique ouverte» qui a motivé les auteurs et titillé la curiosité des lecteurs. Tandis que les créateurs ont apporté leur touche ou réflexion personnelle à l’histoire, les lecteurs ont «[pris] conscience que dans notre Amérique, il y a un paquet de langues qui peinent à survivre!».

Richard Migneault, homme de lettres et co-directeur du recueil De racines et de mots : Persistance des langues en Amériques du Nord. Crédit : Maxyme G. Delisle.

Parmi ces parlers résilients, le co-directeur cite plusieurs langues autochtones, mais également le fait français en Alberta. L’historienne et professeure au Campus Saint-Jean, Valérie Lapointe-Gagnon, a d’ailleurs utilisé la généalogie pour écrire sa nouvelle historique. Plamondville relate «l’histoire d’une dame qui a participé à l’invention d’une ville, mais qui est racontée par quelqu’un dont elle est descendante». 

Un livre à saveur politique?

Du Yukon, au Québec, en n’oubliant pas l’Acadie et l’Alberta, De racines et de mots : Persistance des langues en Amérique apparaît comme une cartographie linguistique. Publiée quelques mois avant le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes de 2021, la collaboration s’enracine-t-elle dans ce même désir du gouvernement de Belle province de se rapprocher de la francophonie hors Québec?

Émilie Guilbeault-Cayer, historienne et co-directrice du recueil De racines et de mots : Persistance des langues en Amériques du Nord. Crédit : Nordik Photographies.

Questionné sur les intentions de l’œuvre, monsieur Migneault affirme qu’il n’a pas été conçu dans une quelconque intention : «On n’avait pas d’intention politique; on n’avait même pas d’intention pédagogique! Mais c’est sûr que le recueil peut servir à autre chose qu’à être un élément littéraire. On se rend compte qu’il peut servir comme de déclencheur à une leçon historique en classe ou comme analyse sociologique. On peut s’en servir comme une analyse politique».

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